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49èmes Journées de Soleure: le programme est connu

49èmes Journées de Soleure: le cinéma suisse emporté par la foule

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Qui a dit que le cinéma suisse, loin d'être « sexy », n'attirait pas les foules? La semaine du cinéma suisse célébrée chaque année à Soleure dément tout à fait cette idée. Certes, on peut dénombrer plus de cheveux gris que de jeunes frimousses parmi les spectateurs et les suisses alémaniques sont en plus nombreux que les « welschs », ces derniers ayant de la peine à franchir la barrière de rösti. Quoiqu'il en soit, les salles, qu'elles projètent un film en compétition ou une première mondiale programmé un jour de week end ou en semaine, ne désemplissent pas et ce dès la première séance du matin.

Dimanche, journée dédiée à l'Histoire et aux histoires, le public a pu voir sur les écrans soleurois un documentaire sur les Hells Angels helvétiques (Tino – Frozen Angel), le destin de Paul Grüninger (Grüningers Fall) ou encore les réfugiés chiliens des années 1970 (La barque n'est pas pleine), qui reconstitue comment, après la prise du pouvoir par Pinochet au Chili, un mouvement issu de la société civile s'est battu pour faire admettre des réfugiés dans notre pays. De plus, « Histoires du cinéma suisse » a ramené des classiques restaurés dans les salles obscures et présente les personnes qui font le cinéma suisse. La question de la migration, fil rouge dans l'ensemble du programme de cette édition, fut abordée par le journaliste Eric Facon avec ses invités, Anna Thommen (Neuland), Roman Vital (Life in Paradise – Illegale in der Nachbarschaft) et Daniel Wyss (La barque n'est pas pleine). Quant au mardi, cette journée fut consacrée aux films de « prise de position » (section Focus). Tables rondes et rencontres personnelles furent organisée autour de réalisateurs suisses et étrangers. Depuis lundi, le jury du prix de Soleure est arrivé dans la ville du bord de l'Aar. Six productions sont en lice pour le Prix de Soleure. Quel film le jury compte-t-il honorer?

Pour ma part, ce fut le film de la jeune Anna Thommen, Neuland (en lice pour le Prix du Public et déjà primé au Zurich Film Festival) qui emporta mon enthousiasme par la pudeur avec laquelle sa caméra a su accompagner un groupe de jeunes immigrés fraîchement arrivés en Suisse. Devenus les élèves de M. Zingg dans une école d'intégration bâloise, ils vont devoir apprendre la langue mais aussi la culture suisse en un temps record. Dans deux ans, ils seront pour ainsi dire livrés à eux-mêmes et le monde du travail ne leur ouvre pas si facilement ses portes. Une oeuvre teintée d'espoir qui sensibilise aux parcours douloureux de ces exilés en quête d'un avenir meilleur.

On sait les cinéastes suisses doués dans le genre du documentaire. En ce qui concerne la fiction, ils ne sont pas en reste. La projection de Am Hang de Markus Imboden (sur les écrans suisses alémaniques depuis octobre) est une bonne surprise, à peine voilée par un final qui tire légèrement en longueur. Cette adaptation d'un roman de Markus Werner sur la rencontre de deux hommes d'âges différents se découvrant une femme en commun est une jolie réussite. Le réalisateur nous fait brillamment ressentir la tension entre les protagonistes à travers scènes dialoguées où débats sur le sentiment amoureux et les mystères du couple font rage et flash backs qui laissent entrevoir petit à petit le fil rouge de l'intrigue.

Autre fiction, autre belle découverte d'un tout autre genre: il s'agit de Dawn du réalisateur valaisan Romed Wyder qui plonge dans la Palestine de 1947 qui se trouve à cette période sous mandat britannique. Dans ce huis clos politique, un jeune sioniste interprété par Joel Basman doit choisir à l'aube entre la vie et la mort. Une thématique originale sur la difficulté de prendre une décision ; l'idéal à servir risque à tout moment de prendre le pas sur des valeurs ancrées au plus profond de soi.

Jusqu'à jeudi, le cinéma suisse reste à l'honneur dans la Ville des Ambassadeurs. À ce rythme-là, la barre des 60'000 spectateurs espérés sera largement dépassée.

Le programme des Journées de Soleure 

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