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Berlinale 2015: "Queen of the Desert" de Werner Herzog

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4,5 Claps

Voici le genre de film très attendu: Queen of the desert, de Werner Herzog qui a écrit et réalisé ce biopic dote d’un casting très bankable. il. Respectable et historique, parfaitement mis en scène et haut en costumes d’époque, Queen of the desert rappelle Le Patient anglais  (Anthony Minghella, 1996)  et fait songer à la vie trépidante d’Agatha Christie qui, à l’instar de Gertrude Belle, parcourut le Proche-Orient et la Péninsule arabique à l’époque du protectorat turc..

Queen of the Desert est un biopic vaste et solennelle de Gertrude Bell, joué par Nicole Kidman. Le dossier de presse nous apprend que Gertrude Margaret Lowthian Bell, née le 14 juillet 1868 à Washington Hall dans le comté de Durham en Angleterre et décédée le 12 juillet 1926 à Bagdad, était une femme de lettres, analyste politique, archéologue, alpiniste, espionne et fonctionnaire britannique. Elle est décorée de l’ordre de l’Empire britannique. Il est établi que Gertrude Bell et Lawrence d'Arabie sont les principaux responsables de la création de la dynastie des Hachémites et de l’Irak moderne vu leur excellente connaissance des peuples arabes qui aspirent à secouer le joug de l'Empire ottoman. Gertrude Bell soutient la révolte arabe durant la Première Guerre mondiale. À la fin de la guerre, elle dessine les frontières de la Mésopotamie et y inclut les trois wilayets qui sont devenues l'Irak moderne.

Le film s’ouvre sur l’immensité des dunes qui s’étalent à l’ infini: soudain surgit une caravane au loin sur une bande-son orientalisante. La séquence suivante entraine les spectateurs douze ans plus tôt, en Angleterre, en 1902: Gertrude Bell, diplômée d’Oxford, est une femme brillante, à l’intelligence redoutable, trop ennuyée par les partis ternes et obséquieux qu’on lui propose. La jeune femme parvient à convaincre son père de l’envoyer vivre auprès de son oncle, ambassadeur de la couronne à Téhéran.

A peine débarquée, Gertrude Bell, chaperonnée par le troisième secrétaire d’ambassade, Henry Cadogan (James Franco), se pique d’intérêt pour la culture perse et la langue farsi qu’elle se met à apprendre. Quand elle sollicite l’autorisation de partir explorer le désert, elle s’oppose à un veto catégorique. La caméra de Werner Herzog dévoile  les rapports très violents qui opposent la jeune femme aux officiers de l'armée britannique qui ressentent son ingérence dans les affaires diplomatiques. Mais Herzog nous montre rapidement que sa beauté n’est pas conventionnelle (Nicole Kidman semble si grande face aux autres personnages, en particulier sa cousine, que ceux-ci s’apparentent aux Hobbits). 

Werner Herzog a réuni tous les ingrédients pour faire un film riche, dense, très documenté et doté d’une distribution détonante. Si la musique colle aux paysages en parfaite adéquation, si la photographie est lumineuse et chatoyante, si l’interprétation des acteurs est irréprochable, le choix des acteurs a déclenché une avalanche de critiques et de questionnements au cœur du festival: James Franco trop californien pour interpréter un Britannique, Nicole Kidman trop âgée pour son rôle d’exploratrice trentenaire, Robert Pattinson inadéquat en T.E. Lawrence da peine vingt ans. Pourtant, tous les acteurs donnent une interprétation tout à fait honorable: James Franco est convaincant en Henry Cadogan quant à son jeu malgré un étrange accent malheureusement fort peu anglais. Quand l’idylle enter Gertrude et lui devient officielle, il la demande en mariage mais le père de Bell désapprouve cet homme à la réputation de joueur. Cadogan est victime d’un "accident".

Bell cultive son intérêt passionné pour les tribus bédouines et déplace son besoin d'amour romantique à l'extérieur, dans le désert. Là, elle y fera la rencontre du tout jeune T.E. Lawrence, joué par Robert Pattinson. Choix surprenant pour cet acteur plus connu pour ses prestations dans la saga Harry Potter puis celle de Twillight que pour des films en costumes ou historiques. Son apparition à l’écran a aussitôt suscité quelques rires de l'auditoire du festival de Berlin, mais Pattinson défend ce (petit) rôle assez bien.

Bell tombe à nouveau amoureuse d’un autre Anglais, Charles Doughty-Wylie, joué par Damian Lewis, officier de l’armée britannique à Damas mais déjà marie. Mais bientôt Wylie est fasciné par la beauté de Bell et son mariage est sous pression.
Rappelé en Europe lors de la première guerre mondiale, Charles Doughty-Wylie tombera au le front: quand Gertude apprenant sa mort, elle décide de se consacrer à jamais au désert. 

Werner Herzog, 72 ans, a précisé avoir voulu faire ce film après avoir découvert Gertrude Bell: «C'est un personnage féminin fascinant, une femme qui a une vie intérieure très complexe, très belle». Apres avoir vu Queen of the Desert, on ne peut que lui donner raison quand il poursuit: «Je pense que j'aurais dû faire des films avec des personnages féminins bien plus tôt dans ma vie».

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