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Locarno 2015: toute la couverture

Locarno 2015: Rétrospective Sam Peckinpah

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Alors que le festival de Locarno à proprement parler commencera dans trois jours, le public aura l'occasion de le vivre en partie déjà soir, avec la première de deux projections gratuites sur l'écran de la Piazza Grande. La deuxième, mardi 4 août, sera liée au cinéma italien (Et vogue le navire de Federico Fellini), tandis qu'aujourd'hui ce sera Sam Peckinpah qui enchantera et choquera les spectateurs avec son magnifique Western crépusculaire Pat Garrett et Billy le Kid. Un chef-d'oeuvre qui reste, hélas, indisponible dans la version voulue par son réalisateur, la restauration de 2005 étant la reconstruction la plus proche qui ait été obtenue à ce jour. Deux heures d'amitié tragique menées par James Coburn et Kris Kristofferson, avec la participation spéciale de Bob Dylan qui contribua aussi à la musique.

Ce film inaugure aussi la grande rétrospective de cette 68ème édition du festival de Locarno, dédiée à l'oeuvre de Peckinpah. Un cinéaste qui, presque 31 ans après sa mort, reste très actuel et fort. On s'en souvient surtout grâce à ses produits inscrits dans le genre du Western, dont Pat Garrett, justement, et La Horde sauvage, un long métrage sanglant, désespéré et émouvant. Trois éléments qui reviennent constamment dans le cinéma de Peckinpah, qui fut souvent l'ennemi de la censure américaine et, selon les cas, dans d'autres pays aussi. On se souvient notamment des conflits autour des Chiens de paille, qui fut interdit en Angleterre de 1984 à 2002, en raison, paradoxalement, de modifications imposées par les Américains. Quant à Pat Garrett, il fut essentiellement mutilé lors de sa première sortie, en 1973, poussant Peckinpah à essayer de faire enlever son propre nom du générique.

L'hommage de Locarno à ce grand auteur du cinéma américain ne se limite pas seulement aux quatorze longs métrages, qui seront aussi projetés à Lausanne, à la Cinémathèque Suisse, à la rentrée. Il y aura aussi des documentaires, dont une brève interview filmée accordée à Olivier Assayas, et des projets auxquels il participa seulement en partie, comme Le Kid de Cincinnati (il fut remplacé après quelques jours de tournage) ou Jinxed (il aida Don Siegel lorsque ce dernier tomba malade). Et bien sûr, ce qui devrait intéresser le plus les cinéphiles européens, qui auront vraisemblablement vu très peu du travail en question: ses réalisations télévisuelles, dont l'intégralité de la série The Westerner (une saison de treize épisodes), dont il fut créateur, scénariste, producteur et metteur en scène. Nous reviendrons sur cette dernière séléction, dans la mesure du possible, pendant le festival.

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