Actualité & Articles
Locarno 2015: toute la couverture

Locarno 2015: Andy Garcia rencontre le public

Rédigé par |
Andy Garcia: «Si je suis devenu acteur, je le dois au Parrain
L'acteur était convié par le Festival de Locarno pour un prix d'excellence à vie. Actuellement, il travaille sur un projet consacré à Hemingway, snobe la télévision et pense souvent à sa terre natale, "son" Cuba: «Tant qu'il y la famille Castro au pouvoir, je ne reviendrai pas.»
Invité du Festival du film de Locarno, qui l'honore par le Club Award Leopard, un prix pour l'ensemble de sa carrière, Andy Garcia arrive au Spazio Cinema, proche du Fevi, pour une rencontre avec le public. L'acteur, détendu, amical et séduisant s'assied devant un parterre bien rempli, essentiellement de femmes.
Avant même que la rencontre n'ait commencé, l'acteur n'hésite pas à réaffirmer son anticommuniste, sa foi (il a joué dans Cristiada (2014), l'hagiographie des martyrs chrétiens au Mexique), et a poursuivi en semant, ici et là, quelques blagues homophobes. La vie d'Andy Garcia, né à Cuba, mais élévé à Miami après que ses parents aient fui le régime castriste, est plein d'anecdotes comme ça, et comment pourrait-il en être autrement, après plus de trois décennies au plus haut niveau de Hollywood.
« Je suis un type à l'ancienne: pas de social ni de sexe. Je préfère des personnages avec une rectitude morale et j'ai refusé de participer à des scènes de sexe explicites. Pendant de nombreuses années, avec mon nom, je me voyais attribuer des rôles de membre d'un gang mexicain. Puis, j'ai démontré que je pouvais interpréter des caractères non-hispaniques. Je faisais aussi le tueur sanguinaire Vincent Mancini, neveu de Michael Corleone dans la troisième partie du Parrain de Coppola. A la fin des années 80, il a commencé à circuler une rumeur que Francis Ford Coppola pensait tourner Le Parrain - Partie III. Frank Mancuso, président de Paramount et mon ami, m'avertit que l'entreprise voudrait de moi dans le rôle de Vincent Mancini. Mais j'ai vu la liste des noms que la Paramount voulait pour Le Parrain, et cela ne cadrait pas. Donc, je savais que je devais convaincre Coppola. Je suis enfin convoqué dans la Napa Valley par Coppola. Je commence à lire mon rôle dans la remorque, quand tout à coup j'ai un black-out total, je ne pouvais même plus voir mes propres mains. J'allume une bougie et je lis des blagues jusqu'à ce que je tombe endormi. Le lendemain de mon audition, on me dit que Coppola veut dîner avec moi. En quelques minutes, on me communique que, malheureusement, le programme a changé et que je peux rentrer à la maison. Le lendemain, on m'a appelé pour me dire que le rôle était pour moi et ordonné de prendre le premier vol pour la Napa Valley.»
©Festival del Film Locarno / Sailas Vanettice parterre d'admiratrices conquises et aimantées par son charme, l'acteur de poursuivre :
«J'ai toujours préféré des caractères avec une éthique ou plutôt, avec un dilemme moral. Comme pour les scènes de sexe, les meilleurs acteurs n'ont jamais eu besoin de les interpréter. Car c'est plus important de représenter l'avant et l'après. Ma femme et moi avons trois filles et je n'aurais jamais voulu qu'elles me voient à l'écran, impliqué dans une relation sodomite.»
Puis il a répondu à une série de questions prté autant sur le cinéma, la politique que sa vie.
Quelles étaient vos modèles quand vous vous êtes lancé, un peu à tâtons, dans une carrière d'acteur?
«J'aimais les stars des années soixante-dix, Steve McQueen, James Coburn, surtout Sean Connery, avec qui j'ai travaillé tard dans Les Incorruptibles. Et même plus, avec des stars comme Marlon Brando, Dustin Hoffman, Robert De Niro.»
Pensez-vous que l'ouverture récente entre Cuba et l'Amérique d'Obama va changer les choses?
«Quelque chose est en train de changer, mais l'embargo, en fait, est toujours là. Sur l'île, vous ne pouvez pas fonder une entreprise sans passer par le clan Castro. Jusqu'à ce qu'il y ait une plus grande liberté, je ne vais pas revenir à Cuba.»
Avez-vous une méthode personnelle pour endosser un rôle?
«Cela dépend des circonstances. J'ai travaillé avec des réalisateurs qui laissent place à l'improvisation, comme Al Ashby, et ça me plaît. D'autres, comme Brian DePalma, suivent le scénario qu'ils ont déjà structuré dans les moindres détails.»
©Festival del Film Locarno / Sailas Vanetti
Quelle est votre relation avec la télévision et la série télévisée?

«Au début de ma carrière, on m'a offert une série télévisée. Mais alors, petits et grands écrans n'étaient pas interchangeables comme maintenant et j'ai refusé. Je voulais continuer à faire des films pour le cinéma, j'ai une conception très romantique du cinéma. J'espère vieillir, interpréter et diriger des films.»
Et votre relation avec les réseaux sociaux?
«Je voudrais m'y impliquer le moins possible. Je recours à Instagram car cela compte pour communiquer sur mes filles, mais souvent la communauté des réseaux sociaux vous dicte ce qu'elle veut et vous ne pouvez pas refuser. En raison de tout ce monde social, les gens sont devenus critiques de cinéma et peuvent publier des remarques insensées sur un film, peut-être après avoir vu seulement quelques images.»
©Festival del Film Locarno / Sailas Vanetti
Pouvez-vous nous parler de votre projet sur Hemingway?
«Il est en cours mais, comme cétait déjà arrivé avec Lost City, nous ne trouvons pas l'argent. J'ai l'intention de l'écrire, de le produire, de le diriger et de l'interpréter. Je serai Gregorio Fuentes tandis que le rôle d'Hemingway sera interprété par John Voight. J'ai aussi une autre projet que j'ai déjà écrit: un hommage aux personnages de Raymond Chandler.»
 
Andy Garcia de conclure, avec un soupçon de nostalgie.
«Je ne reviendrai jamais sur ma bien-aimée Cuba même si maintenant que les relations entre les deux pays ont été rétablies. Si vous voulez faire un film à Cuba, vous allez toujours conclure un partenariat avec le clan Castro, vous ne pouvez pas embaucher quelqu'un de votre propre chef. Jusqu'à ce que la liberté soit de retour à Cuba, je ne reverrai pas mon île.»

Dans le même sujet...

Locarno 2015: Panorama Suisse

Posté par |

Découvrez du 6 au 15 août des films suisses actuels au 68ème Festival del film Locarno. Y seront présentés des films ayant été des succès dans d’autres festivals, les favoris du public tout comme des films pas encore sortis en salles.

Locarno 2015: Rétrospective Sam Peckinpah

Posté par |

Cette année, le festival tessinois consacre sa rétrospective au grand réalisateur américain, avec un portrait le plus complet possible d'un des grands auteurs du cinéma et de la télévision.

Locarno 2015: Michael Cimino rencontre le public

Posté par |

Le réalisateur, scénariste et producteur lauréat d'un Oscar, auteur de chefs-d'œuvre tels que "The Deer Hunte"r (1978) et "Heaven's Gate" (1980), est arrivé au Festival du film de Locarno pour y recevoir le Léopard d'honneur. En attente d'un nouveau film depuis vingt ans, il précise: «Je préparais un parfait remake pour Clint Eastwood, mais il a dit non.»

Locarno 2015: "Entertainment" de Rick Alverson

Posté par |

La prestation de Turkington dans Entertainment est indéniablement forte mais pour les spectateurs européens, qui ne sont pas familiers avec Neil Hamburger, cet anti-comique, il est difficile de rentrer dans le film qui s'étiole et aurait pu aisément être amputé d'une demi-heure.

Locarno 2015: "Heimatland"

Posté par |

"Heimatland" bouscule, met mal à l'aise et c'est salvateur à l'heure du politiquement correct et de l'édulcoration maladive qui s'empare de plus en plus des gens qui brandissent l'étendard de la tolérance pour excuser tout et n'importe quoi, comme si l'on vivait dans un monde parfait, où chacun pourrait faire ce qu'il voudrait.