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Locarno 2015: toute la couverture

Locarno 2015: "Schneider vs. Bax" d'Alex van Warmerdam

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Deux ans après, 
Borgman, thriller néerlando-belgo-danois (sorti en 2013) produit, écrit, réalisé et interprété par Alex van Warmerdam, ce dernier attire à nouveau les cinéphiles curieux avec Schneider vs. Bax, qui concourt à Locarno edans le concorso internazionale. Ce film s'apparente au jeu du chat et de la souris entre un respectable père de famille, priori irréprochable mais tueur à gages et un écrivain isolé, Bax, qu'il est chargé d'assassiner.

Il s'agit du neuvième film d'Alex van Warmerdam qui suit les mêmes normes, peu ou prou, que pour Borgman. Même si le film est très convaincant, on peut douter que Schneider vs. Baxpuisse surpasser le succès de Borgman, qui a reçu trois Veaux d'or au Festival d'Utrecht. A Locarno, les avis sont positifs sur le film qui ressemble à un western dans les roseaux et est rempli d'humour bizarre, décalé que nous servent fréquemment les Belges comme les Néerlandais.

De prime abord, Schneider vs. Bax peut apparaître beaucoup plus simple. Mais ce n'est qu'en apparence; le film n'est pas si simple car n'y a pas seulement deux meurtriers face l'un à l'autre, mais aussi nombre de réflexions sur la liberté et la civilité. Derrière le scénario qui met en valeur ce tueur à gages mandaté pour assassiner émerge l'histoire de vieillards avec de jeunes amis, d'un père décontracté avec ses filles, d'un grands-père tourmenté, de femmes innocentes. Un puzzle qui se révèle en mille morceaux. Peut-on envisager pire encore?

Le film présente des sites photogéniques à travers un magnifique travail de la caméra, une bonne humeur qui semble régner entre les acteurs, et surtout le sentiment enivrant que tout peut arriver. On pourrait presque trouver dommage que le film fonctionne finalement vers une fin décisive qui survient après tant de beau désordre rondement mené. Le film imprègne les spectateurs dans un tourbillon d'émotions divers. Après l'ouverture intrigante jouant un rôle primordiale sur les personnages qui se réfugient dans le marais, un sentiment abstrait, envahit les spectateurs qui se perdent soudain dans ce terrain solide qui s'effrite sous leurs pieds.

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