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Locarno 2015: toute la couverture

Locarno 2015: "Te prometo anarquía" de Julio Hernández Cordón

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Locarno. La production germano-mexicaine Te prometo anarquía, réalisé par Julio Hernández Cordón, a été très bien reçu lors de sa projection en compétition au 68ème Festival de Locarno ce week-end.

Le réalisateur, Hernández Cordón, qui agrandi aux États-Unis, est né d'un père mexicain et d'une mère guatémaltèque. Il s'est déjà fait un nom avec Essence (Gasolina) et Dust (Polvo) et Marimbas de l'enfer (Marimbas del Infierno ). Tous ces films ont décroché des prix dans divers festival, y compris à San Sebastian, Miami et Buenos Aires. Son nouveau long métrage relate une histoire d'amour entre deux jeunes garçons et les luttes extrèmes contre le trafic, en particulier de personnes, au Mexique.

Dans Te prometo anarquía, deux jeunes hommes, Miguel et Johnny, se lient d'amitié et vivent une relation sexuelle qu'ils cachent face aux autres. Ils "skatent" toute la journée dans les rues de Mexico et vendent leur sang pour les urgences hospitalières. Le sang est un moyen pour eux de gagner leur vie et continuer à "rider" sans avoir à suivre les règles des autres. Johnny a vécu dans la maison de Miguel parce que sa mère y a travaillé comme femme de ménage. Tous deux sont mêlés à la drogue: Johnny la vend dans le skate park. Ils commettent une grosse erreur, Miguel fuit vers le Texas. Le film a séduit tant pas son fond que par sa forme.

«L'idée est de faire une histoire d'amour mâle, dans lequel les émotions sont contenues, et le silence et les actions ont beaucoup plus d'impact», explique Hernández Cordón. «Je veux me concentrer sur les personnes qui se livrent à des activités criminelles, tout en évitant les clichés, mes criminels ne semblent pas être des criminels en dépit de leur aspect sale. Ils sont des gars ordinaires qui sont passionnés par un sport extrême et ce qu'ils veulent est vivre dans le présent, comme cela arrive souvent avec des gens qui se livrent à la criminalité».

Lors de la conférence de presse locarnoise, le cinéaste a parlé de la conception visuelle de son eouvre: «Je comptais faire une histoire qui est très organique, qui donne l'impression que nous sommes des observateurs de ce qui se passe entre ces enfants. Je veux que mes personnages parlent d'un point de vue latéral, comme s'ils étaient observés de côté, donnant l'impression que nous assistons à une conversation dans laquelle nous ne participons pas».

Le réalisateur a précisé que de nombreuses scènes ont été écrites sur la base de leurs lieux de tournage. Cherchant à créer le sentiment d'une histoire simple, avec quelques éléments qui viennent enrichir chacun de ses personnages ou agrémenter des situations, a priori, simples. L'ambiance semble devenir un refuge ou une aire naturelle de développement de ses personnages.

La critique sociale excessivement dure que présente le film dénonce des crimes qui ont laissé une profonde impression sur le public du festival. Les deux comédiens ont précisé que ces enlèvements de personnes sont fréquents au Mexique et sont commis en toute impunité.

Au total, 19 films sont en compétition pour le Léopard d'or, mais Te prometo anarquía est le seul à défendre l'Amérique latine au sein du concorso internazionale.

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