Actualité & Articles
Cannes 2016: Toute la couverture

Cannes 2016: "Paterson" de Jim Jarmusch

Rédigé par |

5 CLAPS

Paterson est un film parfait sur tous les plans: scénario, jeu des acteurs, photographie. Il n'y a tout simplement rien à changer. Chaque scène, chaque moment, chaque ligne, chaque respiration, tout atteint la perfection. Paterson est le dernier opus de Jim Jarmusch, un cinéaste expérimenté qui a passé beaucoup d'années à faire des films qui touchaient des registres très différents. Cette fois-ci, il raconte une histoire très personnelle d'un poète, Paterson, joué brillamment par Adam Driver, qui est en réalité un conducteur d'autobus humble et resservé dans la ville de Paterson, dans le New Jersey. Le nom et l'emplacement sont significatifs parce que deux ou trois poètes légendaires ont aussi passé du temps à Paterson. Le film rappelle Inside Llewyn Davis (Cannes 2013), à sa façon de décrire comment un immense talent reste souvent caché.

Film profondément existentiel, déclamé dans un rythme constant et envoutant telle une poésie intensément plaintive Paterson a séduit tous les journalistes présents à la salle Debussy, avant de faire sensation auprès du public. Brossant par touches successives, tel un peintre, le quotidien de Paterson, Jim Jarmusch réussit un tableau admirablement simple dans sa configuration à travers cette histoire à tiroirs dont l'action, à priori sans reliefs, captive rapidement l’attention des spectateurs en répandant du merveilleux et de l’onirisme tout au long de ces deux heures de projection. Le scénario est brillant et ne casse jamais la progression du récit, sans aucune discontinuité dans le rythme.

Paterson est le genre d’oeuvres dont on ne se lasse pas et qu’on aimerait aussitôt revoir, afin de découvrir toujours plus de détails dans ce tableau si minutieux et subtil. Dans certaines scènes où Paterson conduit à travers la ville, répétant inlassablement les mêmes gestes et les mêmes itinéraires, il écoute la conversation des passagers, découvrant des coïncidences et des bizarreries avec sa propre vie. A travers la camera de Jarmusch, la ville de Paterson, magnifiquement filmée, devient un protagoniste à part entière. La compagne de Paterson est incarnée par la sublime actrice iranienne Golshifteh Farahani qui offre une prestation drôlissime dans le rôle d’une artiste délurée. On donnera aussi une mention spéciale au bouledogue anglais qui fait partie intégrante de cette famille atypique,  Avec Paterson, ode à la poésie et à la rêverie, Jarmush prouve encore une fois qu’il est un immense réalisateur.

Dans le même sujet...

Cannes 2016: La sélection officielle

Posté par |

Entre le 11 et le 22 mai lors du 69ème Festival International du Film de Cannes, 21 cinéastes dont seulement 3 femmes concourent pour la Palme d'Or avec 20 films représentant 13 pays différents.

Cannes 2016: Ouverture "Café Society" de Woody Allen

Posté par |

Pour la soirée d’ouverture du Festival de Cannes, le nouveau film de Woody Allen représentait une valeur sure très inattendue. "Café Society" renoue avec les meilleurs films du cinéaste new-yorkais, distillant une atmosphère jazzy qui imprègne cette comédie parfaitement nostalgique.

Cannes 2016: "Mademoiselle" de Park Chan-Wook

Posté par |

Comme toute parenthèse de plaisir inavouable, on en redemande. On songe inévitablement a "L'Empire des sens", Nagisa Ōshima, sorti en 1976 et qui avait créé l’ébullition à l’époque. Quarante ans plus tard, "Mademoiselle" suscite la même effervescence et pourrait bien décrocher le Prix de la mise en scène.

Cannes 2016: "Loving" de Jeff Nichols

Posté par |

Si certains critiques ont reproché une linéarité et une platitude au film, Jeff Nichols a choisi un sujet qui a ému et provoqué quelques larmes parmi les spectateurs. Il pourrait récolter un prix d’interprétation pour ses acteurs.

Cannes 2016: "Pericle il Nero" de Stefano Mordini

Posté par |

Unique film italien en compétition à Cannes 2016 dans la section Un Certain Regard, "Pericle il Nero" de Stefano Mordini, suit les nombreuses vicissitudes que traverse Pericle, un homme de main à tout faire d’un chef maffieux. La camera de Mordini suit sa longue période de gestation pour se libérer du milieu.