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Festival de Zurich 2017: au programme

Festival de Zürich 2017: Matar a Jesús (Killing Jesus) de Laura Mora Ortega

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Après sa première mondiale au festival de Toronto et un passage remarqué à San Sebastian (sa réalisatrice et ses acteurs sont chacun repartis avec un prix), le public suisse est venu en nombre applaudir la productrice et représentante du projet pour un soir, Maja Zimmermann, venue défendre ce film. Comme l’a précisé cette dernière, le point de départ de ce travail de production, qui a duré quatre ans, est un scénario reposant sur un événement vécu par la cinéaste elle-même: l’assassinat de son père en pleine rue. L’histoire a beau se fonder sur un traumatisme réel, sur papier, celle-ci reste assez classique. L’action se déroule à Medellin, réputée pour être l’une des villes où la violence fait le plus rage au monde (même si aujourd’hui, la situation a bien changé). Un jour, sur la route du retour de l’université Lita est témoin du meurtre de son père, professeur d’université. Ayant aperçu le visage de son meurtrier, Lita a son sang qui se glace lorsqu’elle croit reconnaître le jeune homme dans une boîte de nuit. Elle va alors quitter son milieu bourgeois, s’inventer une nouvelle identité et s’immerger dans les rues de Medellin. Elle va se rapprocher de Jesus, celui qui lui a enlevé son père, avec un désir de vengeance lancinant. Au-delà de la mission qu’elle se fixe, la lutte est viscérale (et la rend même malade), les limites sont questionnées… jusqu’où pourra-t-elle aller ?

Laura Mora Ortega parvient à élever cette histoire en nous proposant une œuvre puissante en hommage à son père. La co-réalisatrice (avec Carlos Moreno) de la mini-série colombienne qui retrace les exploits de Pablo Escobar (Pablo Escobar: El Patron del Mal) décide de raconter une histoire violente et très personnelle, qui, malgré quelques maladresses de mise en scène, touche par sa sincérité et impressionne par son audace (thématique et esthétique). Car, une fois mis de côté certains moments d’agacements ressentis devant une prise de vue "sur le vif" très mouvementée et parfois fatigante pour les nerfs et les yeux (un style aujourd’hui malheureusement adopté avec excès), l’immersion dans les rues sombres de Medellin et dans la frénésie de ses quartiers est totale. Ce drame emporte aussi grâce à la justesse de ses acteurs non professionnels (choisis dans les rues de Medellin) et au regard personnel qu’il pose sur le thème de la violence et de ses extrêmes.

En attendant sa sortie en salles, le film, qui concourt pour L'Oeil d'Or, est à voir au Zurich Film Festival le samedi 7 octobre à 18h45, en présence de Laura Mora Ortega (réalisatrice), Maja Zimmermann (productrice) et Natasha Jaramillo (interprète de Lita).

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