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Festival de Zurich 2017: au programme

Festival de Zürich 2017: Pororoca de Constantin Popescu

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Une rapide recherche internet nous met sur la piste de la signification du mystérieux titre du troisième film écrit et réalisé par Constantin Popescu, La Pororoca: c’est le nom légendaire d’une vague dévastatrice qui peut atteindre jusqu'à six mètres de haut, naissant sur le fleuve Amazone et envahissant les terres une fois par année, durant l'équinoxe de printemps. Sa puissance est telle qu’elle ravage tout sur son passage. Dans le film du même nom, le phénomène naturel traduit parfaitement la réaction humaine face au drame. Tudor et Cristina forment un couple d’apparence solide, heureux parents de deux enfants. Leur vie bascule lorsque la cadette disparaît d’un parc de jeux, sous la surveillance de son père. L’onde de choc va être aussi violente que l’impact de la terrible vague amazonienne.

Le réalisateur a brillamment exploité la métaphore. On peut voir dans l’introduction du film, la montée en puissance de la vague, jusqu’à la disparition de la petite fille suivie de l’effet du traumatisme sur le couple et son proche entourage. La colère et la tristesse restent tacites, les non dits sont pesants (la culpabilité du père, l’absence de reproches exprimés par la mère). La douleur va peu à peu se traduire dans les corps qui s’affaissent, les gestes lourds, les visages désincarnés. Cette tension est savamment construite par une mise en scène brillante, alternant les moments de fixité et d’agitation pour signifier le drame à venir et le non moins dramatique dénouement. Le long plan-séquence de la disparition est en cela emblématique: ce moment de tranquillité et de bonheur passé dans un parc un jour de printemps devient parfaitement angoissant grâce à l’impressionnante chorégraphie scénique déployée simultanément sur plusieurs niveaux de tensions dramatiques. Au final, le récit gravite autour de la descente aux enfers du père de famille, obsédé par l’enquête qu’il décide de mener par lui-même. Bogdan Dumitrache crève l’écran malgré son corps qui décrépit, lui-même à la limite de la disparition. Les répercussions du drame sont infinies… Et Popescu sait où s’arrêter, histoire de nous laisser seuls encaisser ce choc cinématographique venu de Roumanie.

Pororoca, qui concourt pour remporter L'Oeil d'Or, est à voir au Festival de Zurich…

les 5 octobre (18h), 7 octobre (18h, en présence de Bogdan Dumitrache) et 8 octobre (14h30)

Le progamme du ZFF est à voir ici

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