Critique

Dario Argento's Dracula

 
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Asséner que la grande époque de Dario Argento est depuis belle lurette derrière lui revient à enfoncer des portes largement ouvertes, mais qui le sont malheureusement encore plus à chaque nouvel essai du réalisateur transalpin. Car il est de notoriété de plus en plus publique que l'homme derrière des chefs d'oeuvre comme Profondo Rosso, Suspira, Ténèbres ou encore Phenomena a perdu son inspiration naguère si flamboyante pour se perdre dans des oeuvres mineures, indignes de son talent passé et qui navrent de plus en plus ses anciens fans. En somme, la volée de bois vert que se prend Argento depuis 15 ans est à la mesure de son génie passé.
Dracula, son dernier opus, loin de propulser le metteur en scène vers les sommets qu'il connut autrefois, est pourtant bien supérieur à ce qu'une majorité de la presse a laissé entendre (et croire). En reprenant à son compte le roman de Bram Stoker, Dario Argento, respectant la ligne directrice du livre (on retrouve Mina et Jonathan Harker, mais aussi Abraham Van Helsing), parvient contre toute attente à instaurer une ambiance proche des vieux films de la Hammer, brouillard et forêt menaçante à l'appui. Plongeant le spectateur dans une atmosphère gothique très réussie, Argento nous offre en outre des décors à la force d'évocation immédiate, qui participent largement de l'attrait du long-métrage.
En revanche, difficile de passer sous silence les CGI d'une laideur achevée qui parcourent le film (sang numérique, mante religieuse géante totalement what the fuck, entre autres), et le jeu absolument navrant des acteurs (seul le vétéran Rutger Hauer tire son épingle du jeu). Même la belle Asia Argento, d'ordinaire plutôt bonne actrice, joue ici comme un brochet qui sort de l'eau. Côté musique, Claudio Simonetti (ex-Goblin), assure le minimum syndical, son score accompagnant platement les images sans jamais réussir à les illustrer.
C'est donc avant tout une oeuvre d'atmosphère à la photographie plus qu'honorable (les scènes dans la forêt sont à ce titre les plus belles du film) que nous propose l'ex-maestro, preuve qu'une étincelle brûle toujours quelque part en lui. L'idée serait de la transformer en flamme. Comme disait Scarlett dans Autant en emporte le vent: "after all, tomorrow is another day". A suivre...

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