Critique

Mary

 
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Un don mal exploité

Embarrassé par l'accumulation de strates de sensibleries n'apportant que peu à la problématique posée par Marc Webb et son scénariste Tom Flynn, Mary offre un drame familial peu convaincant, en dépit du talent de sa jeune interprète.

Mary est une fillette de sept ans qui vit avec Frank, son oncle, suite au décès de sa mère lorsqu'elle était bébé. Frank gagne sa vie en réparant des bateaux, bien qu'il ait mené une carrière académique dans le passé. Celui-ci est bien décidé à protéger sa nièce du monde sérieux des adultes qui lui tend déjà les bras, Mary étant surdouée (gifted, d'où le titre original), brillante en particulier dans le domaine des mathématiques, comme sa mère. Pourtant, bien que Mary semble nager dans le bonheur, l'école l'ennuie et sa seule amie est une voisine adulte. Elle se retrouve au coeur d'un conflit de garde, ballotée entre les désirs de son oncle de la voir mener une vie «normale » et ceux de sa grand-mère, pour qui les dons de la jeune fille ne doivent pas rester inexploités.

Il faut admettre que la jolie histoire familiale est touchante, en grande partie grâce à un casting parfait: Chris Evans dans le rôle du beau père célibataire au passé mystérieux et à la tendresse à revendre aux côtés de l'adorable McKenna Grace, dans un duo à l'alchimie parfaite. Or, au milieu de ce récit dont il faut d'emblée accepter les invraisemblances, survient un procès: celui intenté par la grand-mère contre son fils, dans une tentative d'obtenir la garde de Mary. Ce fil rouge est un moyen comme un autre de déterrer un sombre passé familial, dans une volonté de faire lourdement appel à nos sentiments. On réalise très vite que la thématique de l'enfant surdouée est un prétexte à cette peinture d'une famille déchirée et hantée par la peur de mener Mary vers un destin aussi tragique que sa mère, partant du présupposé que la fibre du génie est transmise de génération en génération. Dans une mise en scène conventionnelle qui ne privilégie aucun point de vue, le réalisateur de 500 jours ensemble propose un récit calibré, sans surprise, qui souffre de vouloir tout évoquer en une heure et demie, au risque de tout survoler et de ne laisser qu'une impression mitigée derrière lui.

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