Critique

Star Wars: Episode VIII - Les Derniers Jedi

 
Critique par |

Ennuyeux comme une guerre qui s’éternise

A l’image de n’importe quelle guerre qui s’éternise, la saga intergalactique créée par George Lucas en 1977 commence très sérieusement à radoter comme un vieux vinyl rayé.

Au sortir de ce film attendu, on se demande bien pourquoi, comme le messie, on a envie de citer Bernard Blier, alias Bernard Milan dans Le Grand Blond avec une chaussure noire: «On tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde… On tourne en rond!» Et c’était à prévoir au bout d’un moment car comment un récit aussi mince et pathétique, ne reposant que sur une guerre sempiternelle entre des méchants et des gentils, peut-il logiquement évoluer sans sombrer dans la répétition?  Difficilement, et ce ne sont pas les cent cinquante-deux nouvelles minutes proposées aujourd’hui qui feront avancer la cause de cette chose dont l’impact laisse pantois de consternation.

Il est absolument incompréhensible que ce produit mercantile par essence engendre une telle folie au point d’être devenue au fil des décennies et des générations une véritable religion avec tout ce que ce terme implique de négatif. Star Wars (SW pour ses fanatiques) est étudié sérieusement au niveau universitaire et fait donc vivre matériellement aux frais du contribuable certains pseudo-savants ou chercheurs qui feraient mieux de plancher sur autre chose de plus pertinent ou au minimum de plus intéressant, engendre des kilomètres de textes tous plus consensuels les uns que les autres et devient une raison d’être pour les plus atteints sans qu’aucun remède n’ait encore été trouvé.

Le seul argument que l’on rencontre quand on ose désapprouver la chose et sa horde d’adorateurs dévoués corps et âme se résume laconiquement à un désespéré et très libéral: «Si vous n’aimez pas, n’y allez pas!» Il est clair que face à une telle réaction, on ne peut que se conforter dans son opinion qui consiste à voir les fans de SW comme une immense secte réfractaire à toute critique et qui se complaît à vivre en autarcie. Alors oui, SW est à l’image du fanatisme dans son sens le plus stricte et contribue à la détérioration de plus en plus emblématique de l’esprit critique et de la réflexion la plus élémentaire. Les réseaux sociaux, royaume de la schizophrénie et de la paranoïa devenues l’illustration de la modernité technologique actuelle dans laquelle l’humain se perd, reflètent parfaitement cet état de fait: au moindre communiqué de la production de SW, on a droit à un déluge de commentaires qui viennent engrosser les innombrables versets de la communauté.

Avec ce huitième opus qui abusent des principes de la physique quantique, on constate de plus en plus clairement que ce produit patauge et peine à se renouveler et ce n’est pas surprenant, car son but ne consiste désormais plus qu’à convaincre de nouveaux membres à rejoindre le mouvement et satisfaire ceux qui ont déjà la foi, comme n’importe quelle religion. Partant d’une base manichéenne dont l’univers ne se résume qu’à une guerre sans fin, SW brode indéfiniment la-dessus en attisant sans cesse le conflit car, si celui-ci venait à trouver une issue, la poule aux oeufs d’or finirait par mourir. On oscille donc sans cesse entre le camp des bons et celui des mauvais et on rallume régulièrement la mèche à grand renfort de désir de vengeance familiale et de conflits internes au sein des deux clans. Et si l’on veut que SW trouve un véritable sens à son existence, il faudra forcément y mettre un terme un jour. On en est malheureusement très loin et ce produit s’accroche comme une moule à son rocher, sombrant inéluctablement vers l’ennui le plus profond pour les non-croyants.

En savoir plus sur Remy Dewarrat

Dans le même sujet...

CONCOURS Gagnez un set de goodies du film et 2 places

Participer

CONCOURS Gagnez des places pour aller voir le film

Participer