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Sparring

 
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Le boxeur et la pianiste

Film de boxe, mais pas que, traité avec ce qu’il faut de mélodrame, le premier long métrage de Samuel Jouy, Sparring, permet à Mathieu Kassovitz de réaliser une performance mémorable toute en force et en finesse.

Un sparring dans le monde de la boxe, c’est un pratiquant engagé et bien payé pour servir les entraînements d’une vedette. Il peut sortir de l’exercice dans un piteux état physique et psychologique. C’est ce qui arrive à Steve Landry (Matthieu Kassovitz), 49 combats (13 victoires, 3 nuls, 33 défaites) qui cherche, en même temps, un cinquantième et dernier combat. Comme il le dit lui-même, Steve fait partie des nombreux combattants qui permettent aux stars de la discipline de briller; autrement dit, il encaisse plus qu’il ne donne. Très proche de sa femme et de leurs deux enfants, Steve refuse que sa fille de neuf ans assiste à un de ses combats, à l’exception du dernier. Par contre il accepte ce job de sparring pour pouvoir lui payer un piano afin qu’elle puisse pratiquer quotidiennement.

S’il faut mettre des étiquettes à tout et n’importe quoi, on se hasarderait à qualifier ce premier long métrage de mélodrame social. Il y a un peu de ça mais jamais dans l’excès, grâce à des personnages qui sonnent vrais et une immersion dans le monde de la boxe, judicieusement constituée de longues séquences d’entraînements, plus que de combats. Sérieusement préparé pour son rôle, Mathieu Kassovitz campe un personnage auquel on s’attache simplement et rapidement. L’un des principaux traits de caractère de Steve est la retenue. Il est régulièrement sur des charbons ardents à deux doigts de le faire exploser mais, comme sur le ring, il encaisse. Il émane de Steve une indéniable gentillesse et le comédien la transmet parfaitement à plusieurs reprises.

Au final, Sparring est une tranche de vie ordinaire à cheval entre la normalité la plus simple et un univers réservé aux privilégiés, tous deux empêtrés dans toutes sortes de codes qu’il suffit parfois de briser en ayant recours à l’hypocrisie. Voilà des débuts très prometteurs.

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