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Nous finirons ensemble

 
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Avec Les Petits Mouchoirs, Guillaume Canet proposait un film qui se voulait dans l'esprit d'Un Elephant ça Trompe Enormément, Nous Irons Tous au Paradis ou encore Mes Meilleurs Copains. Malheureusement, larmoyant au point d'en devenir vulgaire, le film, doté d'intentions certes louables,  se vautrait dans les grandes largeurs, malgré une poignée de scènes réussies. Il semble que Guillaume Canet ait tiré les leçons de ce sentimentalisme artificiel car Nous Finirons Ensemble s'impose comme une belle réussite, tenue de bout en bout, malgré quelques problèmes sur lesquels nous reviendrons.

Doté d'un scénario bien plus riche et profond que son prédecesseur, le film parvient à tenir la distance sur 2h15, sans temps mort, et surtout sans chercher à tirer les larmes de ses spectateurs à coups de giclées de jus de citron dans l'oeil. Au contraire, lorsque l'émotion naît, elle surgit toujours sans que l'on s'y attende, provenant uniquement des personnages et de la mise en scène, sans artifices putassiers ni dialogues à la guimauve. Et cela change tout. A l'image de cette scène inattendue en pleine mer, extrêmement prenante, et au bout de laquelle l'émotion nous explose au visage (parents, préparez-vous à vous agripper à votre siège).

Canet parvient par ailleurs à brosser des portraits (individuels et de groupe) très convaincants, à l'image des personnages incarnés par Marion Cotillard (en roue libre lorsqu'elle est mal dirigée), Benoît Magimel ou encore Laurent Laffite (personnage le plus drôle du film, notamment à travers la scène de l'oedème de Quincke qui vaut vraiment le détour).

En revanche, il est regrettable que François Cluzet en fasse des tonnes dès le début du film, son jeu se calmant heureusement au fur et à mesure du métrage. Par ailleurs, le film peine légèrement à démarrer, pour finalement trouver ses rails et dérouler son histoire avec une justesse rare.

Malgré ces légers défauts, Nous Finirons Ensemble s'impose comme une oeuvre sensible, intelligente, parvenant à nous toucher avec une infinie délicatesse et s'imposant au final comme une bouffée d'optimisme et de relativisme dans un monde qui en a bien besoin. La scène finale, convoquant vivants et fantômes, d'une puissance émotionnelle rare, est là pour le prouver.

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