Critique

Anna

 
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La belle au bal des médiocres

Luc Besson nous ressort une nouvelle fois une de ses recettes banales et nous sert une soupe où tous les ingrédients ont la même couleur, la même odeur, la même saveur, la même fadeur.

Luc Besson toujours très mal inspiré en qualité d’auteur doit penser que chaque génération devrait bénéficier de son Nikita ou de son Léon, comme Hollywood le fait avec maints super-héros depuis des décennies. Peut-être que cela remplit les tiroirs-caisse, mais côté qualité, on repassera. Donc Anna n’est rien d’autre que le Nikita des années 2010 et on s’en serait très bien passé. 

Dans ce long métrage tout sonne faux: l’intrigue, les personnages, le jeu des comédiens, le montage, la musique. Et c’est à un tel point que l’on se demande si ce n’est pas fait exprès. Hélas, car Anna n’est pas une parodie style Austin Powers, c’est une oeuvre sérieuse qui lorgne du côté du romantisme le plus benêt. On y rit beaucoup certes, mais par consternation et moquerie, ce qui ne peut nullement être considéré comme un rire mémorable ou bienfaisant.

On a droit à des zooms rapides accompagnés d’une intervention musicale idoine pour insister sur l’aspect dramatique du moment, à des dialogues consternants de stupidité, à des situations qui dépassent tout entendement et à une construction du récit éclatée qui permet à Besson de prendre ses spectateurs pour des ignares en leur répétant sans cesse ce qu'ils avaient déjà compris la première fois. La pourtant grande Helen Mirren est juste catastrophique Peut-être s'est-elle amusée mais le résultat ne souffre aucune excuse et elle livre là, sans doute, la pire prestation de toute sa carrière. A un tel stade de nullité, le film deviendrait presque génial, si bien qu'il devrait faire école pour servir d’exemple de ce qu'il ne faut pas faire dans toutes les étapes de création d’un film.

Besson ne fait qu'étaler ses fantasmes et sa philosophie de vie qui atteint ici un ridicule monumental, Toute adhésion à cette dernière pourrait peut-être justifier un traitement psychiatrique contre le plus grave manque de discernement élémentaire car, en plus d’être un personnage sans aucun relief, à part sa beauté, Anna serait la candidate idéale dans un talkshow bobo qui parlerait de la dernière «beaufitude» à la mode: le «polyamour». Justifier un quelconque ixième  degré là-dedans c'est trouver des excuses bien gentillettes à quelque chose qui n'en mérite aucune. Anna est un sérieux candidat au titre de pire film de l’année, toutes catégories et nationalités confondues.

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