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Rambo V: Last Blood

 
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La violence comme unique solution

Ce film est tellement consternant par son manichéisme à justifier la violence et à oser l’ériger en oeuvre d’art qu’on se demande s’il est bien nécessaire d’en parler. Oui, car il véhicule une morale douteuse et infecte.

Ça commence pourtant passablement bien. Lors d’une tempête avec pluie torrentielle et crue de rivière dans une région forestière, John Rambo, qui a un coeur gros comme ça, donne un coup de main aux sauveteurs. Mais, comme il le dit lui-même, ce vétéran de la guerre du Viêt-nam est traumatisé car il n’a jamais réussi à sauver ses camarades et ce quelle que soit la bonne volonté et les efforts surhumains qu’il s’efforce de fournir. Donc, d’une famille en grand danger, il ne parvient à sauver que la fille: le père et la mère y passent. Il retourne dans son ranch où il vit tranquillement depuis son retour de Thaïlande (cf Rambo de Sylvester Stallone), il y a onze ans. Il est aux petits soins pour la veuve d’un de ses amis et sa petite fille. Quand cette dernière lui annonce sa volonté de partir au Mexique pour rencontrer son père qu’elle ne connaît pas, Rambo la sermonne et l’exhorte à renoncer à ce projet. Le discours entre dans l’oreille de la demoiselle et sort de l’autre. Résultat: la jeune femme n’écoute pas la sagesse de son aîné et prend quand même la route. Bien sûr, elle ne donne plus signe de vie très rapidement. Rambo mène une enquête hâtive et découvre qu’elle pourrait être victime d’un odieux trafic de prostitution. Il décide d’agir et se rend sur place. Il la retrouve en très piteux état aux mains des frères Martinez (caricature du vilain Mexicain) et la ramène chez eux. Mais elle meurt avant d’arriver au ranch: la malédiction made in Rambo frappe une énième fois. Si le film se bornait à cela, il serait encore passablement défendable, mais il est loin d’être terminé.

Le reste ne se base que sur la vengeance la plus crasse et ravira les fanatiques d’un divertissement décérébré et viscéral qui fait la part belle à la violence la plus graphique. Ce très mauvais film à la morale plus que douteuse au paroxysme de la philosophie néo-libérale enchantera les spectateurs que l’on trouve par légion dans certains festivals, applaudissant chaque mort violente qui passe sous leurs yeux, quel que soit le contenu du film. Ce sont les mêmes qui, très souvent trop alcoolisés, pensent pouvoir justifier leur penchants malsains à ceux qui osent critiquer ce genre de produits pourtant très attaquables en sortant l’argument imparable selon eux: «Si tu n’aimes pas ça, n’y va pas!» Pas étonnant du coup que ce film voie le jour sous l’ère Trump et la médiocratie qui en résulte. Il fait typiquement partie du genre d’immondices qui infectent de plus en plus les écrans de toute nature, justifiant l’injustifiable, prônant l’imprônable. Ceux qui les font et ceux qui les défendent ne méritent rien d’autre que l’indifférence la plus totale, voire le mépris le plus complet. Et c’est une triste fin pour un personnage qui a initialement été créé pour personnifier l’ignoble traitement réservé à ceux qui revinrent vivants d’une des guerres les plus gratuite et immonde qui fût.

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