Critique

Minuit dans l'univers

 
Critique par |

Seul(s)

Devenu l’apanage du sentimentalisme le plus sirupeux, la science-fiction moderne s’alourdit encore d’un film défaitiste sans grand intérêt.

En proie à un cataclysme indéfini, la Terre est devenue pratiquement inhabitable. Seuls quelques rares endroits sont encore à l’abri comme l’observatoire du cercle polaire dans lequel vit le professeur Augustine. Une fois les derniers résidents de la base partis se réfugier ailleurs, Augustine qui noie son spleen dans l’alcool reste seul. Mais, quelques jours plus tard, il découvre la présence d’une fillette qui ne parle pas. Alors que commence une cohabitation difficile entre ce petit être fragile et le vieux loup solitaire, un message de l’espace parvient sur les ondes de la station. Ce dernier provient d’un vaisseau qui avait pour mission d’aller voir si l’une des lunes de Jupiter pouvait accueillir les derniers humains. La transmission étant assez mauvaise, Augustine décide de se rendre encore plus au Nord dans une station météo bénéficiant d’une antenne plus puissante.

Ce film embaume le défaitisme du début à la fin et devient très vite fatiguant en assénant un discours des plus pessimistes. Tout comme la catastrophe qui phagocyte la  Terre, les personnages de ce long métrage sont mal définis car appréhendés uniquement par un aspect sentimental, plombant encore plus une entreprise qui peine à décoller. Peu de choses convainquent dans ce Midnight Sky érigé en nouveau fleuron de la science-fiction par les fan de Netflix de plus en plus nombreux à vénérer un faux dieu pseudo culturel. Les recettes sont archi-connues et très mal dosées. La petite fille de la station devient un leurre concrétisé par un coup de théâtre scénaristique asthmatique pour s’étaler sur la solitude avec tous les poncifs qui vont avec. Des flashes-back superfétatoires émaillent le récit pour nous faire comprendre qu’Augustine a refusé de fonder une famille, comme s’il savait ce qui allait se produire. Au moment, où l’ennui atteint des sommets, on a droit à une très longue scène d’action dans l’espace qui commence de manière assez guillerette pour ce terminer dans un drame fort convenu, point d’orgue de la réussite incontestable des nombreux effets spéciaux dont bénéficie le film. Et on est face à des personnages qui ont abandonné toute résistance, subissant ce qui leur arrive mais, et c’est paradoxal, espérant encore on ne sait trop quoi.

Bref, ce Midnight Sky ne fera pas date dans la longue liste des oeuvres cinématographiques post-apocalyptiques dont le maître étalon reste l’immense Melancholia de Lars von Trier avec sa fameuse phrase qui résume parfaitement la situation: «La Terre ne mérite pas de survivre ni que l’on se batte pour elle.»

En savoir plus sur Remy Dewarrat

Dans le même sujet...

 

Minuit dans l'univers

Critique par |