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Esther (Orphan) INEDIT EN SUISSE

Esther (Orphan) INEDIT EN SUISSE
Réalisateur: Jaume Collet-Serra
Acteurs: Vera Farmiga, Isabelle Fuhrman, Peter Sarsgaard et CCH Pounder
Genre: Thriller
Pays: U.S.A. Durée: 123 mins
Age légal: 16 ans Age conseillé: 16 ans
Date de sortie: 30.12.2009
Critique: Laurent Scherlen
Note: * * * *

Horaires

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Synopsis

Après avoir perdu l'enfant qu'elle attendait, la fragile Kate voit ressurgir les douloureux souvenirs d'un passé qu'elle préférerait oublier.
Hantée par des cauchemars récurrents, et décidée à retrouver une vie de couple équilibrée, elle fait le choix, avec son compagnon John, d'adopter un enfant. A l'orphelinat voisin, Kate et John se sentent étrangement attirés par une fillette, Ether.
Mais Kate ne tarde pas à découvrir la face cachée de la " douce " enfant. Autour d'elle, personne n'a rien remarqué, et nul ne semble partager ses doutes et ses inquiétudes...

Galerie

Critique

Le thème de l’enfant tueur est devenu au fil du temps un genre cinématographique à part entière (le chef d’œuvre indéboulonnable ¿Quién puede matar a un niño? de Narciso Ibáñez Serrador étant le mètre-étalon du genre). L’on peut également citer Le village des damnés, La malédiction, Les proies ou encore The children, oeuvrant tous sur le terrain de l’enfance meurtrière, apportant leur lot de perversité et de violence à une période de la vie a priori exempte de tout soupçon. Le metteur en scène espagnol Jaume Collet-Serra (La maison de cire) apporte aujourd’hui sa pierre à un édifice déjà fortement balisé et codifié en racontant l’histoire d’Esther, petite fille de 9 ans adoptée par un couple d’Américains ayant perdu leur troisième enfant à la naissance. Esther ne tardera pas à éveiller les soupçons de sa mère par son comportement étrange, jusqu’à ce que l’incroyable vérité ne soit révélée.
Cette révélation finale, twist extrêmement surprenant et impossible à prévoir, apporte non seulement un éclairage inédit aux comportements de la jeune fille, mais souligne en outre l’idée force du métrage, à savoir l’enfance comme une période tout sauf innocente, et pouvant renfermer en son sein perversité, machiavélisme et vilenie, ou lorsque les atours de l’enfant masquent des comportements d’adulte. Cette idée maîtresse, sous-tendant l’intégralité du métrage, est exploitée dans des scènes extrêmement culottées pour un film de studio, comme celles où Esther (la révélation Isabelle Fuhrman) manipule la petite fille sourde et muette du couple, ou encore la séquence de drague entre une Esther apprêtée comme une adulte et son père adoptif, scène aux relents d’inceste extrêmement surprenante en ces temps de censure imposée à tour de bras.
Mais Orphan ne s’arrête pas à cette vision transgressive de l’enfance, et propose en filigrane une réflexion sur la mort, et plus précisément sur le rapport des êtres à la mort (le deuil de la mère, l’épisode des fleurs blanches) trouvant son point d’orgue dans une scène d’une beauté et d’une sensibilité absolues dans laquelle la mère explique par le langage des signes à sa petite fille sourde et muette ce qu’est devenue sa petite sœur, morte à la naissance. Cette scène, d’une tristesse infinie, demeure indiscutablement la plus forte du métrage.
Cependant, Jaume Collet-Serra a tendance à se perdre dans une mise en scène pas toujours inspirée, et use et abuse d’effets absolument gratuits (voir ces jump scares ineptes totalement hors de propos). En outre, la fin du film, d’une banalité confondante, aurait mérité plus d’attention de la part du metteur en scène. Enfin, il est navrant de constater qu’aujourd’hui encore, des génériques de films continuent de plagier celui de Se7en (le générique de fin de Orphan est un décalque éhonté de son illustre prédecesseur).
Malgré ces regrettables réserves, Orphan demeure un film de genre réussi, subversif à souhait, tout en revêtant une aura poétique mêlée d’une extrême mélancolie.

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