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Invictus

Invictus
Réalisateur: Clint EASTWOOD
Acteurs: Morgan Freeman, Matt Damon et Scott Eastwood
Genre: Drame
Pays: USA Durée: 134 mins
Age légal: 7 ans Age conseillé: 12 ans
Distributeur: Fox / Warner
Date de sortie: 13.01.2010
Critique: Loïc Valceschini
Note: * * * *

Horaires

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Synopsis

En 1994, l'élection de Nelson Mandela consacre la fin de l'Apartheid, mais l'Afrique du Sud reste une nation profondément divisée sur le plan racial et économique. Pour unifier le pays et donner à chaque citoyen un motif de fierté, Mandela mise sur le sport, et fait cause commune avec le capitaine de la modeste équipe de rugby sud-africaine. Leur pari : se présenter au Championnat du Monde 1995...

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Critique

Après The Changeling et Gran Torino, tous deux sortis l'année passée, Clint Eastwood continue à enchainer les tournages, malgré son âge déjà bien avancé, et force est de constater que le bougre s'en sort toujours honorablement.

Invictus narre l'histoire authentique – certes, romancée – de Nelson Mandela, fraîchement élu président de l'Afrique du Sud, qui va tenter de réunifier son peuple via l'équipe nationale de rugby. Morgan Freeman prend les traits du fameux personnage, et offre une performance tout à fait crédible en tant que réconciliateur idéaliste. Le deuxième acteur principal, Matt Damon, a quant à lui dû passer de nombreuses heures dans la salle de sport pour incorporer l'équipe des Springbok de façon plausible. Comme toujours, Eastwood se montre toujours très malin dans la dramatisation de son histoire et parvient aisément à créer une forte empathie pour les personnages et le propos optimiste de son film. Ce dernier illustre avec ferveur l'euphorie de cet événement, via une photographie plutôt désaturée et usant parfois de (fausses) images d'archives. Le film jouit en outre d'une touche d'humour bienvenue qui, sans en faire des tonnes, vise souvent juste.

En revanche, comme il nous l'a déjà prouvé plusieurs fois (Flags of our Fathers restant le pire exemple à ce jour), Eastwood n'est malheureusement pas le roi de la subtilité, et assène parfois sa morale à coups de gourdin franchement évitables (la visite de la prison, par exemple). De plus, le spectateur risque d'être surpris et écœuré par le nombres de CGI mal incrustés, tels que l'avion survolant le stade, ou les dizaines et dizaines de plans de foule, où les personnages ne semblent physiquement pas présents. Enfin, l'on pourra également regretter une certaine redondance dans la mise en scène des matchs de rugby, ainsi que d'un affreux et ridicule abus de ralentis lors de la dernière partie du film.

Quelques petits bémols, donc, qui viennent légèrement entacher le capital de sympathie du long-métrage, mais qui n'enlèvent en rien l'efficacité de sa narration et sa maitrise des émotions.

Bonus

Fiche Pédagogique E-Media

Eastwood y traite l'implication de Nelson Mandela dans la Coupe du Monde de Rugby de 1995, au cours de sa deuxième année de présidence. En choisissant de tout miser sur le sport pour réunir son peuple, Mandela a voulu montrer au monde qu'une nouvelle ère, celle du pardon, celle de "une équipe, un pays", avait commencé en Afrique du Sud.

http://www.e-media.ch/dyn/bin/1108-8761-1-invictus.pdf

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Commentaires

2 commentaires
fiona il y a 6 mois

bonjour ce film est génial il raconte la vie de Nelson Mandela, bon film

Laurent il y a 7 mois

Tournant plus vite que son ombre, Clint Eastwood revient derrière la caméra après le très réussi Gran Torino pour porter à l’écran une adaptation du livre de John Carlin, Playing the enemy relatant l’exploit réalisé par l’équipe de rugby sud-africaine des Springboks lors de la Coupe du Monde de 1995. Nelson Mandela, alors fraîchement élu à la tête du pays, misa le rétablissement de la solidarité et de l’unité nationale sur cet événement sportif.
Loin de constituer un échec total, Invictus (du nom du poème ayant permis à Mandela de survivre en prison) souffre cependant de nombreux défauts le plaçant parmi les œuvres les plus faibles de son réalisateur. En effet, Clint Eastwood applique à son film un académisme à toute épreuve et aligne ses scènes avec le soin du parfait petit écolier. Les séquences se succèdent ainsi les unes derrières les autres, sans générer d’ennui certes, mais sont dépourvues de tout relief, cette platitude se ressentant jusque dans la mise en scène, conventionnelle, fade, inexpressive. L’on comprend bien le parti-pris du metteur en scène de vouloir coller aux faits et de retranscrire l’exactitude des évènements, mais une telle note d’intention n’excuse en rien une mise en scène dépourvue de toute personnalité et surtout de tout point de vue. Par ailleurs, certaines ellipses employées par Eastwood desservent totalement le récit. Ainsi, l’entraînement des Springboks est expédié en deux temps trois mouvements, et l’équipe se retrouve en finale sans que le spectateur n’ait été impliqué de quelque manière que ce soit dans la progression ainsi effectuée par les joueurs, le réalisateur délaissant tout enjeu dramatique, nous laissant ainsi voir sans regarder, entendre sans écouter, en somme, attendre que quelque chose arrive, enfin. Ce sera chose faite à la fin du film, où l’émotion naîtra progressivement à mesure que les secondes séparant les Springboks de la victoire s’égrènent. Eastwood retrouve alors enfin une inspiration dans sa mise en scène, et nous fait pleinement ressentir la liesse d’un peuple fédéré le temps d’un match autour de son équipe.
Cependant, et malgré ses évidents défauts, Invictus se distingue par la clarté de sa narration et la compréhension des évènements relatés. En effet, le film se concentre exclusivement sur l’opiniâtreté avec laquelle Mandela se bat pour son idéal de réconciliation à travers le sport, et ne s’embarrasse pas d’intrigues connexes, qu’elles soient politiques ou individuelles.
Par ailleurs, Morgan Freeman se fond dans le personnage de Mandela avec une (apparente) facilité qui force le respect. Matt Damon, quant à lui, tout en muscles et trapu comme un sanglier, rappelle qu’il est un acteur capable de tout jouer, ce que ses interprétations monolithiques de Jason Bourne (le rôle le voulait) avaient tendance à faire oublier.
Impossible enfin de ne pas souligner la sublime photographie du chef opérateur Tom Stern, compagnon de route de Eastwood depuis Mystic River. En effet, la pâleur des images donne à ces dernières un aspect presque délavé restituant à merveille la luminosité et la chaleur africaines.

En définitive, c’est avec une impression plus que mitigée que l’on ressort de la salle. Ni bon, ni mauvais, le dernier Eastwood est juste moyen. Ce qui, au regard de la qualité de ses œuvres passées, place malheureusement Invictus tout au fond du panier.