Cette semaine

Rechercher

Newsletter

Vous êtes déjà abonné et vous souhaitez vous désinscrire ou modifier votre profil, cliquez ici.

Partenaires

Autres liens

A la une sur le site

Publicité

 

Le territoire des loups (The Grey)

Le territoire des loups (The Grey)
Réalisateur: Joe Carnahan
Acteurs: Liam Neeson, Dermot Mulroney et James Badge Dale
Genre: Aventure, Drame
Pays: USA Durée: 117 mins
Age légal: 14 ans Age conseillé: 14 ans
Distributeur: Elite Film
Date de sortie: 29.02.2012
Critique: Remy Dewarrat
Note: *

Synopsis

Un avion transportant un groupe d'ouvriers envoyés en Alaska pour construire un pipeline s'écrase non loin du site. Ses passagers se retrouvent alors obligés de lutter pour leur survie dans cet environnement hostile, et traqués par une meute de loups...

Galerie

Bande annonce

Image

Critique

Joe Carnahan est un cinéaste que l'on suit avec plaisir malgré un parcours en dent de scie, alternant le très bon et le très mauvais. Après un premier film écrit, réalisé et interprété par lui-même intitulé Blood, Guts, Bullets and Octane, du sang, des trippes, des balle et de l'octane, tout un programme, il déboule avec une bombe très sombre, Narc qui mettait en scène un Ray Liotta en état de grâce. Il enchaîne par un court, Ticker qu'il écrit d'après une idée de Joe Sweet et un concept de David Fincher, et un produit télé, Faceless, soit sans visage. Puis il signe la pire chose de sa carrière, Smokin' Aces, un film tellement foutraque et agressif qu'on l'oublie vite fait. On lui confie alors une grosse machine hollywoodienne, l'adaptation de la série télévisée L'Agence tous risques qui lui permettra en tout cas de rencontrer Liam Neeson, avec qui il se lance dans l'aventure de ce Territoire des loups.

Après une introduction qui nous expose la personnalité du personnage principal et la rudesse de ses compagnons, suivie d'une scène de crash aérien incroyable vécu de l'intérieur de la carlingue, le film ne suit plus qu'un mot d'ordre: survivre. Avec Le Territoire des loups, on s'immerge dans un cinéma d'action différent car, au lieu d'être simplement observateur d'un spectacle hors norme, on ressent ici physiquement l'œuvre. L'hiver et le froid deviennent aussitôt des personnages à part entière et le long métrage fonctionne astucieusement dans une logique triangulaire avec comme sommets respectifs, la nature, les hommes et les loups du titre français. Chapeautant les humains et les canidés, la nature, comportant la géographie du territoire et le climat qui y règne, s'amuse à monter régulièrement les uns contre les autres avec une préférence appuyée pour les loups.

Dans un scope particulièrement magnifié, Carnahan filme à hauteur d'homme mais sans jamais abuser des vues subjectives qu'il utilise parcimonieusement et toujours à propos, comme dans cette séquence haletante du ravin ou celle du torrent. Il opte pour un rythme parfaitement scandé dans lequel il se permet même de prendre son temps, à l'image de ce superbe travelling avant très lent sur le dos d'un personnage vers la fin de l'œuvre. La musique suit le même traitement, elle s'ancre au film de manière intelligemment dosée sans ne jamais chercher à en faire trop. Marc Streitenfeld confirme après Robin Hood qu'il faudra désormais compter sur lui. On se réjouit d'ors et déjà de découvrir sa partition pour Prometheus. On pourrait chipoter sur les loups qui peuvent paraître parfois surdimensionnés, mais, comme il sont traités à l'instar de démons n'ayant aussi qu'une seule préoccupation, survivre, à savoir tuer pour se nourrir, c'est un parti pris logique car ils sont vus par le regard des humains qui les diabolisent en danger absolu. Le travail des équipes chargées des effets spéciaux est d'ailleurs remarquable.

En ce qui concerne l'interprétation, il y a une chose qui frappe très rapidement, l'implication des comédiens dans leur rôle. Pendant toute cette aventure on les sent investis de leurs personnages vivant à l'extrême les mêmes tourments qu'eux. Liam Neeson crève l'écran. Son personnage pourrait être le seul à se résigner et c'est pourtant celui qui mettra le plus de hargne et de conviction à vouloir s'en sortir vivant. C'est aussi grâce à lui que l'on a droit à des flashes back très émouvants en guise de respiration.

Il y a encore une derrière chose à savoir avant de s'installer pour ce voyage qui n'est pas de tout repos, la conclusion n'intervient qu'à la toute fin du générique.

Bonus

Patrick Ramuz ajoute son avis (très favorable) à celui de Remy Dewarrat:

Il tourne il tourne l'Irlandais. Depuis la disparition tragique de son épouse il y a trois ans (l'actrice Miranda Richardson), Liam Neeson enchaîne les projets à un rythme impressionnant, à raison de trois ou quatre par année.  Le problème, c'est qu'à force d'apparaître dans des produits pas très frais (Taken, Le choc des titans…), l'acteur nous avait presque fait oublier à quel point il pouvait être bon.  Souvenez-vous: Maris et femmes, La liste de Schindler, Michael Collins, Dr. Kinsey… A 60 ans, il était grand temps qu'il mette les choses au clair.

On peut donc remercier le réalisateur Joe Carnahan d'avoir offert à notre armoire à glace préférée l'un des meilleurs rôles de sa carrière dans Le territoire des loups, un survival dense et étonnant. Le grand Liam y incarne John Ottway, un chasseur engagé par une compagnie pétrolière en Alaska afin de protéger ses employés. C'est aussi un homme secret, hanté par le souvenir de sa femme et qui estime n'avoir plus rien de bon à apporter sur cette terre.

Le propre du survival est de suivre des personnages perdus dans la nature, puisant au plus profond d'eux-mêmes pour essayer de sauver leur peau. De Délivrance (à ne pas confondre avec son remake, "Délifrance", racontant comment un parisien coincé dans un local a survécu pendant trois ans en ne mangeant que des baguettes jambon-beurre) à 127 heures, en passant par Seul au Monde, le cinéma nous a proposé toutes sortes de variations de ce genre très populaire. Dans Le territoire des loups, les rescapés d'un crash aérien se retrouvent traqués en plein hiver par une meute de loups particulièrement vicieux. 

Une nature hostile. Des hommes crevant de froid et de faim. Des créatures sanguinaires. Liam Neeson en "badass" de service. A priori, rien de très original. Pourtant, l'acteur apparaît d'emblée si chargé d'émotion qu'on se dit qu'il ne laissera pas ce film nous décevoir ; ce territoire des loups, c'est le sien. Une impression confirmée au bout de quinze minutes de film lors d'une scène intense au cours de laquelle Ottway se tient aux côtés d'un homme sur le point de trépasser. En quelques secondes, Neeson fait passer dans son regard une humanité bouleversante qui désarmera le plus coriace des spectateurs. Ce n'est pas un dur à cuir qui se tient devant nous, mais un homme terrifié qui trouve dans la lutte pour sa survie une ultime valeur à sa vie.

Visiblement très inspiré par ses acteurs (les partenaires de Neeson font des merveilles avec des rôles bien minces), Joe Carnahan refuse sagement de céder au spectaculaire et place sa caméra au plus près des visages des personnages. Au fur et à mesure qu'il progresse dans son histoire, il apparaît évident que son sujet n'est pas le combat entre l'homme et l'animal, mais bien le drame personnel vécu par les survivants qui tentent, chacun à leur façon, de trouver la paix avant de quitter ce monde. En traitant de l'acceptation de la mort, The Grey touche au cœur même du genre, comme peu de longs métrages l'ont fait avant lui. Le film prend encore une autre dimension dans ses vingt dernières minutes, tout simplement magnifiques, à l'image de cette séquence dans laquelle l'un des derniers rescapés décide de s'arrêter après plusieurs jours de marche forcée et d'attendre la mort, seul. Carnahan exprime ici une belle sensibilité artistique, à l'opposé de la réputation de cinéaste bourrin qu'il s'est fabriqué lui-même, en parvenant même à retrouver l'élégance radicale des meilleurs drames américains des années 70.

Ce n'est pas souvent qu'un long métrage nous donne bien plus que ce que l'on attendait de lui. Alors n'hésitez-pas à vous laisser surprendre par ce Territoire des loups. Derrière cette apparence de gros bras se cache un film intelligent et sensible, l'un des meilleurs de ce début d'année.

Patrick Ramuz

Vote

30%
20%
0%
10%
40%
Nombre de votes: 10

Ajouter un commentaire

Votre commentaire sera publié dès que nous l'aurons approuvé. Merci de votre compréhension.

Commentaires

2 commentaires
Albus il y a 2 mois

Comme quoi, les goûts et les couleurs...On a deux pros qui encensent le film et un spectateur qui a détesté...Le film qui partage, preuve dans les votes. on aime ces réactions...

Lucie il y a 2 mois

Je me demande encore comment une idée aussi étrange à pu germer dans l'esprit du réalisateur. Ce film n'a pas le moindre intérêt. Les acteurs tournent à vide et se demandent ce qu'ils font dans ce qu'il faut bien appeler un navet. On n'y croit pas une seconde. Le scénario est surréaliste. cette histoire de loups qui attaquent les survivants d'un avion qui s'est écrasé dans la neige en Alaska est bien ennuyeuse. Ce pauvre Liam Neeson nous avait habitué à mieux. On ne peut même pas dormir car c'est très bruyant. Si malgré cela, vous avez envie d'aller voir ça, restez bien jusqu'à la fin du générique... ce serait dommage d'avoir subi tout ça sans voir la fin.