Film

Gran Torino Gran Torino (v.o)

Date de sortie 25.02.2009
Durée 111 minutes
Age 12/12
Pays
Distributeur Warner Bros. France
Genre Drame
Réalisateur Clint Eastwood
Acteur Christopher Carley Arthur Cartwright Brooke Chia Thao [+]
Note CLAP.CH
 
4/5
Note du public
 
5/5

Synopsis

Walt Kowalski est un ancien de la guerre de Corée, un homme inflexible, amer et pétri de préjugés surannés. Après des années de travail à la chaîne, il vit replié sur lui-même, occupant ses journées à bricoler, traînasser et siroter des bières. Avant de mourir, sa femme exprima le voeu qu'il aille à confesse, mais Walt n'a rien à avouer, ni personne à qui parler. Hormis sa chienne Daisy, il ne fait confiance qu'à son M-1, toujours propre, toujours prêt à l'usage...
Ses anciens voisins ont déménagé ou sont morts depuis longtemps. Son quartier est aujourd'hui peuplé d'immigrants asiatiques qu'il méprise, et Walt ressasse ses haines, innombrables - à l'encontre de ses voisins, des ados Hmong, latinos et afro-américains "qui croient faire la loi", de ses propres enfants, devenus pour lui des étrangers. Walt tue le temps comme il peut, en attendant le grand départ, jusqu'au jour où un ado Hmong du quartier tente de lui voler sa précieuse Ford Gran Torino... Walt tient comme à la prunelle de ses yeux à cette voiture fétiche, aussi belle que le jour où il la vit sortir de la chaîne.
Lorsque le jeune et timide Thao tente de la lui voler sous la pression d'un gang, Walt fait face à la bande, et devient malgré lui le héros du quartier. Sue, la soeur aînée de Thao, insiste pour que ce dernier se rachète en travaillant pour Walt. Surmontant ses réticences, ce dernier confie au garçon des "travaux d'intérêt général" au profit du voisinage. C'est le début d'une amitié inattendue, qui changera le cours de leur vie.
Grâce à Thao et sa gentille famille, Walt va découvrir le vrai visage de ses voisins et comprendre ce qui le lie à ces exilés, contraints de fuir la violence... comme lui, qui croyait fermer la porte sur ses souvenirs aussi aisément qu'il enfermait au garage sa précieuse Gran Torino...

Clint Eastwood

Christopher Carley

Arthur Cartwright

Brooke Chia Thao

Clint Eastwood

Brian Haley

Cory Hardrict

Ahney Her

Brian Howe

Geraldine Hughes

John Carroll Lynch

Doua Moua

Elvis Thao

Bee Vang

Dreama Walker

Critiques

| Lundi 23 février 2009
 
Dirty Clint. Quelques mois à peine après The changeling (L'échange), le stakhanoviste Clint Eastwood nous livre son nouvel opus, et revient pour l'occasion devant la caméra (pour la dernière fois, selon les dires de l'intéressé). Et prouve à nouveau qu'il est l'un des metteurs en scène les plus précieux qu'ait connu Hollywood. Gran Torino, c'est l'histoire d'un homme et de son démon. Et de la façon dont l'un va se débarrasser de l'autre. Dans la peau de Walt Kowalski, Eastwood campe un personnage dont les traits de caractère empruntent à certaines de ses incarnations passées. On peut en effet y retrouver un brin de Harry Callahan (L'inspecteur Harry), une once de Red Garnett (Un monde parfait), ou encore un soupçon de William Munny (Impitoyable). Hanté par un drame passé, Kowalski va chercher à se racheter, à expier une faute qui a brisé sa vie, et à retrouver ainsi la paix. Le thème n'est certes pas nouveau (l'homme en proie à ses démons intérieurs a nourri l'histoire du cinéma, y compris dans la filmographie passée d'Eastwood), mais le traitement a l'immense mérite de se démarquer de ses prédécesseurs. En effet, le metteur en scène se rue dans les brancards du politiquement correct avec un plaisir des plus jubilatoires. A l'image de ces nombreuses lignes de dialogues, moqueries et joutes verbales mettant en jeu l'origine ethnique des différents protagonistes (Italien, Irlandais, Noirs, Polonais, Asiatiques, en prennent tous pour leur grade). Mais jamais les personnages ne glissent dans le racisme, car il y a toujours entre eux un profond respect mutuel (voir pour cela la scène-clé de l'initiation chez le coiffeur). Kowalski lui-même n'est pas raciste (contrairement à ce que l'on peut lire ici et là), ses insultes envers ses voisins asiatiques n'étant qu'une conséquence de son expérience dramatique durant la guerre de Corée, et la progression du personnage révélant sa véritable nature.

Cependant, l'énorme potentiel émotionnel du film est malheureusement désamorcé dans son final par une mise en scène approximative. On a le sentiment que le réalisateur ne savait pas trop comment filmer l'issue de son film. En effet, la caméra, dans ce final au demeurant inattendu, ne s'attarde pas suffisamment sur l'entourage de Kowalski, sur les visages, sur les émotions, et traite l'évènement avec une neutralité brouillonne regrettable.

Malgré cette réserve qui ampute l'impact final de l'histoire, Gran Torino demeure néanmoins un film d'une très grande richesse narrative, en même temps qu'une mise en perspective des personnages incarnés par Eastwood tout au long de sa carrière. Et le film de révéler une fois de plus à quel point les aveugles qui n'ont cessé de taxer Eastwood de fasciste étaient depuis toujours dans le faux.
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