Film

Verso Verso (v.o)

Date de sortie 03.03.2010
Durée 0 minutes
Age 16/16
Pays
Distributeur
Genre Thriller
Note CLAP.CH
 
4/5
Note du public
 
2.8/5

Synopsis

Absorbé par son travail, Alex (Laurent Lucas) entretient des relations difficiles avec son ex-femme et sa fille Lou (Chloé Coulloud). Alors que son ancien ami d'enfance et co-équipier Victor (Carlos Leal) sort de prison, Alex est rattrapé par son passé. Alex ayant témoigné contre Victor, Alex craint la vengeance de Victor. Dès sa libération, Victor est engagé comme homme de main par Ceku, le parrain de la mafia locale. Alex décide alors de le filer et s'engage à grand pas dans une voie sans issue. Entre justice, rédemption et une réalité crue, VERSO traite aussi bien de la face cachée de ces deux hommes que celle de Genève, réputée pour sa tranquillité et sécurité.   
Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 1 mars 2010
 
Neuf ans après son premier long métrage, le Genevois Xavier Ruiz, qui n'est pas resté les bras croisés, mais a produit un grand nombre d'objets audiovisuels, nous livre Verso, sa deuxième réalisation. Son titre pertinent évoque l'autre côté de la carte postale avec jet d'eau et quais fleuris, en se focalisant sur l'univers sombre de sa ville natale.

Ce polar très réaliste suit le parcours d'un policier d'élite genevois en pleine crise existentielle. Interprété par Laurent Lucas, ce dernier croise sur sa route un ancien collègue tombé pour corruption au moment de sa sortie de prison. L'affrontement devient inévitable. Xavier Ruiz nous emmène dans un voyage, loin de toute promenade de repos en nous faisant découvrir la vie nocturne de Genève. On fréquente les bars à prostituées, les dealers et les coins les plus glauques de la Mecque financière romande. Le réalisateur fait preuve d'un véritable travail d'entomologiste en observant son petit monde, comme un chercheur à travers son microscope, en émaillant son film de scènes magnifiquement filmées en hélicoptère, ses personnages devenant littéralement des fourmis observées en permanence. Mais attention, Verso n'est pas un film de facture hollywoodienne comme on pourrait le croire, car il va plus loin que la simple enquête policière bourrée d'action de gros bras, il nous donne à voir une réalité que l'on montre rarement dans le cinéma suisse en mettant le doigt sur un aspect peu reluisant du pays des montres, du chocolat et des banques.

Bercé par la culture hip-hop, Xavier Ruiz confie deux rôles principaux à deux stars du rap helvétique, Stress en dealer violent et sans morale et Carlos Leal en ancien flic véreux. Stress convainc parfaitement et dévoile ici une autre facette de son travail artistique. Quant à Leal qui fait maintenant une brillante carrière d'acteur en tenant la vedette d'une série espagnole intitulée El internado, après avoir joué dans Casino Royale et Etreintes brisées, il explose littéralement dans ce film. Il prend son personnage par les tripes et nous offre un Victor Preiswerk d'une très grande ambiguïté, avec en point d'orgue un flash back d'une violence incroyable où il se donne corps et âme de manière époustouflante. Malgré quelques banalités dans l'écriture de certains personnages secondaires à la limite du cliché, Verso est un film à voir pour sa rage, sa crudité et sa peinture peu conventionnelle. 
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Votre avis sur ce film:
 

Yavin | 01.02.2010 20:41
"Je peux vous l’assurer, et la police me l’a confirmé: tout est vrai", assure Xavier Ruiz, à longueur d'interview. On veut le croire... A coup d'images chocs, de dope en masse, de flics en mode SWAT, de gamins perdus et de banditisme à tous les coins de rues, on finit par se croire un pied à Los Angeles. De cette réalité un brin surpassée, l'intérêt du film en prend un coup. Un scénario parfois désordonné ajoute à la confusion qui peut entourer le spectateur. "Verso" n'en reste pas un moins un très bon polar, très noir, qui révèle une facette obscure de la cité de Calvin. Techniquement irréprochable (certains passages sont très lynchiens), le film séduit par son rythme tendu, servi par une très bonne distribution. Le premier à l'esprit est évidemment Carlos Leal, parfait dans son rôle d'écorché. Laurent Lucas ne démérite pas non plus, en pilier d'une société mal foutue, qui finira par le bouffer. Film suisse à l'américaine? Film américain à la suisse? L'aspect cogneur et rugueux du récit va en déstabiliser plus d'un. Qu'importe, le message du film est des plus clair.