Film

L'Odyssée de Pi Life Of Pi (v.o)

Date de sortie 19.12.2012
Durée 125 minutes
Age 10/12
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Fox
Genre Drame , Aventure
Réalisateur Ang Lee
Acteur Adil Hussain Irrfan Khan Suraj Sharma
Note CLAP.CH
 
3.8/5
Note du public
 
2.6/5
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Synopsis

Après une enfance passée à Pondichéry en Inde, Pi Patel, 17 ans, embarque avec sa famille pour le Canada où l’attend une nouvelle vie. Mais son destin est bouleversé par le naufrage spectaculaire du cargo en pleine mer. Il se retrouve seul survivant à bord d'un canot de sauvetage. Seul, ou presque... Richard Parker, splendide et féroce tigre du Bengale est aussi du voyage. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera vivre une odyssée hors du commun au cours de laquelle Pi devra développer son ingéniosité et faire preuve d’un courage insoupçonné pour survivre à cette aventure incroyable.

Ang Lee

Adil Hussain

Irrfan Khan

Suraj Sharma

Critiques

Max Borg | Lundi 17 décembre 2012
 

POUR

La notion de roman impossible à adapter à l’écran a-t-elle encore un sens ? On se pose cette question puisque plusieurs exemples de tels textes ont été adaptés ces dernières années, et avec pas mal de succès. Rien qu’en 2012, on a eu droit, il y a sept mois, au sublime Cosmopolis de David Cronenberg, et voilà que, à la fin de l’année, on peut admirer la nouvelle preuve du génie narratif et visuel du cinéaste asiatique Ang Lee, qui revient sur nos écrans avec L’odyssée de Pi, tiré du livre éponyme, et soi-disant inadaptable, de Yann Martel.

En fait, le projet de transformer la prose de Martel en film a subi des nombreux retards en raison des réalisateurs qui ont été séduits par l’idée pour l’abandonner par la suite : M. Night Shyamalan, Alfonso Cuaròn et Jean-Pierre Jeunet rentrent dans cette catégorie. Leurs doutes sur la réussite du projet sont tout à fait compréhensibles : comment rendre passionnante, pendant deux heures, l’histoire d’un naufrage où le seul survivant, le jeune Pi (Suraj Sharma), interagit avec un tigre ? Comment montrer cette relation de manière convaincante, sachant que l’utilisation d’un vrai animal serait presque impossible ? Et comment garder, sans les banaliser, les discours de l’écrivain autour de la vie, la religion et la philosophie ? C’est le défi multiple relevé par Lee, dont l’amour pour les projets difficiles est évident dans Hulk ou Brokeback Mountain. Il a réussi dans cette entreprise grâce à deux éléments en particulier : l’évolution des effets spéciaux numériques et l’idée de tourner le film en 3D.

Pour ce qui concerne le premier élément, cela a permis de donner vie à un tigre en images de synthèse qui, à l’instar d’un Gollum ou d’un Hulk, devient un véritable personnage, aussi charismatique que l’humain Pi, qu’il s’agisse de la version jeune ou âgée (Irrfan Khan). C’est leur relation qui donne à Lee et au scénariste David Magee la possibilité d’explorer les thèmes centraux du roman, à savoir la foi, le destin et le courage, avec une honnêteté touchante. Quant au relief, il accroit le côté plus ouvertement fantastique de l’histoire, tout en gardant un statut qui va au-delà du simple instrument d’attraction, en ajoutant une profondeur non seulement aux images mais aussi au message principal du film.

L’odyssée de Pi est donc un récit incroyablement beau, au niveau narratif aussi bien que visuel : accessible, séduisant et très intelligent en même temps, c’est une aventure peut-être moins spectaculaire que ce qu’on voit dans Le Hobbit de Peter Jackson, mais pas pour autant moins enrichissante. On craignait, vu les résultats de Lust, Caution et Taking Woodstock, qu’Ang Lee s’était égaré. C’est donc très apte qu’il ait choisi un sujet pareil pour renforcer la foi des cinéphiles.


Minnie Equey | Lundi 17 décembre 2012
 

CONTRE

Le voyage de l'Odysée de Pi qu'offre Ang Lee est l'adaption du best-seller de Yann Martel sorti en 2001. Ce dernier a accepté l'adaption cinématographique pour qu'un autre langage puisse donner vie à son livre.

Si plusieurs réalisateurs étaient pressentis pour l'adaptation de ce film notamment M. Night Shyamalan ou encore Jean-Pierre Jeunet, c'est finalement à Ang Lee (parfois orthographié Ang Li) que la tâche a été confiée. Ce dernier dont c'est la première réalisation en 3D déclara à ce sujet que "C’est quelque chose que je ne connaissais pas, et il s'agit pour moi d'une nouvelle forme artistique, d'un nouveau média. La 3D permet de voir à l’intérieur des choses, et c'est ce qui m'a intéressé".
Un film d'une grande beauté visuellement parlant mais qui hélas s'essouffle par un scénario basique. Le choix d'un casting international donne une possibilité de mélange de cultures. Le jeune Suraj Sharma campe le rôle de Pi Patel jeune. Ce dernier porte à lui seul l'entier du film. La prestation d'Irrfan Khan et Tabu (connus des fans de Bollywood et/ou autres films indiens) sont en parfaite adéquation avec leur personnage.
Mais si la beauté des images et de la musique est indéniable, Ang Lee donne à cette réalisation un manque de souffle et une certaine lenteur. La mise en place des scènes ne fait qu'accentuer un certain ennui. Même les moments de face-à-face entre le jeune PI et le Tigre ne donnent pas l'occasion aux spectateurs de s'émerveiller devant une telle créature. Il faut dire que cette dernière a été crée numériquement. Il aura fallu d'ailleurs plus d'une quinzaine de personnes pour donner vie à cet animal.
Peut-être que là est la faute d'Ang Lee. Avoir créer des animaux virtuels ne permet pas de s'imprégner dans cet univers qui se veut magique et troublant.
Un très beau film mais malheureusement long, trop long. Peut-être servi par une 3D pas vraiment utile. Un film qui ravira les fans du réalisateur.
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Votre avis sur ce film:
 

Laurent | 27.01.2013 17:14
 
Un film sympa haut en couleur et admiratif au niveau des paysages. Très spirituel, parfois un peu trop, il aborde des thématiques trop proches des religions (et non des croyances) à mon sens. Heureux qu'Ang Lee ait fait ce projet (moyennement réussi donc), en lieu et place de Jean-Pierre Jeunet que je n'admire plus depuis quelques années. Irrfan Khan (acteur très reconnu à Bollywood) gère très bien son rôle. Mais que fait l'acteur français dans ce film ? Et pourquoi donc avoir autant utilisé d'effets spéciaux envers les animaux qui ne sont pratiquement pas crédibles ? Certaines prises de vues m'auraient d'autant plus touché si la réalité en aurait été imprégnée... Dommage, d'autant plus que ce type de film crée le chômage pour le tous les dresseurs spécialisé-e-s.

Matias Sancho | 09.01.2013 10:00
 
Se lancer dans une critique d’une œuvre telle que celle réalisée par Ang Lee n’est pas chose aisée. Tant d’images et de sons se bousculent dans notre esprit qu’il est difficile de faire le tri dans cette orgie visuelle de plus de deux heures. Alors le premier mot qui nous vient à l’esprit est émerveillement. Emerveillement de refaire connaissance avec des sensations que le cinéma américain d’aujourd’hui a malheureusement tendance à détruire à l’aide des gros blockbusters. Des sensations visuelles, sonores, odorantes, palpables et presque gustatives qui nous plongent dans un univers fantastique et pourtant ô combien si proche d’une certaine forme de réalité. Une ode au cinq sens, un hymne à la vie, à la survie en milieu hostile, un rappel cruel de la désillusion qui régit les rapports entre l’homme et le règne animal, un plaidoyer vibrant à la croyance religieuse et à l’imaginaire d’un adolescent bafoué sur la crédibilité de son histoire. Démarrant en trombe sur un générique d’une beauté visuelle et sonore éblouissante réconciliant l’homme avec l’animal, Life Of Pi est probablement la plus grande claque visuelle qu’il m’ait été donné de voir depuis « La Ligne Rouge » (The Thin Red Line) de Terrence Malick. A l’exception près que Malick lui n’avait pas eu recours aux effets visuels pour mettre en image les paysages sublimes de son chef-d’œuvre. Mais il n’est nullement question de comparer les deux œuvres d’un point de vue visuel car quatorze ans les séparent. Et comme il faut savoir évoluer avec son temps au cinéma, passage à la projection numérique oblige, Ang Lee, précédent réalisateurs de deux monuments du 7ème art tels que le triplement oscarisés « Brokeback Mountain » et probablement meilleur film d’art martiaux « Tigre et Dragons », réussit le tour de force de développer une identité visuelle propre à son film, faisant oublier l’abyssale quantité d’effets spéciaux utilisés tout au long du récit. Car ici, il ne s’agit pas de faire la promotion des effets spéciaux et du grand spectacle comme s’use à le faire le pathétique Michael « Transformers » Bay dans toute sa pitoyable filmographie mais d’utiliser des effets spéciaux qui se mettent au service de l’œuvre et de son réalisateur. Ceci afin d’éveiller dans l’esprit du spectateur et des réalisateurs hollywoodiens qu’à l’aube de 2013, il est possible de voir un film bourrés d’effets visuels et pourtant si proche d’une réalité qui nous tend la main. Et en tête, que dire de l’animation complètement bluffante du tigre de Bengale (on vous met au défi sur certains plans de définir si le tigre est animé ou sous les ordres d’un dresseur imaginaire) qui, à la suite d’un naufrage, élit domicile dans la barque habitée par le jeune héros du film. Leur histoire, emprunte de rugissements féroces, de défis visuels, yeux dans les yeux, de compassion mutuelle dans leur malheur range ce couple cinématographique auprès des plus belles et tristes histoires d’amitié du cinéma. Ménage à deux sur la barque... Les décors, enfin, d’une richesse des couleurs rarement égalée, sont flamboyants, d’un réalisme époustouflant et servent avec grand propos l’identité visuelle si chère à Ang Lee. Le réalisateur traite aussi avec brillo la question de la religion, de la croyance en toute forme de dieux et il est important de mentionner que cette démarche n’est absolument pas incommodante comme l’avait maladroitement traité le très estimé Malick dans son « Tree of Life ». Le héros du film fait d’ailleurs souvent allusion à Dieu, quand les éléments naturels se déchainent, d’une manière jubilatoire intense, proche de la folie et d’une mort certaine qui lui tend les bras. Oublier de parler de la musique somptueuse aux accents indiens (pour autant qu’on aime les sons zens) serait un crime tant celle-ci accompagne avec douceur et délicatesse chaque séquence du film rappelant au passage qu’Ang Lee avait déjà reçu un oscar pour la meilleure musique de film dans « Brokeback Moutain ». Au final, même si certains pourraient être décontenancés par le coté peut-être un peu kitsch de certains paysages hyper-colorés (mer reflétant le ciel, baleine phosphorescente, etc), Baleine prête à sauter... Des plans aquatiques immersifs... on ne peut que saluer le talent du réalisateur d’avoir su assembler avec équilibre tous les éléments précédemment cités pour faire de son œuvre, un film référence dans l’esprit d’aventure à voir et à bientôt posséder en version BlueRay pour en redécouvrir toutes les richesses cachées qu’il contient.

Charlotte | 05.01.2013 19:16
 
Je vous déconseille ce film que j'ai trouvé bien ennuyeux: il y a au moins une heure de film de trop. La 3D est ratée. Les images sont belles malgré les images numériques complètement ratées.

Jango | 02.01.2013 12:00
 
Je crois qu'il y a un gros problème parmi les critiques de "Clap.ch". "L'Odyssée de Pi" est un superbe film, plein de poésie. La 3D est magnifique ! Pourtant je ne suis pas un fan de la filmographie de Ang Lee.

Julie. | 01.01.2013 14:59
 
Ennuyeux. Et les effets spéciaux sont trop visibles pour qu'on y croit. Bref, ce film est raté pour moi et l'énorme battage médiatique n'y change rien.

Albus | 28.12.2012 06:00
 
De belles images et une jolie histoire effectivement. Mais un peu longuet et casse pas des briques.A voir en famille. Mais pas avec des trop jeunes car le désintérêt se fait vite sentir de par le blabla et la longueur du film.

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