Film

Noé Noah (v.o)

Date de sortie 09.04.2014
Durée 138 minutes
Age 14/14
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Universal
Genre Drame , Péplum
Réalisateur Darren Aronofsky
Acteur Jennifer Connelly Russell Crowe Anthony Hopkins
Note CLAP.CH
 
2.3/5
Note du public
 
1.2/5
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Synopsis

Oscar® du meilleur acteur, Russell Crowe est Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

Darren Aronofsky

Jennifer Connelly

Russell Crowe

Anthony Hopkins

Critiques

Max Borg | Lundi 7 avril 2014
 

POUR

Darren Aronofsky: génie visionnaire ou mégalomane auquel on ne devrait plus jamais confier des grosses productions? La question avait déjà été posée en 2006, lorsque The Fountain fut vu comme un chef-d'oeuvre par certains, un navet sans rédemption par d'autres. Des réactions similaires circulent actuellement autour du nouveau blockbuster, si on veut, signé par Aronofsky: Noah, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre par rapport à sa manière d'adapter le texte biblique dont il est issu, ce qui aurait engendré plusieurs polémiques au sein de différents organisations religieuses.

Il est vrai que Noah ne ressemble pas trop à d'autres produits dans la même famille, qu'il s'agisse des Dix commandements de Cecil B. DeMille, des différents Passions du Christ mises en images par Martin Scorsese et Mel Gibson, ou encore de la minisérie télévisée The Bible, produite par History Channel et récemment modifiée pour une sortie en salle, avec le titre Son of God (actuellement inédit en Suisse). Au niveau esthétique, le paysage rappelle plutôt la trilogie Mad Max, également évoquée dans le conflit entre Noé (Russell Crowe) et le "roi" Tubal-Cain (Ray Winstone). Quand il s'agit de raconter visuellement la Genèse, en ne mentionnant jamais le mot "Dieu" (on dit toujours "le Créateur"), la séquence ne serait pas hors place dans une émission scientifique. Et quand il faut montrer le fameux déluge, Aronofsky prouve qu'il est aussi capable de mettre en images la destruction totale que le serait Roland Emmerich. La différence, c'est que ce dernier n'aurait pas grand-chose à proposer avant et après avoir tout cassé.

Noah serait donc plutôt un film-catastrophe qu'une adaptation biblique au sens strict du terme, avec en plus un message "écologique", Aronofsky n'ayant jamais caché l'importance jouée par la protection de l'environnement dans sa décision de tourner le film. Pourtant, alors qu'il parle sans cesse de la sauvegarde des animaux, qui sont d'ailleurs tous fabriqués avec des images de synthèse, Noé reste le centre du récit, qui ne renonce jamais à son regard attentif à l'élément humain. Russell Crowe, dans un rôle difficile et contredictoire, montre très bien la faiblesse, mais aussi la détermination, de l'homme, et reste convaincant même quand le metteur en scène décide de le faire ressembler physiquement à John Huston, qui joua le même personnage dans son adaptation de La bible, en 1966. A ses côtés, Jennifer Connelly (l'épouse), Emma Watson (la fille adoptée) et Anthony Hopkins (le grand-père) complètent un portrait de famille chaotique mais touchant.

En somme, ceci n'est pas un film qui convaincra tous les spectateurs, mais il y a quelque chose pour tous: une adaptation assez originale du texte biblique, un beau récit humain, un film de genre ambitieux, un divertissement spectaculaire (en 3D, en plus). Même quand il est censé échouer, Aronofsky reste un cinéaste avec beaucoup de choses à offrir.


Remy Dewarrat | Lundi 7 avril 2014
 

CONTRE

Mon Dieu! Avait-on vraiment besoin de cela? Darren Aronofsky essaie lamentablement de faire le portrait de l'humanité au travers de ce patriarche biblique, qui par ordre divin, rejette son espèce pour sauver les animaux qui devraient, selon la prophétie, repeupler la terre lavée des péchés des hommes par un déluge dantesque, sans la présence de cet être nocif qu'est l'humain. A l'heure où pullulent sur internet des amis des animaux devenus plus débiles que jamais en préconisant, pour certains, la peine de mort à quiconque lève la main sur ces êtres si charmants, si innocents, ce film devrait leur convenir parfaitement, même si la fin, dans un coup de théâtre digne des plus hautes sphères célestes (Ne dit-on pas que les voies du Seigneur sont impénétrable?) réhabilite l'homme et la femme au travers de la naissance de jumelles, symbolisant l'avenir de l'espèce et grâce à l'ivresse de Noé qui redescend les pieds sur terre.

Rien ne nous est épargné, de la colombe en synthèse, avec un rameau d'olivier dans le bec en passant par un serpent hideux, en synthèse aussi, en guise d'image du mal. Le long métrage du réalisateur du traumatisant Requiem For A Dream (Que lui est-il arrivé pour atteindre une telle médiocrité?) ravira les culs bénis qui ont la Bible comme livre de chevet et qui s'y réfèrent au moindre pet de travers, mais devrait horripiler ceux qui ont la présence d'esprit de penser par eux-mêmes, et non en se référant à des croyances niaises et bêtement dangereuses.

On entend déjà dire ici ou là: «Quel spectacle magnifique, ce déluge, ces luttes épiques, cette imagerie divine, etc.» Mais, même si l'écrin est agréable à contempler, c'est son contenu qui fait toute sa substance et ici c'est le néant, fait de clichés aussi vieux que Mathusalem le grand-père de Noé, rendu ridicule par l'interprétation sans conviction d'un Anthony Hopkins plus mauvais que jamais. A le voir chercher des baies et rendre la fiancée de son petit-fils féconde, alors qu'elle est vouée à ne jamais engendrer, d'un geste de la main, on est tellement estomaqué par tant de crétinerie que l'on a même pas la force de s'esclaffer, tellement on n'y croit pas, tellement on est affligé pour tous ceux qui ont participé à ce naufrage, mais que voulez-vous ma bonne dame, il faut bien travailler pour gagner sa croûte.

Dans le rôle titre, Russell Crowe fait ce qu'il peut, mais l'entreprise est tellement vouée à l'échec qu'il ne convainc qu'à moitié. Cela passe quand il joue le suppôt de Dieu prêt à tout pour son maître, contre sa propre race, mais il touche au pathétique dans la dernière demi-heure de cette nouvelle erreur hollywoodienne quand il réussit en quelques jours seulement à cultiver de la vigne et à s'ennivrer. 

La Mecque du cinéma américain est vraiment en train d'atteindre son déclin en se vautrant dans des mythologies à deux balles qui oscillent entre des super héros de pacotilles tout juste bons à émoustiller des garçonnets de dix ans, des vulgarités innommables dont l'intérêt réside à toujours en faire plus dans la surenchère, des mièvreries bonnes pour les aficionados des nombreuses sectes de développement personnel, prônant l'égocentrisme comme maître-étalon ou, comme ici, des adaptations d'une religion qui a prouvé maintes fois qu'elle était plus nocive pour la santé mentale que salutaire.

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Lavardin | 10.11.2014 21:40
 
LA daube de l'année ! Je n'en ai pas cru mes yeux. Comment peut-on sortir un film pareil en 2014. Litanie de poncifs, de références bibliques au vin de messe portées par un Russell Crowe qui aurait vraiment dû en rester à LA Confidential. Le sommet est atteint avec Mathusalem, alias Sir Anthony Hopkins. Fuyez pendant qu'il en est encore temps !

Minnie | 21.04.2014 23:00
 
Cette version hollywoodienne de ce "mythe" biblique n'est que nausée absolue… Russell Crowe n'est plus que l'ombre de lui-même, Jennifer Connelly est fidèle à elle-même, Emma Watson aurait mieux fait de retrouver sa baguette magique pour vite oublier le contrat la liant à cette daube cènique. Des FX frisant le ridicule, une histoire peut-être véridique mais tellement mal maitrisée que cela en fait mal à ma foi (que je n'ai pas entre nous soit dit). Une longueur infinie qui n'apporte rien au métrage… Bref, pour ceux et celles qui veulent bien y croire, ce film sera certainement un moment enchanteur; pour les autres dans mon cas, il ne sera qu'un nouveau film à oublier et le plus vite serait le mieux...

vincenzobino | 18.04.2014 19:04
 
Je suis sorti de la salle avec cette question: comment puis-je noter ce que je viens de voir? -dois-je m'en référer a la version biblique et m'horripiler de l'interprétation du Déluge libre, comme seule Hollywood sait le faire? -Dois-je rire (jaune) des "gardiens", copies conforme des Emts de Tolkien, du Déluge a proprement parler décevant visuellement parlant (même la scène de la Mer rouge des 10 Commandements était davantage réussie) et de la morale familiale a (presque ) 2 balles? N'ayant pas les réponses, j'en suis ressorti avec la tête lourde (une migraine ne me ferait pas moins mal) et une frustration absolue, même si Arofonosky nous gratifie d'une assez bonne analyse du comportement humain. A éviter en cas de mal de tronche ou après une soirée arrosée, sinon a vous de voir...