Film

Only God Forgives Only God Forgives (v.o)

Date de sortie 29.05.2013
Durée 90 minutes
Age 16/18
Pays Danemark (Danmark) , France
Distributeur Frenetic
Genre Drame
Réalisateur Nicolas Winding Refn
Acteur Gordon Brown Ryan Gosling Kristin Scott Thomas
Note CLAP.CH
 
3/5
Note du public
 
2.5/5
  Voir la bande annonce

Synopsis

Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2013.

À Bangkok, Julian, qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue.
Sa mère, chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers.
Julian devra alors affronter Chang, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics …

Nicolas Winding Refn

Gordon Brown

Ryan Gosling

Kristin Scott Thomas

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 27 mai 2013
 

CONTRE

Avec son nouveau film, Nicolas Winding Refn s'interroge sur le bien et le mal: vaste question existentielle à laquelle il propose une réponse pour le moins sournoise. Il y a malheureusement plusieurs films dans ce Only God Frogives et entre autres, un polar caricatural par ses personnages et ses situations, une réflexion sur la filiation qui sombre aussi dans l'éxagération, un film d'action hommage au cinéma asiatique qui abuse de ses astuces de mise en scène, avec surtout l'usage systématique du ralenti. Et comme bien souvent dans le cercle populaire de cette cinématographie, un peu vite surestimée par une nouvelle génération de cinéphiles, Nicolas Winding Refn tombe très vite dans l'énormité et la surenchère, signant du coup une oeuvre esthétisante au lieu d'être esthétique, bourrée de tics agaçants.

Sa Famille de maffieux américains oeuvrant à Bangkok tient presque de la parodie tellement il appuie sur le clou pour nous faire comprendre sa veulerie, elle est à l'image de Kristin Scott Thomas qui en fait beaucoup trop: extrême. On sent que le cinéaste s'essaie à la tragédie grecque, mais cela ne prend pas du tout. Il se perd dans une longue réflexion métaphysique sur la violence qui tient plus de l'intellectualisme de salon, que d'une oeuvre digne de ce nom.

Il essaie aussi de nous plonger dans l'esprit torturé du fils incarné par Ryan Gosling grâce à une métaphore de longs couloirs disparaissant dans la pénombre, mais là encore, le soufflé retombe vite, tellement on a l'impression de se retrouver dans Shining de Stanley Kubrick, et Cliff Martinez en rajoute une couche en rappelant par sa composition les univers de Ligeti ou Penderecki. Du coup, le film perd de sa personnalité et devient beaucoup trop référentiel, et la référence peut devenir le pire ennemi de la créativité.

Il reste le personnage interprété par Vithaya Pansringarm, celui-là même qui fascine le spectateur. Et on parle bien de fascination et non d'empathie. Malgré tous les artifices pour nous faire croire que cet homme mystérieux pourrait être une créature surnaturelle, il s'agit bel est bien d'un être vivant ancré dans le réel, responsable du bien-être d'une petite fille. Ce personnage passionne car il représente la réponse que le bien donne au mal. Et c'est un peu là que le bât blesse, car sa méthode consiste à utiliser exactement la même arme que son ennemi: la violence expéditive.

Peut-on parler d'un ange exterminateur comme par exemple dans les films de Jodorowsky à qui Only God Forgives est dédié? Pas vraiment car contrairement au cinéaste chilien qui fait de ces figures centrales des êtres relativement égoïstes, solitaires, à la limite du fantastique, le Danois Refn fait du sien, un homme avec un statut social et qui agit pour le bien de la communauté qui le vénère. Et c'est là que le film devient sournois car il laisse clairement sous-entendre que la réponse et la question existentielles qui ont donné naissance à ce long métrage trop prétentieux se résument à un seul mot: violence. De là, à dire que seule la violence peut combattre la violence, il y a un pas que le film, sans pour autant le marteler, franchit très clairement.


Max Borg | Lundi 27 mai 2013
 

POUR

Autant le dire tout de suite: ceux qui s'attendent à une suite spirituelle de Drive resteront deçus. Il a beau avoir été promu comme tel, vu la présence de Ryan Gosling dans le rôle principal, l'accent mis sur la représentation de la violence et la première mondiale dans le cadre de la compétition officielle du Festival de Cannes, mais le nouveau film de Nicolas Winding Refn est quelque chose de différent. Cela explique peut-être les réactions négatives d'une partie de la presse internationale lors de la projection cannoise: à la place d'un nouveau Drive, ils ont eu droit à Only God Forgives, descendant d'un autre film "bizarre" de Refn, à savoir Valhalla Rising.

Gosling campe toujours un criminel silencieux, mais cette fois dans le milieu des combats clandestins à Bangkok plutôt que celui des braquages en voiture à Los Angeles. Le récit, si tel on peut le définir, est déclenché lorsque le frère de Julian (le personnage de Gosling) est brutalement tué avec la complicité de la police locale. Peu importe qu'il ait violé et tué une jeune fille; selon sa mère (Kristin Scott Thomas), Julian doit venger la mort de son ainé, ce qui n'est pas facile lorsqu'on est confrontés à un flic (Vithaya Pasringarm) qui s'amuse à mutiler ses victimes avec une katana...

En lisant simplement le synopsis, il serait légitime de croire que la structure de ce film ne diffère guère de celle de Drive. Pourtant, ce dernier était inspiré de l'oeuvre de Walter Hill et Martin Scorsese, tandis qu'Only God Forgives a d'autres origines: le générique mentionne explicitement Alejandro Jodorowsky, auquel le film est dédié, et des noms tels que David Lynch ou Stanley Kubrick sont évoqués dans l'utilisation de la musique, la précision du cadrage ou encore la présence primaire des scènes de rêve, qui prennent le dessus par rapport à la narration classique.. Kubrick avait d'ailleurs postulé que la vision d'un film était une expérience comparable à celle d'un rêve. Dans le cas de Refn, Only God Forgives est l'équivalent cinématographique d'un cauchemar: sombre, violent et difficile à oublier.

Il s'agit d'une oeuvre radicale et frustrante, certes, mais ses défauts apparents sont en fait un élément essentiel de sa séduction envers le spectateur. Sous son extérieur froid et impénétrable se cachent une réflexion intéressante sur la violence et un portrait troublant de la famille américaine, véhiculés à travers un voyage onirique dans les coins les plus sombres d'un pays, de l'esprit humain et du septième art. Certains aimeront, d'autres vont détester: quelle que soit la réaction du public, il est sûr que le cinéma de Refn ne laisse jamais indifférent.   

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Votre avis sur ce film:
 

Louis-Marie | 08.06.2013 20:58
 
Trop de violence gratuite. et je ne parle pas de Ryan Gosling qui est aussi expressif qu'un poisson pas frais;

Julie | 07.06.2013 23:57
 
Beaucoup trop violent. Violence sans arrêt. Je suis d'accord avec le com de Rémy.

Laurent | 02.06.2013 17:07
 
Un chef-d’œuvre qu'est ce dernier Refn qui n'est pas à prendre comme son précédent film Drive. Impossible de distinguer le bien du mal ce qui démontre la force de la réalisation et le palmarès des acteurs-actrices. A découvrir sans tarder en sachant que certaines scènes peuvent être choquantes pour certains. Impressionnant, magistral, une claque et surtout un réalisateur à suivre plus que jamais.

Minnie | 27.05.2013 22:54
 
Tout simplement magistral. Un film peut-être long de prime abord mais qui vous prend les tripes comme jamais. Si certains ont vu la violence du film comme abjecte, je préfère dire qu'elle est nécessaire pour comprendre la mentalité des protagonistes. Ryan Gosling y est comme toujours magnifique et Kristen Scott Thomas est tout simplement machiavélique en mère castratrice. Un pur chef-d'oeuvre. Important d'y aller sans penser à Drive, car ce nouveau métrage en est à des milliers de kilomètres.

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