Film

12 Years A Slave Twelves years slaves (v.o)

Date de sortie 22.01.2014
Durée 133 minutes
Age 16/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Ascot Elite
Genre Drame , Historique
Réalisateur Steve McQueen (II)
Acteur Chiwetel Ejiofor Michael Fassbender Brad Pitt
Note CLAP.CH
 
4.5/5
Note du public
 
4.3/5
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Synopsis

New York, 1841. Solomon Northup, un jeune afro-américain, est kidnappé et réduit à travailler comme esclave dans des champs de coton en Louisiane. Son calvaire durera près de 12 ans.

Steve McQueen (II)

Chiwetel Ejiofor

Michael Fassbender

Brad Pitt

Critiques

Jeanne Rohner | Lundi 20 janvier 2014
 

Django Unchained avait en 2013 déjà traité de l'esclavagisme à travers une histoire de vengeance dramatico-comique, toute en démesure, propre au style de son réalisateur Quentin Tarantino. Ce passé honteux des Etats Unis est à nouveau à la base du troisième long métrage du britannique Steve McQueen mais cette fois-ci c'est sous l'angle d'un réalisme brutal que le réalisateur a voulu nous le dépeindre. Car au départ, il s'agit du journal de Solomon Northup, publié en 1853, dans lequel l'homme conte ses années de calvaire. Pourtant libre et éduqué, Solomon est kidnappé et vendu comme esclave. Condamné à travailler dans une plantation de coton de la Louisiane sous le joug d'un propriétaire des plus sadiques, Platt – son nom d'esclave - sera libéré douze ans plus tard.

Autant être prévenu : Steve McQueen nous entraîne sans concession dans des scènes de tortures à la limite du supportable mais qui en raison de l'énorme maîtrise des acteurs et de l'intelligence de la mise-en-scène sont stupéfiantes ; impossible donc de manquer une seconde du récit incroyable de Solomon. Derrière ce personnage, on retrouve Chiwetel Ejiofor (Amistad, Children of Men) qui nous fait montre de ses talents d'acteur, se glissant magistralement dans la peau de Solomon que les sévices et les humiliations ne démontent pas. Puis il y a l'acteur fétiche de Steve McQueen, Michael Fassbender, glacial dans le rôle de l'intraitable maître Epps. Celui-ci déverse ses colères notamment sur Patsey, la meilleure récolteuse de coton qu'interprète de manière extraordinaire Lupita Nyong'o. Une magnifique distribution mais aussi des images saisissantes qui font souvent froid dans dos, la caméra se faisant seule témoin de la brutalité des coups et de l'impuissance du peuple exploité. Et de ce fait, notre passivité en tant que spectateur est aussi mise en cause, comme le montre ce plan incroyable où l'on agonise avec Pratt qui se débat au bout de sa corde tandis que la vie de l'exploitation continue, proche de l'indifférence. La trame mélodique de Hans Zimmer participe à nous immerger dans ce récit puissant, presque dérangeant. Ainsi, bien qu'on puisse lui reprocher la redondance de certaines répliques, le film du réalisateur de Shame mérite amplement sa place dans la course aux Oscars.

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Votre avis sur ce film:
 

vincenzobino | 24.01.2014 23:05
 
Je me joins aux 2 premières critiques et reconnais un tort: celui d'avoir lu le livre éponyme de Northup. En effet, et comme mentionné, ne cherchez pas d'instants émotionnel dans ce film. Vous n'en trouverez pratiquement pas contrairement au livre. Ceci étant, la reconstitution est impressionnante sur tous les points de vues: décors, costumes, adaptation et.., interprétation où une actrice crève l'écran: Lupita Nyongo hallucinante. Ejifor et Fassbinder également très bons. A voir absolument sauf si vous appartenez a la catégorie "âmes sendibles"...

Vincent | 22.01.2014 22:08
 
J’ai récemment pu lire un article consacré à ce film (http://blog.slate.fr/projection-publique/2014/01/21/12-years-a-slave-de-steve-mcqueen/), celui-ci arguant que "12 Years a Slave" avait cinquante ans de retard. A raison. Les qualités intrinsèques du film ne sont évidemment pas remises en cause, Steve McQueen s’emploie d’une main de maître à la mise en image de l'existence de Solomon Northup. Il n'en reste pas moins un sentiment de terrible injustice. Injustice d'avoir dû attendre tant et plus pour voir pareil film sur cette thématique au cinéma. L'iniquité est désormais en partie réparée. McQueen présente sans ambages l'indicible et l'insoutenable traite négrière, dont Salomon n'est qu'une victime partie des milliers. Le coup de force du réalisateur britannique est bien sûr de ne pas succomber à la tentation du manichéisme, au clivage bon esclave / mauvais, qui constitue la triste norme dans quantité de productions actuelles. Il ne faut bien évidemment s’attendre à aucun sentimentalisme ou volonté de tirer de ce récit une quelconque leçon de morale universelle. Plongé dans cette sinistrose sudiste, le spectateur doit s’en remettre aux paysages luxuriants de la Louisiane pour souffler. Magnifique, ce film l’est aussi par la prestation de ses acteurs principaux, littéralement transcendés pour l’occasion. Même Brad Pitt, pour ses trois répliques, y est convaincant. C’est dire.