Film

Mourir peut attendre No Time to Die (v.o)

Date de sortie 30.09.2021
Durée 163 minutes
Age 14/14
Pays Royaume-Uni (United Kingdom) , États-Unis (United States)
Distributeur Universal Pictures International Switzerland GmbH
Genre Action , Espionnage
Réalisateur Cary Joji Fukunaga
Acteur Daniel Craig Ralph Fiennes Naomie Harris [+]
Scénariste Cary Joji Fukunaga Neal Purvis Robert Wade [+]
Auteur Ian Fleming Cary Joji Fukunaga Neal Purvis [+]
Note CLAP.CH
 
3.3/5
Note du public
 
4/5
  Voir la bande annonce

Synopsis

Dans Mourir peut attendre, James Bond a quitté les services secrets et coule des jours heureux en Jamaïque. Mais sa tranquillité est de courte durée car son vieil ami Felix Leiter de la CIA débarque pour solliciter son aide: il s'agit de sauver un scientifique qui vient d'être kidnappé. Mais la mission se révèle bien plus dangereuse que prévu et Bond se retrouve aux trousses d'un mystérieux ennemi détenant de redoutables armes technologiques.

Cary Joji Fukunaga

Daniel Craig

Ralph Fiennes

Naomie Harris

Lashana Lynch

Rami Malek

Léa Seydoux

Christoph Waltz

Ben Whishaw

Jeffrey Wright

Cary Joji Fukunaga

Neal Purvis

Robert Wade

Phoebe Waller-Bridge

Ian Fleming

Cary Joji Fukunaga

Neal Purvis

Robert Wade

Critiques

Laurent Scherlen | Avant-hier
 

Le 25ème film de la saga bondienne, ultime opus de l'ère Craig, s'inscrit à la fois comme une oeuvre nostalgique de son héritage et résolument tournée vers l'avenir. Cet aspect bicéphale du film en fait toute la saveur, le charme et l'intérêt. Dès son ouverture, le film pose ce parti-pris avec le traditionnel gun barrel (ce plan filmé depuis l'intérieur d'un canon de pistolet), ici totalement blanc, sans ses habituelles coulées de sang. Cette couleur blanche que l'on retrouvera dès la scène suivante, dans la neige, prélude à une séquence pré-générique de 25 minutes qui s'impose comme la plus magistrale de toute la saga. Une manière de signifier par l'image qu'une ère s'achéve et qu'une nouvelle va débuter. Une séquence pré-générique, donc, qui se poursuivra par une incroyable poursuite en voitures et à motos dans les rues escarpées de la ville italienne de Matera et s'achèvera par un sublime générique, d'un graphisme d'une bauté rare, au son du No Time To Die de Billie Eilish, sur fond d'une police de caractère citant les premiers Bond. Le ton est posé, la messe est dite.

Aux manettes de Mourir Peut Attendre, on retrouve le réalisateur Cary Joji Fukunaga, dont l'admirable première saison de True Detective est encore dans les mémoires. Le metteur en scène propose ici des scènes d'action de très haute volée. Outre l'ouverture italienne, un sublime plan séquence dans le dernier acte du film, suivant Bond dans une longue scène de baston dans un escalier, possède une brutalité, une fluidité et un pouvoir d'immersion assez phénoménaux. D'autres séquences (le plan aérien dans la neige, l'infiltration dans une soirée remplie d'agents du Spectre, le dernier plan faisant apparaître Bond, de dos, ou encore la séquence "survival" en pleine forêt dans la brume), imposent Fukunaga (qui remplace au poste de réalisateur Danny Boyle, ce dernier ayant quitté le navire pour différends artistiques) comme un metteur en scène à suivre de très près.

Avec Mourir Peut Attendre, les scénaristes poursuivent l'entreprise de reconstruction du personnage de Bond. Le machisme, l'impassibilité et l'apparente absence d'émotions de 007 se craquèlent peu à peu depuis Casino Royale pour révéler un agent secret beaucoup plus empathique, sensible, humain. L'issue du film constitue à ce titre l'aboutissement logique de ce processus. Là où les gardiens du temple poussent des cris d'orfraie en hurlant à la trahison et au non-respect du personnage (espérant finalement que le film ne leur apporte que ce qu'ils en attendaient...), il faut y voir au contraire une évolution salutaire ayant d'une part permis de relancer la franchise mais aussi et surtout de ne pas faire de sur-place avec un héros dont les contours restaient peu ou prou inchangés depuis 60 ans. Excepté dans l'admirable Au Service Secret de sa Majesté, où Bond se mariait et perdait sa femme dans la foulée. Plusieurs échos à ce film (l'un des meilleurs) se retrouvent d'ailleurs dans Mourir Peut Attendre, du lien unissant Bond à Madeleine Swann (Léa Seydoux) jusqu'à la double reprise du titre We Have All The Time In The World de Louis Armstrong.

Impossible enfin de révéler les deux évènements massues que le scénario réserve au personnage de Bond, s'imposant comme l'oméga de son évolution depuis maintenant cinq films, sans gâcher le plaisir du spectateur. Disons simplement que l'on n'aurait jamais soupçonné une telle force dramaturgique et émotionnelle issues d'un Bond.

Au bout des 2h43 que compte le film (durée un poil trop longue, là est sa seule faiblesse), la boucle est bouclée, une époque s'achève, le générique se déroule sur l'écran et le spectateur quitte la salle avec une image en tête, un unique plan, un seul, deux secondes de photogramme, qu'il n'est pas prêt d'oublier. See you soon James.


Remy Dewarrat | Mardi 28 septembre 2021
 

R†P James Bond®

En reprenant tout ce qui fait la popularité de l’agent 007, No Time to Die conclut l’ère Daniel Craig dans une sorte de requiem qui jure énormément avec le personnage de Ian Fleming.

Dans cet épisode qui est le plus long de la saga (2h43 au compteur) réalisé par l'Américian Cary Joji Fukunage, il y a tout ce que l’on attend d’un James Bond digne de ce nom: cascades à la limite de l’improbabilité, explosions dantesques, gadgets sophistiqués, belles femmes, les incontournables Q, M et Moneypenny, un méchant historique (Blofeld) et des enjeux géopolitiques. Tous ces points positifs sont ramassés dans la première heure et demie de No Time to Die. La scène d’action située dans la ville italienne de Matera en est le parfait exemple. Pas étonnant qu’elle serve de publicité au produit par son importante présence au sein de sa bande-annonce. C’est l’archétype de la scène d’ouverture d’un James Bond mais elle est ici précédée d'un flash back quasiment horrifique où un affreux tue sauvagement une mère française dans un chalet de montagne en plein hiver et tente d’éliminer la fillette de cette dernière. Vient ensuite, le traditionnel générique chanté par Billie Eilish et dans lequel on trouve, entre autres idées ingénieuses, une armée de revolvers constituant une chaîne ADN. Niveau qualité, on peut encore citer la mise en scène efficace de Fukunaga sans qu’elle ne révolutionne quoi que ce soit et une interprétation de bon aloi à l’exception de Rami Malek qui peine à rendre son Lyutsifer (sic) Safin captivant.

La conclusion de l’ère Daniel Craig permet de s’interroger sur l’essence du personnage créé en 1953 par l’écrivain et ancien espion Ian Fleming. James Bond était la réponse britannique aux supers héros américains. Même s'il est dépourvu de pouvoir paranormaux, ce personnage haut en couleur a pour mission de sauver le monde des affreux qui veulent s’en emparer et le mettre à leur botte. Il n’a pas le temps ni la vocation de se perdre dans des états d’âmes stériles chers aux scénaristes et aux spectateurs actuels, ce que l’on appelle à tort et à travers les émotions, mot récurrent qui pollue de plus en plus communément le discours des critiques et du public de manière indigeste. Et quand il ne sauve pas le monde, James Bond prend du bon temps en sirotant du Martini, en chambrant Moneypenny et en collectionnant les conquêtes féminines. C'est ce qui faisait le sel des périodes incarnées par Sean Connery et Roger Moore. N'en déplaise à la bienséance érigée en précepte depuis "Me Too", James Bond est ce que l'on n'ose plus appeler un macho, ce qui ne veut dire aucunement qu'il use de violence envers la gent féminie pour parvenir à ses plaisirs. En deux films tout à fait oubliables, Timothy Dalton l'avait lamentablement transformé en redresseur de tort à l'impérialisme américain capitaliste à peine déguisé avant que Pierce Brosnan lui redonne sa touche de flegme so british. Puis, avec l'ère Daniel Craig, le personnage est devenu sombre, torturé, limite shaekespearien et empreint d'une sensiblerie à mille lieues du héros de Ian Fleming. Et cette période se conclut ici dans une sorte de requiem pathétique où l'on retient malheureusement plus les inombrables scènes de larmes de l'insupportable Léa Seydoux que les séquences d'action pourtant rondement menées. La preuve que James Bond ne peut sombrer dans les états d'âmes sans perdre son aura réside dans la fin de Au service secret de Sa Majesté réalisé par Peter R. Hunt en 1969 où, à peine marié, il devient veuf. Une existence normale lui est interdite car ce n'est pas sa vocation. Vouloir essayer de faire le contraire était voué à l'échec artistique cuisant et No Time to Die en est la preuve irréfutable malgré ses qualités plastiques.

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