

| Réalisateur: | Rodrigo Garcia |
| Acteurs: | Jonathan Rhys Meyers, Glenn Close et Aaron Johnson |
| Genre: | Drame |
| Pays: UK, Irlande | Durée: 113 mins |
| Age légal: 10 ans | Age conseillé: 14 ans |
| Distributeur: | Pathé Distributions |
| Date de sortie: | 22.02.2012 |
| Critique: | Fabio Gramegna |
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Au XIXème siècle, une femme irlandaise doit se déguiser en homme afin de survivre au difficile climat social.
Bande annonce |
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Albert Nobbs est avant toute autre chose, le projet d’une personne : Glenn Close. Cette dernière avait déjà joué le rôle de cette femme forcée de se déguiser en homme pour survivre dans l’Irlande de la fin du 19ème siècle. C’était au théâtre au début des années 1980. Depuis, l’actrice américaine n’a jamais cessé de penser que cette histoire tirée d’une nouvelle de George Moore pourrait faire un excellent long métrage de cinéma. Pour arriver à ses fins, elle s’est donc chargée de la production, du scénario – aux côtés de John Banville et Gabriella Prekop – et a confié la réalisation à Rodrigo Garcia, avec qui elle avait déjà tourné deux fois (Ce que je sais d’elle… et Nine Lives). En résulte un film que certains trouveront trop classique, voire convenu, mais qui de notre côté, aura tout de même réussi à nous surprendre et à nous toucher. Tout d’abord, Albert Nobbs n’est pas aussi niais et lourd que pouvaient le laisser penser la bande-annonce (insupportable chanson par Sinead O'Connor) ou quelques premiers échos. L’ensemble ne tombe jamais dans le larmoyant ou le pathos. La musique, agréable, ne surligne pas excessivement les moments d’émotion. Mieux, un humour subtil apporte une légèreté bienvenue à de nombreuses scènes. On retiendra par exemple avec plaisir le passage où Albert, lui qui ressemble à Chaplin avec ses habits un peu trop longs, se rhabille en femme l’histoire d’un après-midi au bord de la plage. Ensuite, contrairement à ce que certaines critiques pourront laisser croire, la simplicité du récit et de la mise en scène n’enlève en rien à la qualité de l’œuvre. Au contraire, cette apparente simplicité reflète la personnalité de Nobbs, forcé de cacher sa vraie nature et ses émotions toute sa vie, dans des hôtels où tout est richesse et exubérance. D’ailleurs, la mise en scène de la pièce originale de Simone Benmussa était elle aussi volontairement épurée. La place est par conséquent laissée aux acteurs, tous excellents : Glenn Close évidemment, magnifique, tout en retenue, en passant par Mia Wasikowska (Restless) ou encore Aaron Johnson (oui Kick-Ass, c’est lui). Au final, voici donc un nouveau beau film à mettre à l’actif de Glenn Close, souvent oubliée aux Oscars, mais également de Rodrigo Garcia qui continue de confirmer qu’il est le cinéaste des femmes (voir Mother & Child). |