Cinq après avoir créé la surprise avec Happy Feet et probablement motivé par le véritable succès box-office de ce dernier, voilà que l'iconoclaste George Miller (la trilogie Mad Max, Babe: un cochon dans la ville) remet une couche de verglas avec Happy Feet 2. Enfin, le réalisateur australien réutilise plutôt le dégel avec ses pingouins toujours aussi dansants et chaleureux. Si le premier du nom avait su étonner, fasciner et enjouer, le deuxième opus a en revanche plus de peine à convaincre, la faute à un scénario étrangement conçu et à des personnages fatigants.
Pourtant, tout commence bien. Le film s'ouvre sur l'une de ses fameuses scènes de danse générale, durant laquelle tous les animaux du coin s'embrasent de passion et d'entrain pour bouger sur des sons variés et à la mode. L'animation est au top, avec un souci du détail à faire rougir Pixar, et la magie opère finalement très rapidement. Les personnages sont tous réintroduits, pour le plus grand plaisir des fans du premier film, et leurs caractéristiques sont immédiatement mises en avant. De manière quasi-héréditaire, le petit Erik, fils de Mumble le pingouin protagoniste, s'exile pour fuir sa différence. L'histoire débute, même si le long-métrage s'autorise des grosses pauses narratives, affichant sans complexe des images d'une beauté ahurissantes, australes et astrales, finalement pas si loin d'un Malick et de son Tree of Life.
Tout s'annonce pour le mieux, et pourtant, la neige commence à fondre - et à tous les niveaux. L'histoire patauge, les personnes s'accumulent, et le film s'embourbe gentiment mais sûrement dans un brouhaha décevant. Le scénario malin et surprenant du premier s'avère remplacé par un trop plein de sentiments vulgarisés et, surtout, par un débordement de personnages insignifiants mais assurément agaçants. La palme revient quand même à Sven, dont l'accent et le comportement décuplent considérablement la forte irritation qu'il cause chez le spectateur. Quant aux krills, ces petites crevettes rebelles vivant à contre-courant et dont les voix originales sont assurées par Brad Pitt et Matt Damon, elles figurent comme personnages-accessoires à la manière d'un Scrat dans L'Âge de glace, prétextes mais sans vrai contenu - si ce n'est une petite patte finale décisive. Quelques perles de réussite parviennent à briller dans ce capharnaüm généralement les scènes de danse, rappelant presque avec nostalgie la grandeur du premier.
Happy Feet 2 comblera certainement les familles et les plus petits, avec ses personnages mignons mais bruyants et ses vives couleurs. Les autres curieux pourront tester la chose, mais ils risquent fort bien de trouver le tout un peu fatigant, notamment à cause d'un scénario laborieux qui tente de remplir ses coquilles vides avec plein de jolies images. On ressort donc de la salle moins enjoué que la première fois, déçu surtout en repensant à l'efficacité du message écologique délivré cinq ans plus tôt.
|