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J. Edgar

J. Edgar
Réalisateur: Clint EASTWOOD
Acteurs: Leonardo DiCaprio, Naomi Watts et Judi Dench
Genre: Drame, Biographie
Pays: USA Durée: 137 mins
Age légal: 10 ans Age conseillé: 14 ans
Distributeur: Warner
Date de sortie: 11.01.2012
Lien officiel: http://www.jedgarmovie.com
Critique: Fabio Gramegna
Note: *

Synopsis

Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.

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Critique

Une année après le plutôt décevant Au-delà, voici arrivé sur nos écrans le nouveau film de Clint Eastwood. Ce dernier, âgé de plus de 80 ans, revient ici sur le parcours de John Edgar Hoover, celui qui fut à la tête du FBI (Federal Bureau of Investigation) pendant 48 ans, sous huit présidents. Une occasion pour lui de s’intéresser à un homme au pouvoir immense, qui ne rechignait pas à user de méthodes fortes (chantage, corruption, etc.) pour atteindre ses buts.

Certains reprocheront peut-être à J. Edgar son relatif classicisme formel. Cependant, il est difficile d’imaginer une meilleure façon de reconstituer toute une tranche d’histoire américaine, allant des années 1920 aux années 1970. De notre côté, nous préfèrerons donc mettre en avant l’admirable soin apporté aux décors, costumes ainsi qu’à l’esthétique générale. On soulignera notamment le superbe travail sur la lumière, Tom Stern, un fidèle d’Eastwood, s’étant chargé de la photographie. Les jeux d’ombres disséminés tout au long de l’œuvre caractérisent parfaitement le personnage de Hoover, constamment entre lumière et ombre, entre grandes actions afin de défendre son pays et coups bas, dignes des criminels qu’il poursuit. Ainsi, les scènes dans les couloirs du FBI sont d’une luminosité éblouissante, tandis que d’autres sont fortement entrecoupées d’ombres, ou même entièrement sombres lorsqu’Eastwood semble faire référence à la grande époque des films noirs américains.

C’est donc le constat qui ressort de l’ensemble: Hoover a beaucoup apporté aux États-Unis, voire au monde – par exemple en imposant plus de rigueur sur les scènes de crime, ou encore en introduisant un système d’empreintes digitales – mais il a également abusé de son pouvoir. Malheureusement, la réflexion ne semble pas forcément aller beaucoup plus loin. Le scénario signé Dustin Lance Black (également scénariste de Milk) se penche pourtant aussi sur la relation entre Hoover et Clyde Tolson, son proche associé (et amant ?). Cependant, comme dans Au-delà, certains passages de J. Edgar s’aventurent un peu trop dans le sentimentalisme et le mélodramatique pour véritablement toucher au cœur. Dommage. Et ce n’est pas l’habituelle musique minimaliste d’Eastwood, souvent quelques simples notes au piano, qui changera ce sentiment. Dommage également que certains maquillages peu crédibles, surtout celui d’Armie Hammer (The Social Network), rappellent trop souvent aux spectateurs qu’ils sont en train d’admirer de jeunes acteurs en train de « jouer aux vieux ». Reste justement la performance de ces acteurs. Tous sont très bons, Di Caprio étant d’ailleurs pressenti pour un Oscar, qu’il aurait tout autant mérité, voire plus, pour Les noces rebelles, Shutter Island ou The Aviator. Leur talent ne permettra par contre pas au film de dépasser le stade de biographie de bonne facture mais sans véritable saveur supplémentaire.

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