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La Femme aux 5 éléphants (Die Frau mit den 5 Elefanten)

La Femme aux 5 éléphants (Die Frau mit den 5 Elefanten)
Réalisateur: Vadim Jendreyko
Durée: 93 mins
Age légal: 7 ans Age conseillé: 16 ans
Distributeur: Cineworx
Date de sortie: 12.05.2010
Critique: Nicolas Jacot
Note: * * *

Horaires

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Synopsis

Prix du Cinéma Suisse 2010 – Meilleur Documentaire

Documentaire consacré à Swetlana Geier, traductrice en langue allemande de Dostoïesvski âgée de 86 ans. Née à Kiev et vivant en Allemagne depuis 1943, cette linguiste effectue pour la première fois en 66 ans un voyage aux sources, en se rendant dans son village natal, en compagnie de sa petite-fille et du réalisateur de ce film, Vadim Jendreyko. Celui-ci évoque également l'oeuvre de Swetlana Geier, laquelle travaille depuis plus de 20 ans sur une nouvelle traduction des 5 grandes nouvelles de Dostoïesvski - «Crime et châtiment», «L'idiot», «Les démons», «L'adolescent», «Les Frères Karamazov» - considérées de par leur amplitude, comme des «éléphants», et grâce auxquelles, l'octogénaire est parvenue à surmonter les nombreuses difficultés que le destin lui a réservées au cours de son existence.

Fiche pédagogique E-Media (PDF)

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Bande annonce

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Critique

 Un documentaire suisse consacré à Swetlana Geier: "A qui?" s'exclameront beaucoup. La traductrice d'origine ukrainienne n'est en effet pas une figure très populaire, ni même très connue et peut-être encore à plus forte raison de ce côté-ci de la Sarine. De ce fait le choix de lui consacrer un documentaire ne manquera pas de susciter chez le spectateur un certain nombre de questionnements.

 Le film est bien évidemment dominé par la figure de Swetlana Geier. Sous des allures d'adorable petite grand-maman dans les premiers plans, elle dévoile toutefois au fil des scènes une personnalité dure, voire antipathique de matriarche dominatrice et convaincue de son savoir absolu ce qui ne manquera pas d'agacer par moment le spectateur.

 La structure et le contenu du film n'en sont néanmoins pas moins intéressants. En effet le voyage effectué par Swetlana Geier et sa petite-fille dans son Ukraine natal, devient le prétexte pour revenir sur le parcours de la traductrice à travers l'histoire du XXe siècle et en particulier celle de l'entre-deux-guerres, d'une Ukraine tiraillée entre la montée du nazisme à l'ouest et celle du communisme à l'est. Toutefois, alors que le film aborde son point sensible et peut-être même central, à savoir les relations qu'a entretenues Swetlana Geier avec l'Allemagne nazie, le récit devient alors elliptique, approximatif et l'intéressée de donner pour seule explication: "J'étais jeune". Le récit passe alors très rapidement à un pan d'histoire plus glorieux, comme s'il fallait éviter de révéler que cette brillante carrière s'est peut-être construite sur une erreur de jeunesse et des relations peu recommandables.

 Le film n'est toutefois pas dénué de qualités et les amateurs de bonnes réparties et de linguistique apprécieront tout particulièrement de pénétrer dans l'univers de Swetlana Geier en plein travail de traduction en compagnie d'un de ses amis. Mais le principal point fort du film réside dans l'indéniable talent dont fait preuve le réalisateur Vadim Jendreyko pour filmer son héroïne: en s'attardant tantôt sur ses mains, tantôt sur son regard pénétrant, il réussit à donner à son documentaire sans prétention un charme quasi extatique qui devient au fil des minutes un véritable ravissement pour les yeux.

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