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La piel que habito

La piel que habito
Réalisateur: Pedro Almodovar
Acteurs: Antonio Banderas, Elena Anaya et Marisa Paredes
Pays: Espagne Durée: 120 mins
Age légal: 16 ans Age conseillé: 16 ans
Distributeur: Pathé Films
Date de sortie: 17.08.2011
Critique: Fabio Gramegna
Note: *

Synopsis

Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire.
Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme cobaye...

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Critique

Almodovar nous avait prévenus. Et Almodovar avait raison. La piel que habito est surprenant, voire dérangeant, et ne ressemble pas aux précédents films du réalisateur (notamment le dernier et quelque peu décevant Etreintes brisées). Dotée d’une mise-en-scène très soignée, cette libre adaptation du livre Mygale de Thierry Jonquet, déstabilise tout d’abord par sa froideur, à l’image de celle du personnage interprété par le très bon Antonio Banderas. Sans vouloir dévoiler une part importante de l’intrigue, le docteur Robert Ledgard montre peu de sentiments, même lorsqu’il commet des atrocités... psychologiques notamment. 

En résulte un thriller pas comme les autres, souffrant de quelques longueurs et qui à force de laisser le spectateur à distance, pourrait en rebuter plus d’un. Cependant, malgré ces quelques réserves, La piel que habito reste longtemps en mémoire après la projection : des images fortes, une atmosphère, une réflexion. Et c’est là que l’on se dira que derrière cette surface difficile à transpercer, se trouve une œuvre de cinéma belle et originale, se permettant même une critique de notre société d’apparences. Alors que de plus en plus de productions peinent à surprendre, l’expérience vaut le détour. 

Bonus

Fiche pédagogique E-média

De l'aveu même d'Almodovar, "La Piel" surprendra, il juge ce film essentiel dans sa filmographie, très différent de tout ce qu'il a pu faire jusqu'ici. Inclassable (drame psychologique, film d'horreur, de science-fiction, film noir, thriller...), le dernier Almodovar emprunte à plusieurs influences, cinématographiques et littéraires. Sur le contenu, le réalisateur retrouve ses premières interrogations : le pouvoir de la séduction, la confusion sexuelle et la réflexion sur l'image, autant celle renvoyée par les écrans que celle que les gens veulent donner de leur corps. En ce sens, "La Piel" constitue encore une critique sociale du rôle de l'apparence dans nos sociétés occidentales.

http://www.e-media.ch/dyn/bin/1108-10749-1-lapielquehabito.pdf

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Commentaires

1 commentaire
sandra il y a 9 mois

Du grand et époustouflant Almodovar! Ce film ne rendra personne indifférent. L'intrigue met du temps à se mettre en place, mais au moment où un flashback nous est offert, nous sommes à-même de recomposer le puzzle de cette histoire déconcertante et pourtant si touchante. Le jeux des acteurs principaux est également impressionnant. Chapeau Pedro!