

| Réalisateur: | Christian Favrat |
| Acteurs: | Clovis Cornillac, Christian Clavier et Sami Bouajila |
| Genre: | Thriller/Drame |
| Pays: France | Durée: 105 mins |
| Age légal: 16 ans | Age conseillé: 16 ans |
| Distributeur: | JMH |
| Date de sortie: | 02.12.2009 |
| Critique: | Vincent Bürgy |
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Vincent Cluzel brigue la mairie d'Aix-en-Provence. Avec ses vestes de velours et sa morale en bandoulière, il incarne "l'anti-people". Face à lui, le maire sortant est une bête politique d'envergure nationale, surmédiatisée. À quelques mois du scrutin, c'est loin d'être gagné !
Chaussures de marque et costumes sur mesure, Xavier Alvarez, petit architecte, dissimule avec soin ses origines modestes. Il a toujours rêvé d'une vie bourgeoise et d'une femme comme la fille de Vincent.
Fasciné par les Cluzel, Xavier s'investit corps et âme dans la campagne municipale de Vincent avec comme arrière-pensée le marché public qu'il convoite... l'affaire de sa vie !
Xavier transforme l'image de son poulain et met la pression sur le camp adverse. Grâce à Yacine, son pote de toujours, un ancien flic revanchard sur le système, il réussit à impliquer l'adversaire de Cluzel dans un scandale politico-industriel.
Une fois la victoire acquise, Xavier rappelle à Vincent le retour d'ascenseur attendu. Et c'est là que tout se complique. Leur amitié sincère, nouée dans la conquête du pouvoir, se heurte alors aux limites des intérêts et de l'ambition...
Bande annonce |
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Christian Clavier et Clovis Cornillac, dans une comédie? Bof... Un titre peu inspiré? Une mauvaise habitude de plus pour le cinéma populaire français. Et, pourtant, La Sainte Victoire s'impose, en proposant un scénario consistant et des personnages bien construits. Malgré quelques maladresses, le nouveau film de François Favrat s'impose comme une bel réussites.
Après le succès de sa première réalisation, Rôle de sa vie, François Favrat s'offre un budget confortable et deux stars, que rien ne devait rassembler sur un projet très contemporain, sur les abus de biens sociaux. Car La Sainte Victoire plonge sur ce système opaque et nébuleux, prêt à corrompre les plus blancs. Propres, comme cet élu idéaliste de gauche, incarné par Christian Clavier. L'ironie n'aura pas échappé à beaucoup et celle-ci laisse surtout songeur. Convaincant, le comédien sort pourtant à peine de ses démêlées avec le cirque politique. Dans ces conditions, dur d'appréhender le personnage en toute neutralité.
Passée l'entrée saumâtre. Où le jeune Xavier (Clovis Cornillac) débite en voix off agaçante quelques clichés, tout aussi navrants, sur les jeunes de banlieue. Le film décolle, ou presque. Après quelques esquisses d'une comédie plan-plan, prête à assurer les meilleures prime-time, François Favrat change de stratégie. Résultat? Un portrait intéressant et fouillé de presque toute la galerie de personnages. Sans sombrer dans le guignolesque, La Sainte Victoire exploite à merveille le potentiel de ses acteurs principaux, sans pour autant remiser au placard les secondaires. On relèvera les performances de Vimala Pons, bien que sa romance entre son personnage et Xavier puisse laisser dubitatif, ou les apparitions de Sami Bouajila, toujours savoureuse. Ceux-ci dévoilent en partie le nombre impressionnant d'intrigues et de ressorts scénaristiques du film. Ils offrent par la même une profondeur insoupçonnée au film.
Suscitant de nombreux intérêts, l'histoire gagne également un second souffle, après l'introduction maladroite. Manquant parfois de rythme, cette fausse comédie offre tout de même un bon moment de cinéma, loin du basic film français attendu. |
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Interview de Clovis Cornillac - On vous sait très pointilleux, lorsque vous abordez un nouveau projet. Qu'elles ont été vos dispositions pour La Sainte Victoire?
- J'ai fonctionné comme d'habitude, non pas de manière didactique et scolaire, mais plutôt à l'imagination. Pour chaque nouveau projet, je compile des informations, ça fait une sorte de mixture cérébrale, juste avant de débuter le tournage, ce qui me permet de trouver la spontanéité et l'inventivité au moment de tourner. C'est vraiment un travail en amont.
- François Favrat s'est bien fait à vos préparatifs?
- Oui, formidablement bien. C'est un type qui sait absolument ce qu'il veut faire, qui possède une grande précision dans son travail. On a là vraiment un grand talent, on le savait déjà avec son premier film, nul doute qu'il va beaucoup compter, dans les années à venir.
- On ne vous attendait pas dans ce type de film. Est-ce que vous essayez de brouiller les pistes?
- Non, je fais les choses comme elles viennent et je profite vraiment de cette chance. J'essaie vraiment de me balader d'un univers à l'autre. Celui-là a plutôt inspiré François (n.d.l.r. Farlat, le réalisateur) et il a écrit en pensant à moi. Ce qui a surtout compter, c'est que j'avais envie de le faire.
- S'attaquer aux sujets des marchés publiques et politiques, c'est un pari osé...
- C'est surtout très intéressant et il passe même en toile de fond dans le film, ce qui offre des intrigues et du suspense au film. Ce qui est intéressant c'est de regarder les destins des différents personnages, auxquels on s'attache beaucoup. Malgré toutes ces affaires, ça reste un film très facile d'accès, sans être stupide. Ce qui fait sa force. Je trouve qu'il se rapproche, sans les copier, des films anglo-saxons et américains, au niveau de l'inspiration et surtout du montage, assez rapide.
- Le prix d'interprétation reçu au festival de Sarlat pour ce rôle doit avoir une saveur toute particulière.
- Les prix sont toujours agréables et, comme j'ai coutume de le dire, c'est une sorte de gros câlin, et bien sûr, les câlins, c'est toujours agréable.
- Justement, votre rôle se démarque nettement, car il casse le manichéisme classique, entre le bien et le mal, dans le cinéma traditionnel.
- Absolument, c'est là où le film est vraiment fort. Il nous offre un regard impertinent et aussi ludique sur les personnages, c'est très excitant. S'il devait y avoir un méchant, ce serait peut-être Michel Aumont, mais jusqu'au bout, son rôle est ambiguë...
Propos recueillis par Vincent Bürgy
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