S'ouvrant sur des images de Paris, nocturne, brumeuse et bouchée. L'ouverture du film ne laisse aucun doute et donne le ton. Personne n'en échappera. Même Mousse, planquée dans son refuge. Mais, revenons-en plutôt aux débuts de l'histoire.
Mousse (Isabelle Carré) et Louis (Melvil Poupaud) sont jeunes, beaux, riches et s'aiment à la folie. L'histoire est belle. Enfin, pas tout à fait. Le démon de la drogue s'en mêle. Louis va même y laisser sa vie. Amochée, Mousse survit, mais apprend dans la foulée qu'elle est enceinte. Paumée et abandonnée, elle fuit la métropole, pour une petite maison de campagne, son refuge. Elle sera bientôt rejointe par le frère de Louis, Paul (Louis-Renan Choisy). Une solitude, qui va rapprocher ces deux écorchés.
Prolixe, avec onze films en moins de douze ans, François Ozon (8 femmes, Ricky, Swimming Pool) n'en reste pas moins très inégal dans sa production. Avec Le refuge, le réalisateur français poursuit son exploration du genre humain, dans la lignée de ses précédents succès. Renouant avec Melvil Poupaud et Marie Rivière, dont la première collaboration remonte à Le temps qui reste (sorti en 2005), le Parisien fait cette fois appel à Isabelle Carré, une première. Le film, qui a obtenu le Grand prix du jury, lors festival de San Sebastian 2009, reste dans la "Ozon", avec un rôle féminin, comme plaque tournante du récit.
Le récit, venons-en! Que ceux qui escompte un Requiem for a Dream à la sauce français (ou juste un tantinet), peuvent aller se rhabiller. Le refuge n'offre finalement qu'une place infime à la drogue, pour se concentrer sur l'"après". Plein de bonnes intention, le film perd pourtant rapidement de sa substance. La faute à un scénario mal ficelé et parfois manquant de cohérence, souvent mal maîtrisé. Il en découle une certaine maladresse, lorsqu'il ne s'agit pas de mauvais goût. Un constat qui péjore considérablement Le refuge, malgré une belle performance d'Isabelle Carré.
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