

| Réalisateur: | Urszula Antoniak |
| Acteurs: | Lotte Verbeek et Stephen Rea |
| Genre: | Comédie dramatique |
| Pays: Irlande | Durée: 85 mins |
| Age légal: 16 ans | Age conseillé: 16 ans |
| Date de sortie: | 01.09.2010 |
| Critique: | Loïc Valceschini |
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Seule dans son appartement vide, Anne observe par la fenêtre les passants qui s’arrachent avec fébrilité ses effets personnels et ses meubles, qu’elle vient de déposer sur le trottoir. Elle enlève une bague de son doigt et l’abandonne, laissant ainsi sa vie antérieure derrière elle: la jeune femme quitte la Hollande pour l’Irlande, où elle choisit de mener une vie errante et solitaire, arpentant, sac au dos, les paysages austères du Connemara. Lors de ses pérégrinations, elle découvre une maison habitée par un ermite, Martin. Ce dernier lui propose de travailler pour lui et de s’occuper de la maison et du jardin, en échange de nourriture. Anne accepte, à condition qu’ils évitent toutes conversations personnelles et que leur relation se limite au travail à accomplir. Pourtant, ces deux êtres solitaires vont peu à peu développer une certaine curiosité l’un envers l’autre.
Bande annonce |
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Une femme seule, assise dans son appartement vide, regarde sa main; plus précisément son doigt décoré d'une bague. Elle prend son autre main, enroule ses doigts autour de l'anneau, et commence à tirer dessus, dans un premier temps sans effet aucun, puis, avec difficulté, parvient à l'extirper lentement, tirant avec la peau de son doigt gonflé. Finalement, non sans peine, elle réussit à l'ôter complètement. Voici comment débute Nothing Personal, le premier long-métrage de Urszula Antoniak, réalisatrice d'origine polonaise, qui cristallise métaphoriquement la difficulté d'une rupture amoureuse. Et cette rupture douloureuse, la protagoniste la subit, si bien qu'elle décide de quitter son appartement à Amsterdam pour s'enfuir dans des régions reculées - en Irlande -, avec la solitude comme seule compagne. La première chose qui frappe dans ce film à la poésie amère, c'est l'incroyable sens du cadrage de la réalisatrice. En effet, sans produire des plans forcés aux paysages touristiques et écoeurants, Antoniak a le sens de la cinématographie, sachant à chaque plan où poser sa caméra, personnifiant les falaises de Galway comme une véritable entité. En plein processus de résilience, la protagoniste rencontre un homme qui, peu à peu, lui redonnera foi en l'homme. Les deux acteurs, Lotte Verbeek et Stephen Rea, sur les épaules de qui une grande partie de la réussite du film repose, forment un duo fabuleux, où l'alchimie se fait ressentir rapidement. Elle, froide, insolente, se cache derrière un mur à première vue infranchissable; lui, courtois, philosophe, use de sagesse pour percer progressivement sa protection. Mais le talent d'Antoniak ne s'arrête pas là, puisqu'elle parvient également à injecter des petites doses d'humour (pour l'anecdote, la réalisatrice n'est pas de langue maternelle anglaise, et effectua de petites erreurs de langue en écrivant le scénario; erreurs qu'elle laissa, ajoutant encore un peu plus de crédibilité au personnage incarné par Verbeek, également de langue maternelle non-anglophone). Ces touches d'humour et de tendresse approfondissant des personnages déjà complexes et émouvants. En réalité, Nothing Personal s'avère être l'antithèse de La Invención de la Carne, autre film en compétition internationale, dont le réalisateur prône l'inutilité de psychologie pour ses personnages. Ici c'est tout le contraire, puisque la réalisatrice tisse peu à peu une relation vraie et touchante - qui semble témoigner d'une profonde expérience personnelle -, entre deux être meurtris, qui se guérissent au travers de la musique. Véritable coup de coeur, Nothing Personal est probablement le meilleur film de la compétition internationale de la 62ème édition du festival du film de Locarno. |