| Réalisateur: | Lee Daniels |
| Acteurs: | Gabourey Sidibe, Mo'Nique, Paula Patton, Maria Carey et Lenny Kravitz |
| Genre: | Drame |
| Pays: USA | Durée: 109 mins |
| Age légal: 14 ans | Age conseillé: 16 ans |
| Distributeur: | Elite Films |
| Date de sortie: | 10.03.2010 |
| Lien officiel: | http://www.weareallprecious.com/ |
| Critique: | Gaëlle Tschanz |
| Note: |
|
Lorsqu'à seize ans, Precious apprend à lire et à écrire dans une école alternative, un monde nouveau s'ouvre à elle. Un monde où elle peut enfin parler, raconter ce qui l'étouffe. Un monde où toutes les filles peuvent devenir belles, fortes, indépendantes. Comme Precious...
Bande annonce |
|
Pour son deuxième film en tant que réalisateur, Lee Daniels s'attaque à l'adaptation du roman Push de l'artiste américaine Sapphire, un drame social qui conte le calvaire de la jeune Claireece « Precious » Jones, adolescente marginalisée de Harlem. Le ton est donné dès les premières minutes du film. A 16 ans, illettrée, Precious est le souffre-douleur de ses camarades, battue par sa mère, violée par son père et enceinte de celui-ci pour la deuxième fois. Enfermée dans un corps obèse et maladroit, elle subit sans broncher une violence physique et psychique à la limite du supportable. Assommé par cette introduction sordide, le spectateur ne trouve alors de répit que dans les échappées oniriques de la jeune fille, qui, plutôt que de se confronter à l'atroce réalité, préfère se réfugier dans un monde imaginaire où elle serait top modèle ou star de cinéma. Si Precious commence péniblement à reprendre le contrôle de sa vie grâce à son entrée dans une classe de soutien, les malheurs ne vont cesser de s'abattre sur elle. Cette surenchère tragique a de quoi décourager au premier abord. Le mélodrame dégoulinant auquel l'on pouvait s'attendre a heureusement été évité, mais le film ne convainc pas totalement. Lee Daniels peine à définir un fil conducteur et nous livre un récit plutôt décousu. Cette impression est aussi alimentée par la profusion de thématiques abordées (l'inceste, le sida, la trisomie, l'illettrisme, pour ne citer que celles-là), des problématiques suggérées mais jamais approfondies. Le réalisateur est également tiraillé entre deux esthétiques, ce qui ne sert pas à la cohésion du film. Il enchaîne en effet les séquences dépouillées, filmées caméra à l'épaule sous une lumière naturelle et des scènes aux couleurs et à l'éclairage soignés à outrance, flanquées de travellings hollywoodiens. Un mélange étonnant mais qui n'empêche pas Daniels de réaliser quelques scènes inspirées et touchantes, notamment lorsqu'il recrée l'imaginaire de la jeune fille. Côté interprétation, on perçoit vite le manque d'intérêt des rôles secondaires, englués dans une palette d'expressions toutes faites et on s'acclimate (ou pas) à la présence de Mariah Carey en assistante sociale et de Lenny Kravitz en infirmier. Le point fort du film reste le personnage de Precious en lui-même. Gabourey Sidibe charme et fascine de son physique hors du commun et parvient à incarner un personnage authentique loin de toute figure stéréotypée de la victime. Face à la performance éprouvante de Mo'Nique, qui a la lourde tâche d'interpréter la mère de Precious, véritable monstre de cruauté, Gabourey Sidibe compose plus subtilement une héroïne qui subit son supplice avec un flegme déroutant. Dérangeante et souvent insaisissable, Precious poursuit un destin auquel il est finalement difficile de rester insensible. |
|
3 nominations aux Golden Globes 2010: 5 Spirit Awards 2010, prix du cinéma indépendant américain |