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Same Same But Different

Same Same But Different
Réalisateur: Detlev Buck
Acteurs: David Kross, Apinya Sakuljaroensuk et Anatole Taubman
Genre: Drame
Pays: Allemagne Durée: 105 mins
Age légal: Tous Age conseillé: Tous
Distributeur: Filmcoopi Zürich
Date de sortie: 04.02.2010
Lien officiel: http://samesame-themovie.com/
Critique: Loïc Valceschini
Note: * * * *

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Synopsis

Benjamin et son meilleur ami partent en vacances dans le Sud-est asiatique. Il rencontre à Phnom Penh une jeune Cambodgienne, Sreyko, dont il tombe amoureux. Après leur première nuit passée ensemble, il apprend qu'elle travaille dans un bar à hôtesse pour ramener de l'argent à sa famille, et qu'elle est séropositive. Malgré l'importance de ces révélations, cela ne l'empêche pas de passer du bon temps avec elle, alors qu'elle lui fait progressivement découvrir son pays. De retour en Europe, il se surprend à penser à elle, encore et toujours. Contre tout attente, il décide de retourner au Cambodge et de tout mettre en oeuvre pour pouvoir vivre avec elle.

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Critique

Sommes-nous prêts, à l'aube de nos 20 ans, pour l'amour de notre vie? Voilà la question que pose le cinquième film de Detlev Buck - projeté hier soir sur la Piazza Grande -, adapté d'une autobiographie écrite par Benjamin Prüfer, dont le premier amour, Sreykeo, une prostituée asiatique, s'avère être atteinte du virus du HIV. Débute alors une lutte constante contre la maladie, pour la recherche des médicaments nécessaires, mais aussi pour la sauvegarde de leur amour, dont les différences culturelles et géographiques séparent les deux amants.

Surfant sans cesse sur le fil des clichés - mais sans jamais vraiment y sombrer -, cette histoire d'amour entre ces deux jeunes a quelque chose de sincère qui émeut. Elle, franche, ne mâche pas ses mots; lui, humaniste, ferme volontiers ses yeux pour éviter des remouds et disputes. Ainsi, tel un couple qui s'applique à faire des efforts pour maintenir une certaine stabilité au sein de leur relation, ces deux protagonistes, à peine entrés dans l'âge adulte, affrontent des problèmes qui requièrent une maturité que des jeunes de cet âge n'ont pas forcément. On regrette donc que l'évolution de leur relation, qui se transforme inévitablement suite à la découverte de la maladie, ne dépasse pas le stade des médicaments.

 Quatre ans après Knallhart, David Kross, récemment découvert pour avoir incarné le jeune Michael Berg dans The Reader aux côtés de Kate Winslet, retrouve le réalisateur Buck, qui lui avait permis à l'époque de faire ses premiers pas dans le monde du cinéma. Sous l'apparente transparence de son jeu, Kross témoigne à nouveau d'un incroyable talent dans sa maitrise des mimiques du visage et des attitudes corporelles. Tout en finesse, il investit le corps et l'esprit de ce garçon naïf mais aimant, confirmant après The Reader, son statut de jeune acteur talentueux en devenir. Il serait également injuste de ne pas mentionner les autres acteurs tels que Apinya Sakuljaroensuk, qui incarne le personnage de Sreykeo, avec finesse et simplicité.

En revanche, à l'image du dernier plan du film - un arrêt sur image d'une pauvre fille asiatique qui sourit - le film est criblé de maladresses, dans son traitement des différences culturelles notamment, ce qui provoque parfois des situations comiques où le rire est jaune, gêné. En outre, un grief pourrait être fait les choix musicaux qui, dans un premier temps, peuvent surprendre (on passe aisément de Rammstein à Gainsbourg), mais qui peuvent également agacer (la chanson Le Vent nous portera du groupe Noir Désir est utilisée à trois reprises). En revanche, Buck n'abuse jamais des aspects touristique et dépaysant des lieux de tournage, même bien au contraire, puisque Buck rivalise en subtilité lorsqu'il effectue des comparaisons entre l'Asie et l'Europe (la scène du trafic routier, par exemple), provoquant des contrastes marquants.

Pour cela, pour sa franchise, sa simplicité apparente et ses thèmes universels, Same same but different crée effectivement la différence. La naïveté de certains propos ajoute encore un peu plus de charme au tout, ou balaie certains défauts qui, bien que notables, sont tout à fait pardonnables. Enfin, pour ses acteurs - dont principalement David Kross, à suivre de près! - qui s'imbriquent et se confondent dans ces personnages tantôt décalés, tantôt émouvants.

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