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Take Shelter

Take Shelter
Réalisateur: Jeff Nichols
Acteurs: Michael Shannon, Jessica Chastain et Kathy Baker
Genre: Drame
Durée: 116 mins
Age légal: 14 ans Age conseillé: 14 ans
Distributeur: Elite Film
Date de sortie: 01.02.2012
Critique: Fabio Gramegna et Patrick Ramuz
Note: *

Synopsis

Curtis LaForche mène une vie paisible avec sa femme et sa fille quand il devient sujet à de violents cauchemars. La menace d'une tornade l'obsède. Des visions apocalyptiques envahissent peu à peu son esprit. Son comportement inexplicable fragilise son couple et provoque l'incompréhension de ses proches. Rien ne peut en effet vaincre la terreur qui l'habite...

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Bande annonce

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Critique

Avec son premier long métrage, Shotgun Stories (2007), histoire de vengeance dans le Sud des Etats-Unis, Jeff Nichols avait déjà montré de très belles choses. Take Shelter, de nouveau avec Michael Shannon, semble être le film de la confirmation. Nichols est un talent sur qui il faudra certainement compter ces prochaines années.

Tout d’abord, le jeune auteur américain – il écrit lui-même ses scénarios – sait comment créer un suspense à partir de rien, ou presque. Pour Shotgun Stories, cela fonctionnait surtout grâce à des plans fixes. Take Shelter, là encore, a un rythme plutôt lent (peut-être trop à certains moments ?) et ne mise pas non plus sur un montage ou une musique à la Hitchcock. Pourtant, petit à petit, la tension monte. La caméra se met à bouger, à se rapprocher de Curtis (Shannon toujours magistral), telle une tornade. Le spectateur sent alors, comme le personnage principal, que quelque chose d’énorme risque de tomber sur lui. Reste à savoir quand et comment.

Cependant, il reste aussi à savoir quels sont les réels maux de ce père de famille, victime de cauchemars, et persuadé qu’un orage dévastateur va s’abattre prochainement sur sa ville. Car bien que les scènes mouvementées soient dignes des meilleures productions catastrophes, Take Shelter prend surtout le temps de se poser sur le drame qui s’abat sur cet homme. Curtis veut protéger sa famille, mais il va lui-même se mettre à dos sa femme (excellente Jessica Chastain) ainsi que son entourage.

Take Shelter, comme souvent les meilleurs films, laisse donc au spectateur une marge de réflexion. « Vous me croyez fou ? » hurle Curtis dans l’une des scènes les plus intenses. Oui, non. Une œuvre sur la folie ? Sur la peur de perdre ? La tornade en tant que métaphore d’autre chose ? Peut-être un peu de tout cela... Mais une chose sûre, Jeff Nichols nous offre ici un grand moment, aussi bien du point de vue de la forme – visuellement magnifique – que de l’émotion. Tous à l’abri.

Fabio Gramegna

 

 

Take shelter est à l'image de son interprète principal, le fascinant Michael Shannon. Banal en apparence, peu loquace, décalé, inquiétant, bouillonnant, touchant, étrange. En bref, difficile à cerner, ce qui pourra en déconcerter certains. Pour ne rien arranger, son auteur Jeff Nichols prend son temps ; il nous avait d'ailleurs déjà fait le coup lors de son premier film, Shotgun stories (2007), déjà emmené par Mister Shannon.

Malgré les apparences – et ce que laissait présager la bande-annonce –, Take Shelter n'est pas un film d'horreur psychologique, ni une comédie musicale sur le catch féminin. C'est un drame, une étude de caractère dont le sujet est un brave père de famille, Curtis La Forche, tourmenté par de menaçantes visions d'apocalypse et de violents cauchemars. Est-il en proie à des hallucinations ou perçoit-il réellement les signes avant-coureurs d'une catastrophe imminente? Avec une mère schizophrène, Curtis se demande évidemment si la pomme n'est pas tombée un peu trop près de l'arbre. Malgré ses doutes sur sa propre santé mentale, il décide de construire un abri afin de protéger sa femme et sa petite fille (de l'Apocalypse ? de lui-même?). Ce faisant, il s'endette, s'isole et met en péril ce qu'il cherche désespérément à sauver.

A la fois scénariste et réalisateur, Jeff Nichols maintient de bout en bout le ton singulier de son film. La structure narrative est impeccable et la mise en scène, axée principalement sur des cadres fixes à l'intérieur desquels les protagonistes évoluent lentement, ne cherche jamais à épater la galerie. La patience du spectateur sera récompensée lors de l'ultime séquence du film, étonnamment plus touchante qu'effrayante. A cet instant, Take shelter prend une autre dimension – du moins à mes yeux – en tant que puissante métaphore sur l'équilibre fragile des familles américaines touchées de plein fouet par la crise économique.

Patrick Ramuz (invité clap du mois de février 2012: voir sa page

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