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Fantoche 2010, 9 septembre. Contes et long-métrages.
10.09.2010

L’une des sections parallèles à la compétition s’intéresse cette année aux contes. Cinq séries de courts-métrages nous offrent la possibilité de découvrir certaines facettes de ce vaste univers. Nous avons eu l’occasion de visionner l’une d’entre elles. Intitulée « Wonder Tales », cette sélection de courts-métrages, tous réalisés ces vingt dernières années, contient diverses versions remaniées de contes bien connus. Blanche-Neige, Cendrillon, La Princesse et la grenouille … : de nombreux classiques parodiés ou revisités de manière très originale.

Fantoche au pays des contes
Granny_02.jpg

On retiendra notamment Granny O’Grimm’s Sleeping Beauty (2008, que vous pouvez trouver sur le net) qui nous montre une grand-mère terrifiant l’enfant à qui elle raconte l’histoire de La Belle au bois dormant… Le style, lui, n’a rien à envier aux productions Pixar. Il y a aussi Emily and the Baba Yaga (2005), une version violente du Petit chaperon rouge, celle-ci ne se laissant pas marcher sur les pieds. Ou encore A Fair(y) Use Tale (2009) qui s’amuse, grâce à des images de nombreux films de Walt Disney, à expliquer le système du copyright. Evidemment, Eric Faden, en utilisant uniquement de très courts extraits, a été assez astucieux pour éviter de se faire poursuivre par le géant du monde de l’animation, très pointilleux quand aux lois de copie justement. Enfin, comme l’a dit avant la séance Suzanne Buchan, ancienne co-directrice de Fantoche et organisatrice de cette section : pas de court-métrage autour des contes sans les frères Quay (Stille Nacht III). Elle continue : avec leur atmosphère sombre et pleine de mystère, « ces derniers ont influencé des centaines, voire des milliers d’étudiants en animation ». Le très réussi court-métrage espagnole dont nous vous parlions hier nous avait par exemple fait pensé à leur univers si particulier. Est-ce un hasard ? Mystère. A côté de ces nombreux courts-métrages, Fantoche nous donne également l’opportunité de voir des long-métrages liés au monde des contes. C’est donc dans cette catégorie que nous avons pu visionner Bajaja, un film d’animation tchèque datant de 1950. Evidemment, avec ses poupées sans expression et proche de l’apparence de « Playmobiles », ce film de princesses et dragons ne pourrait plus rivaliser avec les productions actuelles. Pourtant, malgré son rythme plutôt lent, la musique, l’humour et la narration particulière – en chansons – de ce film d’animation méritent le détour. Car un festival sert aussi à ça : ressortir de vieux trésors oubliés.

"Long-métrages"
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Dans la section « Long-métrages », composées de productions récentes, nous avons eu l’occasion de visionner deux bijoux de film d’animation. Le premier, Metropia, se déroule dans une Europe futuriste, où un Métro permet de passer d’une grande ville à l’autre rapidement. Les thèmes, eux, touchent à notre société actuelle : surveillance, omniprésence technologique, manipulation, etc. On comprend pourquoi lorsque l’on sait que Tarik Saleh, le réalisateur suédois de ce film, a un passé de documentariste politique. Metropia est également impressionnant visuellement. Il suffit de jeter un œil à quelques images pour se rendre compte du côté innovateur de cette belle réussite. Le deuxième long-métrage – Piercing I – est un film chinois réalisé, écrit et produit pratiquement dans sa totalité par un seul homme : Liu Jan. Ce dernier a même dû vendre sa maison pour arriver à bout de ce drame, pointant les problèmes de société en Chine. C’est ce qu’on appelle de la volonté et de l’engagement. Le résultat, lui, est violent et convaincant.

Auteur: Fabio Gramegna