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L'interview d’André Wilms et son « making-of »
21.12.2011
Politiquement incorrect!

Dans une vie, il y a forcément des rencontres qui restent davantage en mémoire que d’autres. Celle avec André Wilms, à Genève le 17 décembre pour la « promotion » du dernier film d’Aki Kaurismäki Le Havre, restera parmi les plus mémorables de ma jeune carrière de journaliste (par passion). Car ne vous fiez pas aux photos : l’interview ne fut pas forcément un moment de franche rigolade. Pour vous, le « Making-of » de l’interview d’André Wilms. Attention, cela risque d’être politiquement incorrect !

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15H15 Arrivée de l’ « Artiste » – André Wilms, vous l’aurez compris : « Tout d’abord, c’est pour quoi ? »

Fabio : « C’est pour un site internet, clap.ch ! » (C’est génial, non !? on est motivés)

A : (Visiblement un poil irrité et nerveux) « Ho les sites internet, j’en peux plus ! »

F : « Ha d’accord. »

A : « Oui, j’en ai vraiment marre. Et vous êtes politiquement correct, comme les médias nationaux ? »

F : « Je dirais qu’on ne cherche pas forcément à… »

A : « Je déteste ce qui est politiquement correct ! »

F : « Mon but n’est pas d’embêter les gens. Je pose mes questions et vous répondrez comme vous voulez. » (On est mal barrés.)

Remy (Caché derrière la caméra) : « C’est quand vous voulez ! »

F : « Alors, question un peu basique pour débuter : comment vous êtes-vous retrouvé pour la quatrième fois sur un film de Kaurismäki ? Et qu’est-ce qui a vous a poussé à retravailler avec lui ? » (Là c’est sûr,  il va sortir son pistolet, comme Clint Eastwood.)

A : (Ha non, son regard noir suffira) « Mais pourquoi vous [ndlr : les journalistes] ne pouvez jamais travailler et nous [ndlr : les artistes] devons toujours travailler ?! »

F : (Zen, faisant semblant de trouver ça drôle) heu…

A : (Pas zen pour un sou, semblant bien loin de plaisanter) « … Je vais vous le dire moi pourquoi j’ai de nouveau travaillé avec Kaurismäki. Parce que c’est simplement le meilleur ! » (En résumé…)

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Sacrés journalistes, sacré André

Quelques minutes plus tard, après de belles théories sur la médiocrité de la quasi-totalité de la production cinématographique actuelle, la complexité de la simplicité, Blocher, les richesses de la Suisse ou encore la drogue, l’interview est enfin terminée. Je n’ai pas osé poser toutes mes questions. André Wilms s’est montré légèrement agressif dès le départ, très moyennement sympathique, et évidemment « politiquement incorrect » (attention, le scandale est proche).

Désormais, je classifierai mes interviews de cette manière. D’un côté, il semble qu’il y ait de vrais passionnés dans le monde du cinéma, passionnants par la même occasion mais aussi cordiaux et reconnaissants que l’on s’intéresse à leur œuvre. Je mettrais dans ce panier de nombreuses interviews réalisées pour clap.ch : David Cronenberg, George A. Romero, Jean Becker, Albert Dupontel, Francis Veber ou même Eric & Ramzy, parmi les plus célèbres, sans oublier les cinéastes suisses, Fernand Melgar, Michel Rodde, Alex Iordachescu, Michael Steiner et j’en passe. D’un autre côté, il existe également dans ce milieu des gens apparemment aigris qui oublient que les motivations des journalistes peuvent parfois être de promouvoir leur travail, par passion (à nouveau, j’insiste). Ho, ces pauvres acteurs qui doivent travailler si dur (répondre à des questions), tandis que les journalistes, eux, sont si fainéants et que le monde, lui, va si mal !

Aki Kaurismäki, réputé lui aussi pour être difficile en interview, disait récemment sur le site Allociné : « La musique en général est intéressante parce que je n’aime pas tant que ça le cinéma. Le seul aspect que j’aime c’est mettre de la musique dans les films parce qu’on peut détruire un film avec de la musique, ou on peut le sauver. Si vous mettez un tango ici, les gens pleurent. Si vous ne le mettez pas, ils rient. » Et ce n’est pas la première fois qu’il le disait. Peut-être est-ce là aussi le problème d’André Wilms : ne pas aimer « tant que ça » le cinéma.

Dans Le Havre, ce dernier joue un cireur de chaussures au grand cœur qui porte secours à un petit garçon immigré. Voilà une chose qu’on ne lui enlèvera pas : André Wilms est sûrement un grand acteur. Car ce coup-ci, il aura surtout joué au grand « … » (bip). Gardons les points de suspension. Je ne lui ferai pas le plaisir de tomber dans le « politiquement incorrect ». Joyeux Noël et bonne année. 

L'interview vidéo

L'interview vidéo est à découvrir ci-dessous!

Auteur: Fabio Gramegna

Reportage vidéo

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