

Oubliée la pluie et les nuages, un semblant de soleil fait son retour sur la Piazza Grande, pour le plus grand bonheur des festivaliers. Pourtant, les projections n'incitent pas vraiment à la joie, on pense au superbe et déprimant Warriors of Love (Kärlekens Krigare) du suédois Simon Staho.
Même si son nom reste inconnu du grand public, Simon Staho est un habitué des grands festivals. En 2008, son film Heaven's Heart (Himlens Hjärta) apparaissait à la Berlinale, une année plus tôt, Daisy Diamond, concourait dans la sélection officiel du festival de San Sebastian. Son principal succès reste sans doute son Silver Hugo Award, obtenu à Chicago en 2004 avec Day and Night (Dag och Natt). Noomi Rapace (qui apparaît dans le récent Millenium), Mads Mikkelsen ou encore Maria Bonnevie ne sont quelques'uns des acteurs scandinaves qu'il a dirigé au fil de sa jeune carrière.
Dès son plus jeune âge, Ida (sublime Josefin Ljungman) subissait les assauts pervers de son père. Il la violait. Aujourd'hui, la jeune femme attend des excuses de son père, pour oublier. Accompagnée de son amoureuse Karin (Shima Niavarani), elle le rencontre, puis le tue.
Bien plus qu'une simple vengeance, Warriors of Love (Les guerrières de l'amour, en français) est une histoire d'amour, sorte de version contemporaine de "Romeo & Juliette".
Dans ce film, les dialogues sont réduis au minimum. Les corps, les gestes et les regards des héroïnes parlent pour elles. Tantôt sexuels ou tristes, ces mouvement tachent dans les décors froids et les paysages danois mélancoliques .
Statiques, les plans laissent pourtant échapper une brutalité extrême. On pense notamment aux rapports qu'entretiennent les héroïnes, naviguants entre érotisme et violence pure.
Dans cette ronde infernale, les deux interprètes livrent une interprétation magistrale. Un film nécessaire!