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Reportage sur le tournage du film «Sauvages!»

Dernière mise à jour : 23 sept. 2023

Le réalisateur Claude Barras et son équipe tournent en ce moment même à Martigny le film d’animation en stop-motion Sauvages! Ils se trouvent dans la dernière ligne droite: le tournage se termine en septembre, il aura duré sept mois. Nous nous sommes rendus sur place. Reportage.

Kéria, l'héroïne du nouveau film de Claude Barras, Sauvages! , et Oshi, le bébé orang-outan – photo ©Raphael Fleury


C’est un jour de septembre, le temps est maussade. Quelques gouttes de pluie tombent alors que nous attendons l’heure de la visite, dans la zone industrielle de Martigny. C’est ici, dans un bâtiment de quelque 2'000 m2, que se trouvent les seize plateaux de tournage du nouveau film de Claude Barras, Sauvages! Une œuvre cinématographique utilisant la technique d’animation du stop-motion, ou image par image, la même utilisée par le metteur en scène valaisan pour son précédent long métrage, Ma Vie de Courgette, une merveille qui avait été nominée aux Oscars en 2017 et qui avait obtenu le César du meilleur film d’animation la même année.

Photos ©Raphael Fleury


La technique du stop-motion permet de donner à des objets réels, immobiles, l’illusion du mouvement. Il s’agit, à l’aide d’une caméra, de faire une photo, par exemple d’un personnage, puis de bouger manuellement ses jambes, sa tête ou encore ses mains, de faire une nouvelle photo, et de recommencer ce processus. Entre chaque prise de vue, on bouge donc légèrement ce personnage. La succession des images prises donnera ensuite l’illusion du mouvement. Un travail de fourmi, une tâche titanesque: tout se fait à la main ou avec des petits outils, quatre secondes de film représentent une journée de travail (quatre secondes par jour par animateur).


Sauvages! raconte l’histoire de Kéria, onze ans, une fille vivant avec son père dans la banlieue paysanne d’une ville de la province du Sarawak, sur l’île de Bornéo. Sa mère est morte quand elle était toute petite. Kéria n’en a plus aucun souvenir, mais son père lui a raconté qu’elle a été dévorée par une panthère.


Nous serons donc amenés à voyager, puisque c’est de l’autre côté de la planète, en Malaisie, que se déroulera le récit de Claude Barras. Un récit qui devrait donner à réfléchir: l’écologie y tiendra une place centrale.

Nous avons encore quelques minutes avant le début de la visite. Nous en profitons pour nous remémorer quelques films en stop-motion particulièrement marquants: L'Étrange Noël de Monsieur Jack, Mary and Max, Chicken Run, Max and Co, L’Île aux chiens, Pinocchio. Et Ma Vie de Courgette, bien entendu. Tandis que les images défilent dans notre esprit, nous tombons dans le ravissement: ces œuvres géniales nous apparaissent comme autant de trésors inestimables.


Notre guide arrive, nous tirant de nos pensées. Nous jetons un œil à travers les vitres du bâtiment: nous apercevons Claude Barras. Nous ne le verrons pas plus cet après-midi, le cinéaste n’aura pas le temps de nous recevoir: il est très occupé, le tournage prend fin sous peu. Nous pénétrons dans le studio de cinéma.


Au cours de notre visite, nous avons droit à un making-of de dix-huit minutes projeté sur un écran, à un certain nombre d’informations et d’explications, et, enfin, à une démonstration, par un animateur, sur l'un des plateaux de tournage.

Photos ©Raphael Fleury


Sauvages! est une coproduction suisse, française et belge, l’équipe est donc composée de personnes de ces pays, mais aussi, apprenons-nous, d'Espagne, d'Angleterre ou encore de Nouvelle-Zélande. Un fascinant melting-pot. Le metteur en scène Claude Barras sillonne les différents plateaux de tournage durant la journée, pour s’assurer du bon déroulement des opérations. En fin de compte, c’est un long métrage d’environ 80 minutes, composé de quelque 800 plans, qui verra le jour.


Le budget? Plus ou moins 12 millions de francs. C’est beaucoup pour la Suisse, mais pour un tel film aux États-Unis, le budget serait bien plus conséquent, il se situerait aux alentours de 70 millions de francs.

Photos ©Raphael Fleury


Tout est construit, il n’y a rien de virtuel, nous assure le jeune animateur qui entreprend une démonstration. Sur le plateau de tournage, nous reconnaissons la petite Kéria et Oshi, le bébé orang-outan qu’elle recueillera, dans un décor de jungle. Le jeune homme bouge légèrement un bras de Kéria, prend une photo, et recommence. Encore. Et encore. «Ce sont les éléments comme l'eau ou le feu, nous dit-il, qui nous posent le plus de problèmes. Par exemple pour l'eau, nous utilisons de la cellophane et du gel pour les cheveux.» L’équipe de Sauvages! doit donc faire preuve d’inventivité, d’ingéniosité.


L’animateur bouge une dernière fois le bras de Kéria. Enfin, il nous montre le résultat sur un écran: Kéria agite un bras, elle semble nous saluer. Nous lui faisons nos adieux, quittons les lieux, émerveillé, en attendant de la revoir, au cinéma cette fois, ce sera en octobre 2024.

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