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Sidonie au Japon

Note: 3/5

Sidonie au Japon est bien plus qu'un simple récit émouvant, c'est une invitation à se plonger au plus profond de nous-mêmes.



Sidonie, écrivaine française confirmée, se rend au Japon à l’occasion de la réédition de son premier roman. Accueillie par son éditeur local, immergée dans les traditions nippones, elle perd peu à peu ses repères. D’autant plus lorsqu’elle se retrouve nez à nez avec son défunt mari dont elle n’a pas encore fait le deuil.


La réalisatrice, Elise Girard, a puisé dans ses expériences personnelles au Japon pour tisser cette histoire où se mêlent mélancolie et espoir. En effet, depuis son premier long métrage, Belleville Tokyo, qui présentait un Japon fantasmé du fait que ni son protagoniste, ni elle n’y avaient mis les pieds ; la réalisatrice y a effectué plusieurs séjours. Certaines des situations rencontrées par son héroïne sont d’ailleurs directement inspirées de ce qu’elle a expérimenté, notamment les quiproquos comiques résultant du choc des cultures ou encore son voyage introspectif.


Au cœur de ce périple initiatique vers la guérison se trouve donc Sidonie, écrivaine en quête de sens, interprétée avec sobriété et sensibilité par Isabelle Huppert. A ses côtés, Kenzo, son dévoué éditeur, incarné par Tsuyoshi Ihara empli de tendresse et de sérénité, lui propose une épaule sur laquelle se reposer.



Ses paroles évocatrices à l’intention de Sidonie, "Vous ne serez jamais seule ici", prennent une résonance particulière, soulignant à la fois la présence des disparus mais également l'emprise du chagrin qui l'empêche de vivre. Elle va devoir se réconcilier avec son passé pour renaître à la vie et s’autoriser à nouveau à aimer. Car dans ce film il est aussi question d’amour, plus précisément d’une passation d’amour.


La réalisation est poétique et volontairement minimaliste, distinguant le film par sa pudeur et sa lenteur contemplative, choix assumé d’Elise Girard qui en fait à la fois sa force mais aussi sa faiblesse. Si la profondeur de Sidonie captive, le développement des personnages de Kenzo et Antoine est en revanche limité. De plus, bien que certaines scènes soient intenses, l'ensemble du film demeure plutôt inégal et la fin, bien que satisfaisante assez convenue.


Reste que Sidonie au Japon est bien plus qu'un simple récit émouvant, c'est une invitation à se plonger au plus profond de nous-mêmes et à explorer notre manière d'accepter le deuil. Avec délicatesse, le film nous rappelle que, même face aux tragédies de la vie, il y a toujours une lumière à trouver, une histoire à poursuivre.


 


 

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