Licorice Pizza

Note : 5/5

Licorice Pizza était le nom d'une franchise de boutiques de disques aux Etats-Unis dans les années 1970, les "pizzas à la réglisse" représentant les vinyles qui y étaient vendus. Nulle trace de ces magasins dans le dernier chef-d'oeuvre de Paul Thomas Anderson, mais un pouvoir d'évocation immédiat notamment par le biais de la sublime bande originale qui s'y déploie de bout en bout.



On y suit Gary, 15 ans, et Alana, 25 ans, le premier tombant amoureux de la seconde, cette dernière n'acceptant dans un premier temps qu'une relation d'amitié avec ce jeune ado, avant de voir ses sentiments progressivement évoluer. Avec Licorice Pizza, Paul Thomas Anderson, réalisateur des désormais classiques Magnolia et There Will Be Blood , propose avec son nouveau long-métrage une chronique de la jeunesse californienne en 1973 (le film se déroule dans la San Fernando Valley) d'une justesse, d'une drôlerie et d'une émotion rares. Nul besoin d'avoir vécu dans les années 70 pour être d'emblée transporté dans une époque vers laquelle on souhaiterait être immédiatement téléporté.


D'une fluidité exemplaire, le film fait à nouveau la démonstration de l'impressionnante maîtrise formelle d'Anderson, qu'il s'agisse de cadrages, de lumière, de rythme ou de dialogues. D'une tenue visuelle à tomber par terre, Licorice Pizza nous donne en outre à découvrir deux comédiens que l'on voudrait prendre dans nos bras à l'issue de la projection. D'un côté, Cooper Hoffman, fils du regretté Phlip Seymour Hoffman disparu en 2014, incarne avec une justesse folle un ado hâbleur et roublard qui tombe amoureux d'une fille a priori trop âgée pour lui. De l'autre, la talentueuse et craquante Alana Haim, dont la trajectoire dans le film imposait des nuances de jeu que la comédienne parvient à maîtriser avec un naturel qui force l'admiration.

Paul Thomas Anderson, né en 1970 dans la vallée de San Fernando, fait revivre cette année 1973 qu'il n'a de fait pas vraiment connue, mais qui de toute évidence imprègne ses souvenirs et son ADN, tant la justesse et le pouvoir d'évocation qui transpirent du long-métrage sont évidents. De telle sorte que le film, par effet de contraste, laisse éclater la médiocrité et la tristesse du monde actuel. Tout n'était pas forcément mieux avant, mais beaucoup de choses sont assurément pires maintenant.


Euphorisant et émouvant de bout en bout, Licorice Pizza s'impose comme le nouveau chef-d'oeuvre d'un réalisateur qui fait assurément partie des plus grands cinéastes contemporains. Le film de l'année ? C'est bien possible.

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