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Cinétoile

28 ans plus tard : le temple des morts

Note: 4/5

Pour le second volet de la nouvelle trilogie débutée par Danny Boyle l'année dernière, Nia DaCosta réalise un film convaincant dans lequel émotion et horreur se côtoient admirablement.


© Sony Pictures Releasing Switzerland GmbH
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Alors que le jeune Spyke a rejoint la secte sataniste de Jimmy Crystal et ses adeptes, le docteur Kelson tente de ramener un peu d'humanité chez Samson, l'alpha déjà présent dans le film précédent. Les chemins empruntés par les protagonistes les amèneront à se rencontrer au temple des morts, pour le meilleur et pour le pire.




La réalisation de ce second volet, confiée à Nia DaCosta sur un scénario d'Alex Garland (déjà à l'écriture du précédent film), suit un schéma assez classique, soit deux récits, incarnés par différents personnages, qui vont finalement se confronter. Le terme de confrontation est particulièrement adéquat dans le sens où les deux histoires sont diamétralement opposées tant dans leur forme que dans leur contenu. En effet, d'un côté se déchaîne une violence brute, dont le but est de satisfaire la folie d'un seul homme et d'assoir le pouvoir qu'il exerce sur ses pairs, de l'autre se trouve la bonté d'un individu cherchant l'humanité là où elle semble avoir pourtant disparu.


© Sony Pictures Releasing Switzerland GmbH
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On retrouve ainsi Spyke, incarné une nouvelle fois par le jeune Alfie Williams, qui malgré lui est devenu un membre de la secte de Jimmy Crystal, personnage central de cette partie du récit, dont le but est de punir (entendez par là torturer et tuer) quiconque croise son chemin. Les adeptes de Jimmy sont des adolescents et adolescentes, dépersonnalisés et à l'image de leur gourou, tant par leur look (ils portent en effet une perruque blonde) que par leur prénom (ils ont dû l'abandonner et s'appellent désormais toutes et tous Jimmy). Dans 28 Ans plus tard : Le temple des morts, l'horreur est maintenant le fait des adeptes de Jimmy, et donc des humains, plus que des infectés eux-mêmes. Il faut par ailleurs noter que le personnage de Jimmy Crystal lui-même, s'il donne les ordres, ne se salit jamais les mains directement. Ainsi, les actions horribles commises par la secte sont toujours le fait d'enfants et d'adolescents, sous l'emprise de cette figure paternelle et biblique malsaine. Il aurait été intéressant que la réalisatrice creuse un peu plus cette question de l'emprise opérée par l'adulte car sans cela, on pourra avoir parfois l'impression (fausse) d'une violence purement gratuite afin de satisfaire les amateurs de sang et de gore.

La prestation de Jack O'Connell dans le rôle de Jimmy Crystal est excellente et l'acteur semble avoir pris beaucoup de plaisir dans ce rôle de psychopathe adepte de Satan. Les membres de la secte, ou les doigts comme ils sont surnommés dans le film, sont également interprétés de façon très convaincante par de jeunes acteurs et actrices, à l'image de la remarquable comédienne britannique Erin Kellyman dans le rôle de Jimmy Tattoo.


© Sony Pictures Releasing Switzerland GmbH
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L'autre protagoniste du long métrage peut être qualifié de duo, à savoir le docteur Ian Kelson et l'alpha Samson. Les deux personnages, qui d'une certaine façon s'affrontaient déjà dans le premier opus de la trilogie, vont nouer des liens à mesure que le docteur Kelson tente de rendre un peu de son humanité à l'imposant infecté. Et c'est là la vraie force du long métrage. Nia DaCosta parvient à mélanger fureur, émotion et parfois même une certaine poésie pour faire de cette relation improbable une quasi-ode à l'amitié et à l'espoir. Si la transformation en infecté ne prend que quelques secondes, le retour à une sorte d'humanité est un processus beaucoup plus long auquel le spectateur assiste avec attention. On découvre avec intérêt le jeu d'acteur de Chi Lewis-Parry, tantôt attachant tantôt effrayant dans son interprétation, tandis que Ralph Fiennes démontre une nouvelle fois qu'il est incontestablement l'un des acteurs les plus doués de sa génération. Son interprétation de The number of the beast d'Iron Maiden vaut d'ailleurs à elle seule la peine de voir le film.



Nia DaCosta réalise avec 28 ans plus tard : le temple des morts un film efficace et prenant, et réussit d'une certaine façon à s'emparer de l'univers de la franchise tout en revenant également à ce qui avait fait le succès du premier film. Elle parvient même à réhabiliter 28 ans plus tard, qui en devient presque un film de transition s'inscrivant dans une continuité, en lieu et place de ce qui pouvait être considéré comme un film hybride se cherchant, tantôt fan movie, tantôt film survivaliste. Derniers éléments à saluer, l'excellent travail effectué sur la bande originale du film par Hildur Guðnadóttir et celui sur la photographie par Sean Bobbitt dont c'est la troisième collaboration avec Nia DaCosta. On regrettera finalement que la réalisatrice ne se soit pas encore plus approprié le long métrage pour livrer un film plus personnel à l'image de son excellente relecture de Candyman, qu'elle a réalisé en 2021. Malgré cela, 28 ans plus tard : le temple des morts est une superbe surprise en ce début d'année et la fin du film ravira particulièrement les fans de la franchise qui sortiront de la salle de cinéma avec ce simple constat : "Vivement la suite!"


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