cRITIQUE DE RESIDENT EVIL
Note: 3/5
Zach Cregger est aux commandes de cette nouvelle adaptation du jeu vidéo culte qui a révolutionné l'univers ludique du survival horror.

Bryan, jeune coursier médical, se voit confier un colis qu'il doit transporter jusqu'à l'hôpital de Raccoon City. Alors qu'il conduit sur une route enneigée en pleine tempête, il heurte accidentellement une femme surgie de nulle part. Cela n'est pour Bryan que le début d'une soirée qui va tourner au cauchemar et lors de laquelle chaque rencontre va devenir une lutte pour sa survie.
Une nouvelle adaptation du jeu vidéo créé par Shinji Mikami en 1996 au sein du célèbre studio japonais Capcom est toujours un petit évènement pour les gamers du monde entier. Ces derniers étaient d'ailleurs certainement plus impatients que les cinéphiles de la sortie d'un long-métrage issu de l'univers Resident Evil, tant les précédentes adaptations cinématographiques peuvent être considérées comme des navets. Ainsi, après la franchise à la gloire de Milla Jovovich (rien d'étonnant, cinq des six volets ayant été réalisés par son époux, Paul W.S. Anderson, dont on peut aisément prétendre que le seul film réussi est Event Horizon) et une adaptation plus fidèle au jeu vidéo sortie en 2021 et réalisée par Johannes Roberts, mais qui ne parviendra jamais à trouver son public (la faute à des choix scénaristiques que l'on qualifiera au minimum d'improbables), on n'attendait plus grand-chose de la licence Resident Evil. Certains allant jusqu'à penser que la franchise était l'un de ces nombreux jeux vidéo maudits, impossible à transposer au cinéma. Du moins jusqu'à l'annonce d'un nouveau film avec Zach Cregger à la réalisation. En effet, les deux derniers longs-métrages du réalisateur, Barbarian et Weapons, ont été de véritables succès, public et critique, et l'annonce d'une histoire totalement originale était propice à l'espoir de voir enfin une adaptation digne du jeu vidéo dont elle s'inspire… Malheureusement, le pari du réalisateur n'est que partiellement réussi.

L'un des points prometteurs de ce nouveau Resident Evil était donc la liberté prise par le réalisateur quant à son scénario. En effet, les événements racontés durant le film se passent simultanément au récit du second opus du jeu vidéo, soit le moment où la ville de Raccoon City est dévastée par les zombies et autres monstres mutants, mais Zach Cregger choisit de raconter une histoire originale, centrée sur le personnage de Bryan. En s'affranchissant ainsi des héros emblématiques du jeu vidéo, le réalisateur avait carte blanche pour s'approprier l'univers du célèbre jeu et laisser libre cours à son imagination (l'une des particularités de l'univers de Resident Evil est la mutation génétique provoquée par le virus T, offrant ainsi une multitude de possibilités dans la création de créatures difformes et dégénérées). Et lorsque l'on connaît l'originalité démontrée par le cinéaste dans ses précédentes œuvres, dont il a écrit également les scénarios, les attentes étaient légitimes.

Hélas, Zach Cregger n'explore jamais tout le potentiel qui s'offre à lui et réalise finalement un film assez classique de survival horror sans jamais prendre le moindre risque. Ce n'est évidemment pas mauvais, tant le réalisateur maîtrise sa caméra et le rythme, mais il manque tout de même un petit quelque chose durant toute la durée du film pour en faire un vrai bon film d'horreur. Prenons le personnage de Bryan, interprété de façon convaincante par Austin Abrams. Le réalisateur a fait le choix d'en faire un personnage maladroit, presque idiot parfois, ce qui donne une légèreté au film et une dose d'humour très appréciable. Mais le personnage devrait évoluer à mesure que les événements se succèdent, et prendre conscience de l'horreur qui l'entoure. Malheureusement, ce n'est jamais le cas et les scènes semblent finalement se succéder les unes après les autres, devenant à certains moments presque ennuyeuses, par manque d'évolution du protagoniste. De la même manière, les autres personnages croisés dans le récit, à l'exception du personnage de Pauline, semblent tous prendre les événements avec une certaine légèreté malgré les situations catastrophiques.
L'un des autres points négatifs du long-métrage de Zach Cregger est l'utilisation presque systématique d'effets numériques pour les effets spéciaux, dont l'usage excessif fait parfois mal aux yeux (la dernière scène du film est une horreur de laideur). Par contre le cinéaste démontre une nouvelle fois l'importance d'une bande-originale de qualité et sa collaboration avec les frères Hayes et Ryan Holladay continue de faire des merveilles (ils avaient déjà collaboré sur le précédent film du réalisateur).
© Praesens-Film AG
Resident Evil est ainsi un film inégal, parfois réussi, parfois lassant. Zach Cregger démontre en tout cas une connaissance de la franchise en insérant ici et là des clins d'œil qui plairont aux fans du jeu vidéo déçus de ne pas avoir un récit reprenant l'univers qu'ils connaissent et offre quelques jumps scares efficaces qui raviront les amateurs de ce genre de films pop-corn. Fidèle à lui-même, le réalisateur ose parfois aller plus loin (la scène de la maternité n'est pas à mettre devant tout le monde) mais semble ne pas avoir trouvé la recette pour réaliser un film à la hauteur de son talent. Peut-être dans une suite ? Zach Cregger laisse planer le doute pour l'instant…

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