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Laissez-moi: interview de Maxime Rappaz

Laissez-moi, le premier long métrage de Maxime Rappaz définit parfaitement son réalisateur qui semble vouloir être ailleurs lors de l’exercice de l’interview. Comme il le dit si bien lui-même il préférerait être dans une grotte en train d’écrire son prochain film.

«Un hommage à la figure de la mère»: voilà comment Maxime Rappaz définit son film qui fait le portrait de Claudine, une femme qui mène une double vie de mère d’un jeune adulte atteint d’un handicap et d’amante éphémère dans un hôtel au pied d’un barrage. Et pour l’illustrer il utilise le contraste qui existe entre le haut de la montagne et la vallée où elle vit: «Je trouve que la montagne a quelque chose de mystérieux que j’aimais bien mettre en scène dans cette histoire et qui fait écho au mystère de Claudine. La montagne permet de s’approcher de quelque chose qui est proche de l’allégorie ou du conte. Cela me permettait de m’éloigner un petit peu du naturalisme.»


Venant du monde de la mode, Maxime Rappaz fait nativement de son personnage principal une couturière: «J’ai choisis ce métier pour Claudine afin de montrer que c’est une femme qui s’occupe des autres avant de s’occuper d’elle-même.»


Entre Claudine et son fils Baptiste, le cinéaste voulait qu’il y ait un lien de dépendance très fort: «J’avais déjà travaillé avec Pierre-Antoine Dubey sur mon dernier court métrage, Tendresse, et je le voulais pour le rôle de Baptiste, mais au début, je ne savais pas qui était Baptiste. Le personnage s’est construit au fur et à mesure notre collaboration et grâce à notre travail en amont du tournage avec la Fara, un institut fribourgeois qui s’occupe de personnes avec un handicap où on a pu côtoyer le corps médical et social. Mais sur le tournage on s’est débrouillé sans aide particulière une fois que le personnage était mis en place.» Quand à la polémique que pourrait suscité qu’un acteur joue un personnage handicapé, Maxime Rappaz n’a pas de réponse: «Cela me dépasse un petit peu. Je n’ai pas de réponse philosophique ou politique à ça. La seule réponse que je peux apporter est que j’ai essayé de travaillé avec sincérité et humilité et trouver la justesse dans le personnage.» Et le résultat à l’écran grâce à la prestation de Pierre-Antoine Dubey est tout à fait probant et crédible.


Quand on l’interroge sur la question de la maternité, le réalisateur évoque une fascination qui lui tient à coeur: «Je travaille sur la figure de la mère depuis le départ dans mes films. Je pense que cela vient de ma relation à ma propre mère. Quand j’étais petit, les films qui me touchaient le plus étaient ceux qui mettaient en scène des femmes de cinquante ans. C’est ma sensibilité qui m’a poussé à partir vers un personnage féminin.»


Pour son film qui privilégie les plans cadrés et picturaux, Maxime Rappaz a confié la direction de la photo à Benoît Dervaux connu pour son travail en caméra portée chez les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne: «De lui, je connaissais surtout son travail à l’épaule sur les films des frères Dardenne. Et j’ai découvert qu’il avait fait plein d’autres choses. Et c’est vrai qu’au début j’avais un peu de réticence à l’idée que ce ne soit pas un chef opérateur qui fasse des cadres comme je les imaginais. Mais il avait le challenge de relever le défi de cette rigueur dans la mise-scène et on s’entendais très bien humainement et je voulais cela pour mon premier film. On a vécu une collaboration d’égal à égal et il s’est impliqué à fond dès les repérages.»


Claudine utilise ses amants de passage qu’elle choisit étrangers pour s’inspirer des lettres qu’elle rédige en faisant croire à son fils qu’elle sont signées de son père absent. Elle en fait un personnage voyageur qui prends toujours le temps d’écrire à son fils à chacune de ses étape: «Le fait qu’elle se servent des récits des amants qu’elle rencontre là-haut entremêle plusieurs choses. A-t-elle besoin d’aller voir ces hommes parce qu’elle doit écrire ces lettre? Fait-elle cela peut-être pour s’excuser auprès de son fils de ses absences hebdomadaires? Je voulais enfermer Claudine dans un schéma un peu particulier pour donner l’impression aux spectateurs qu’elle est contrainte de changer d’amant pour avoir un nouveau récit à écrire à son fils.»


Claudine est interprété par Jeanne Balibar à laquelle Maxime Roppaz avait déjà pensé pour son court métrage Tendresse mais elle n’était pas disponible à ce moment-là: «Jeanne me trottais dans latte mais je n’ai pas écris Laissez-moi en pensant à elle. elle m’est revenue à l’esprit car j’avais quand même développé ces dialogues en peu particulier, cette façon non naturaliste de parler, ce vouvoiement, ce côté un peu littéraire même si ce n’est pas littéraire. Et comme mon film n’a pas d’intrigue à proprement parler puisque l’intrigue c’est Claudine, j’avais envie d’une actrice qui évoque un mystère, qui sache jouer sur plusieurs palettes, le côté mère, amante et femme. La production a envoyé le scénario à son agent. Une semaine après, elle l’avait lu. On a mangé ensemble et c’était bon.»


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