Black Panther: Wakanda Forever

Dernière mise à jour : 11 nov.

Note: 4/5

Black Panther: la voie de la féminisation

Après un premier épisode plutôt réussi qui a conquis les fans, la suite de Black Panther ne devait pas se louper. D’autant plus que celui-ci boucle une phase quatre de l’univers cinématographique de Marvel d’une durée de deux ans plutôt mitigée côté qualité.


C’est donc une très agréable surprise de découvrir Black Panther: Wakanda Forever qui fut, dès le décès subit de l’acteur principal Chadwick Boseman en 2020, un défi pour les scénaristes.

Beaucoup de questions se sont posées et l’idée d’inclure dans cette suite la disparition du Roi du Wakanda fut vite choisie. C’est donc avec une ouverture sur un décès et une cérémonie d’adieu que s’ouvre le film avec le logo Marvel Studio où sont incrustés plusieurs plans de l’acteur sans musique. Le réalisateur Ryan Coogler et les scénaristes ont joué la sobriété pour cet hommage qui allait être très lourd à porter pour toute l’équipe de la production.

Enjeux politiques, histoire de vibranium, vengeance, action et questionnements de l’identité familiale sont au cœur de ce nouvel opus. Un film ‟marvelien”, certes, mais avec des scènes d’actions juste bien placées où il faut, quand il faut et des scènes de dialogues assez longues qui sont souvent nécessaires à la narration de cette nouvelle histoire du royaume africain fictif. Certains fans plus axés sur l’action non-stop risquent de s’en plaindre, mais d’autres, qui aiment l’approfondissement des personnages, en auront pour leur argent.

Sans dévoiler toute l’histoire et ses multiples rebondissements, nous découvrons une nouvelle civilisation dont le roi est Namor Prince des mers. Un personnage attendu depuis longtemps par les fans. Si sa première apparition visuelle et ses origines légèrement biaisée par rapport au personnage original a fait tiquer le milieu il y a quelques mois, en fin de compte, ce nouvel héros ou anti-héros, puisqu’il s’agit quand même du méchant du film, s’en sort plutôt pas mal.

Le film repose sur ses actrices qui portent à elle seules sur leurs épaules toute l’histoire de ce nouvel opus: la reine du Wakanda furieuse et en deuil, Shuri qui, on le sait reprendra le costume de la Panthère Noire, Okoye la cheffe des Dora Milaje qui est dégradée de son rang, le retour inattendu de Nakia, ex-petite amie de T’Challa et surtout la première apparition du futur nouvel ersatz de Iron man, Riri Williams. Peu de place donc à la gent masculine qui du coup est plutôt reléguée du côté des méchants, de simples apparitions ou des faire-valoir au scénario. Un détail qui ne dérange pas du tout, mais qui sent la voie du féminisme assumé.

Coté visuel une déception tout de même, les scènes sous-marines ne sont pas convaincantes et se déroulent souvent de nuit ou dans une pénombre frustrante. Surtout après avoir vu la bande annonce du futur Avatar juste avant la séance.

Au final, le film remonte la cote d’une cuvée de deux ans plutôt basse en régime et trouvera sa voie et sa rédemption parmi les fans de Marvel, les féministes et les communautés africaines.