Critique de La fin d'Oak Street
- Sandro Paulo

- 17 août
- 3 min de lecture
Note: 2.5/5
La Fin d'Oak Street est l'un de ces films faits pour alimenter les salles obscures durant l'été. Du pur divertissement sans prétention…

Denise Platt vit avec son mari Greg et leurs deux enfants dans le paisible quartier d'Oak Street. Si la vie semble tranquille entre les fêtes de quartier et les barbecues, le couple de Denise rencontre en réalité de grandes difficultés. Un matin, alors que la famille Platt se retrouve sans électricité ni eau courante, elle découvre que, suite à de mystérieux phénomènes intervenus durant la nuit, Oak Street et une partie de sa banlieue se retrouvent transportées au temps des dinosaures. Une lutte pour la survie commence alors pour Denise et sa famille.
C'est le réalisateur américain David Robert Mitchell qui est à la réalisation de La Fin d'Oak Street et disons-le d'entrée, c'est la première surprise de ce blockbuster… En effet les deux précédents longs-métrages du réalisateur étaient des films comprenant des sous-textes véritablement contemporains, soit la jeunesse américaine face aux maladies sexuellement transmissibles dans It Follows (au passage l'un des meilleurs films d'horreur des 20 dernières années) ou, pour ce qui concerne l'excellent Under the Silver Lake, la pop culture, la paranoïa et la perte de sens dans notre société moderne. Ainsi, on pouvait légitimement se demander quels thèmes le réalisateur allait aborder dans cette histoire de famille projetée à l'ère des dinosaures ! Eh bien disons-le tout de suite, pas grand-chose. Entendons-nous, cela n'est pas forcément négatif, mais eu égard aux œuvres précédentes du réalisateur, on était en droit d'en attendre un peu plus de la part de ce dernier.

Lors des 20 premières minutes du film, on a souvent l'impression de regarder E.T. l'extra-terrestre de Steven Spielberg ou encore Super 8 de J.J. Abrams (par ailleurs producteur du film). L'histoire semble ainsi être le récit de l'enfance, et plus particulièrement de celle de Brian, fils de la famille Platt. Les balades à vélo, la voisine espionnée avec sa petite bande à l'abri des barrières, la terreur du quartier qui veut s'en prendre à Brian, tous les ingrédients sont là et le réalisateur les filme avec aisance. Ajoutez à cela les problèmes de couple de Denise et Greg, autant dire que l'on n'est pas passé loin d'un film qui aurait pu s'appeler "Histoire d'une famille de la classe moyenne américaine". Heureusement, alors que l'ennui commence à nous gagner, l'impensable se produit et tout ce petit monde se retrouve projeté des millions d'années dans le passé.

Car c'est évidemment une fois l'arrivée des dinosaures intervenue que les choses sérieuses commencent, même si elles commencent doucement. Le film va aller crescendo dans sa seconde partie puisque le réalisateur va habilement en montrer de plus en plus. Si les premières rencontres sont furtives et qu'on voit finalement assez peu d'espèces de dinosaures, à mesure que le film avance, on découvre de plus en plus ces animaux disparus pour le plus grand plaisir des spectateurs et spectatrices. Il faut également noter que les effets spéciaux sont de très belle facture et les dinosaures sont très réussis. Évolution des connaissances scientifiques oblige, on a désormais des dinosaures à plumes ou à poils et cela fonctionne très bien. Ainsi, malgré un mécanisme assez basique se répétant, à savoir fuir les dinosaures, le rythme est efficace et on ne s'ennuie pas durant cette incursion dans le passé.
S'agissant de la distribution, Ewan McGregor et Anne Hathaway sont les premiers rôles du long-métrage. Sans remettre évidemment en cause le talent indéniable de ces deux acteur et actrice aux carrières évidemment incroyables, il faut avouer qu'ils font le strict minimum pour toucher leur cachet, surtout lors de la première partie du film où ils sont presque ennuyeux dans leur façon de jouer. Cela s'améliore un peu lors de la seconde partie du long-métrage mais en restant très loin des standards auxquels ces deux stars nous ont habitués. La faute sans doute à un scénario trop léger pour donner vraiment de la profondeur aux personnages et à un manque d'enjeux dans les relations, hormis évidemment la lutte pour sa survie.
© Warner Bros. Entertainment Switzerland GmbH
La Fin d'Oak Street est un film pop-corn que l'on peut regarder une fois dans sa vie, plaisir coupable devant lequel on ne s'ennuie pas, mais que l'on ne reverra sans doute jamais. Ne reste qu'à espérer que David Robert Mitchell revienne à un cinéma plus profond comme celui auquel il nous avait habitués.

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