«Hamnet»: une histoire tragique
- Raphael Fleury

- il y a 27 minutes
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3/5
Adaptation d’un roman britannique récent, Hamnet nous plonge au cœur de la famille d’un certain William Shakespeare. C’est la grande cinéaste Chloé Zhao qui se charge de la mise en scène. Un film plein de promesses, fraîchement couronné aux Golden Globes, et pourtant décevant.

Elle, c’est Agnès (Jessie Buckley), une jeune femme qui aime passer du temps dans la forêt. Quand elle n’y cueille des plantes médicinales, celle que certains considèrent comme une sorcière y pratique l’art de la fauconnerie.
Lui, c’est William. William Shakespeare (Paul Mescal). Un précepteur qui deviendra un grand auteur. Il signera Roméo et Juliette, Le Roi Lear, Macbeth, Othello ou encore Hamlet.
Là, dans les bois, alors que leur amour en est à ses balbutiements, William raconte à Agnès l’histoire d’Orphée et d’Eurydice, célèbres figures de la mythologie grecque. Un récit captivant. Et tragique. À leur tour, Agnès et William vivront une tragédie, une terrible tragédie : leur fils chéri, leur fils Hamnet sera fauché bien trop tôt par la peste. Une terrible tragédie qui inspirera à son père une terrible – et grande – tragédie : Hamlet.
C’est là en substance ce que met en scène Chloé Zhao. Pour qui connaît le travail de cette cinéaste née à Pékin, les attentes ne pouvaient qu’être grandes : dans le passé, elle a réalisé notamment le formidable The Rider ainsi que l’exceptionnel Nomadland, pour lequel elle avait reçu l’Oscar du meilleur film et celui de la meilleure réalisatrice.
Ici avec Hamnet, adaptation d’un roman de l’autrice britannique Maggie O’Farrell paru en 2020, la réalisatrice prouve une nouvelle fois qu’elle maîtrise à la perfection la caméra. Hélas, le résultat final est décevant. Le long métrage, émaillé de plans somptueux, accompagné d’une délicieuse musique signée Max Richter, ne parvient pas, malgré toutes ses qualités, à nous satisfaire.
À notre avis, il y a essentiellement un problème du côté du casting. Les acteurs ne sont pas à la hauteur de la tâche. Nous disions déjà, lors de la critique d’un autre film (Gladiator II), le vif déplaisir que nous avions eu à voir jouer Paul Mescal. Il nous paraissait lisse, dépourvu de charisme. Il manque ici de justesse, de profondeur. Il tente bien à vrai dire de donner de la profondeur au personnage qu’il incarne, mais nous avons eu l’impression à certains moments qu’il forçait, à d’autres qu’il restait en retrait, dans les deux cas qu’il ne réussissait pas à trouver le ton adéquat.

Jessie Buckley, elle, n’est pas plus parvenue à nous convaincre, pour des raisons similaires. Leur jeu à tous deux nous a semblé compassé. Il manquait de naturel, sonnait faux.
Nous aurions aimé être tout entier emporté par cette histoire déchirante, par cet amour fou et cette douleur cuisante dont le film est pétri. Malheureusement, pour les raisons que nous avons évoquées, cela n’a pas été le cas.
En définitive, Hamnet est une œuvre cinématographique en demi-teinte.
Pour aller plus loin :
La chronique Recto Verso qui s'intéresse au couple cinéma-littérature





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